Pourquoi le pot de yaourt n’est pas recyclé dans toute la France ?

On pourrait croire que le pot de yaourt se jette dans la poubelle jaune comme toutes les bouteilles de plastique classiques. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Le pot de yaourt n’est pas recyclé dans toute la métropole. Pourquoi ?

Les composants des pots de yaourt sont difficilement recyclables

L’emballage du produit laitier est composé de plusieurs matériaux qui sont difficilement recyclables en France.

Le polystyrène choc

Ce matériau est très apprécié des fabricants de produits laitiers. Il plaît pour son faible coût, sa légèreté, sa friabilité et parce qu’il est facilement cassable. Ce qui permet d’ailleurs de séparer rapidement un pot de son lot. Cependant, le problème se pose au moment de la collecte. Au cours du ramassage des déchets, les pots peuvent se casser en de minuscules particules au point où les machines de tri des usines de recyclage ne sont plus en mesure de les traiter. Et si les pots parviennent jusqu’aux usines, le polystyrène choc recyclé produit un nouveau plastique de moins bonne qualité, inapte au contact alimentaire.

Les matériaux des banderoles

L’habillage des pots de yaourt complique également le tri :

  • l’étiquette qui entoure le pot peut être en papier ou en résine, et empêche les machines de tri optiques d’identifier le contenant ;
  • l’opercule en papier ou en aluminium ne passe pas toujours à l’épreuve du tri.

L’emballage vide est toutefois reconverti pour fabriquer des cintres, des pots de fleurs et des emballages à usage du BTP. Mais cette réutilisation reste peu suffisante. Ainsi, pour être recyclé, le pot de yaourt doit faire un long trajet jusqu’en Allemagne ou en Espagne. Ce qui augmente le risque de pollution.

La majorité des usines de recyclage françaises ne traitent pas le polystyrène

Recycler les pots de yaourt nécessite ainsi une technologie de traitement particulière du polystyrène que tous les centres de tri français ne détiennent pas encore. Pourquoi ?

Les industries du secteur laitier ne sont pas prêtes

Les pots de yaourt étaient jugés jusque-là trop légers avec trop peu de matière pour que leur recyclage soit viable pour l’économie du pays. Selon Eric Janssen, directeur chez Danone, modifier toutes les chaînes de production pour fabriquer un contenant en verre ou dans un autre matériau recyclable représenterait 20 % de coût supplémentaire. Comme l’ensemble de ses concurrents, il préfère réfléchir à rendre le polystyrène choc :

  • inoffensif pour l’environnement ;
  • compatible aux technologies de recyclage actuel ;
  • de mieux le valoriser une fois recyclé.

Seulement, le risque de surcoût existe toujours puisque l’éco-contribution (une taxe ajoutée au prix de vente et reversée à un éco-organisme pour sa prise en charge de toute la chaîne de traitement du recyclage) risque d’augmenter pour les utilisateurs du matériau.

Vers une généralisation de « l’extension des consignes de tri »

Certaines régions de l’hexagone ont modernisé leurs centres de tri pour appliquer « l’extension des consignes de tri ». Elle consiste à permettre aux habitants de déposer tous leurs déchets en plastique dans un unique bac de tri. Mais en 2019, seuls 30 % des Français peuvent déposer leurs pots de yaourt dans les poubelles jaunes. Pourtant, en 2017, le gouvernement avait assigné à la France un recyclage à 100 % de ses déchets en plastique en 2025. Au vu :

  • de cette stratégie pour une économie circulaire ;
  • de la pollution des eaux marines de micro plastique liée aux pots de yaourt jetés dans la nature ;
  • du classement des pots de yaourt parmi les produits les plus consommés dans les supermarchés ;

ce mode de collecte et de recyclage complet devrait donc se généraliser à l’ensemble du territoire d’ici 2022.

La meilleure façon de trier ses déchets reste à adopter des habitudes écoresponsables ou de ne pas en produire !

À propos de l'auteur

Catherine Luconthe

Rédactrice Web, transportée par le développement personnel, la nature, l'enfance et les sciences.

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