Freelance : quel statut pour devenir travailleur indépendant ?

Vous avez décidé de quitter votre emploi salarié pour vous lancer en freelance, et vous vous demandez quel statut est le mieux adapté ? Vous hésitez entre Auto-Entrepreneur, portage salarial ou un autre statut juridique ? Cet article vous expose simplement les différentes options qui s’offrent à vous pour devenir travailleur indépendant, avec leurs avantages et leurs inconvénients !

freelance : travailleur indépendant

Comment devenir travailleur indépendant ?

Devenir freelance est le rêve de nombreux français, qui souhaitent se sentir libre de travailler comme bon leur semble et surtout de ne plus avoir de patron à qui rendre des comptes. Mais être travailleur indépendant ne présente cependant pas que des avantages en comparaison avec le salariat qui offre plus de stabilité…

La première condition pour que ça marche est bien sûr d’avoir des clients réguliers pour s’assurer un revenu confortable. Il faut aussi faire attention à bien anticiper les charges et se poser la question des avantages sociaux. C’est pourquoi choisir le bon statut est essentiel quand on souhaite devenir travailleur indépendant.

Vous l’avez compris, se mettre à son compte ne s’improvise pas, mais avec toutes les informations qui circulent sur internet, il peut cependant être difficile de s’y retrouver… Pas de panique, on vous aide à y voir plus clair !

Auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) : la création d’entreprise simplifiée

Créé en 2008 sous l’appellation “auto-entrepreneur” – mais récemment renommé en régime micro-entrepreneur – ce statut a pour objectif de simplifier au maximum la gestion administrative d’une petite entreprise individuelle. Le but étant de faciliter la création d’entreprise pour un indépendant.

Comment ça fonctionne pour devenir auto-entrepreneur ?

Pour s’inscrire en auto-entrepreneur, rien de plus simple puisque tout se fait en ligne en quelques minutes. Il vous suffit ensuite de déclarer mensuellement votre chiffre d’affaires et de payer vos cotisations en ligne. Toutes les cotisations sociales et tous les impôts et taxes (y compris l’impôt sur le revenu via l’option pour le versement fiscal libératoire), sont inclus dans un versement unique et proportionnel au chiffre d’affaires. Il n’y a donc pas besoin de tenir une véritable comptabilité comme c’est le cas pour une entreprise classique.

Quelles sont les charges du micro-entrepreneur ?

En 2018, les charges représentent seulement de 24,4% du chiffres d’affaires pour les prestations de service et 13,9% pour la vente de marchandise avec l’option du prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu. Autant dire que c’est un coup de pouce non négligeable pour lancer son activité, car aucun autre statut ne permet d’être aussi peu taxé.

Quel est le plafond de chiffre d’affaires ?

La principale contrainte est que pour pouvoir bénéficier de statut, il existe une limite de chiffres d’affaires à ne pas dépasser. Il s’agit des montants de Chiffre d’Affaires maximums qu’un auto entrepreneur peut réaliser sur une année pour rester dans ce régime. De ce côté il y a eu du nouveau en 2018 puisque le plafond a été doublé sous l’impulsion d’Emmanuel Macron. Cependant, il y a une subtilité au niveau de la franchise de TVA (c’est-à-dire qu’il ne paye pas et ne facture pas de TVA, tout est en HT) qui ne s’applique qu’à la première moitié…

Depuis le 1er janvier 2018, le plafond du statut auto entrepreneur est fixé à :

  • pour la prestation de services : 70 000€ dont 33 200€ en franchise de TVA
  • pour l’achat-vente : 170 000€ dont 82 800€ en franchise de TVA

Quelles autres contraintes faut-il prendre en compte ?

Vous l’avez compris, la micro-entreprise est une formule très intéressante pour démarrer simplement et sans prendre de risques. Cependant, au delà du plafond de chiffre d’affaires, il ne faut pas oublier de prendre en compte certaines contraintes qui en font un statut difficilement envisageable sur le long terme :

  • Pas de gestion des frais : les autres statuts d’entrepreneur permettent de déclarer des frais qui ne sont pas déduits du chiffre d’affaires au moment de calculer les charges, ce qui n’est pas le cas de l’auto-entrepreneur.
  • Pas de récupération de la TVA : si vous dépassez le seuil de franchise TVA, vous devrez payer la TVA sur la deuxième tranche sans possibilité de la récupérer, ce qui est possible avec d’autres statuts. C’est un inconvénient majeur notamment pour les activités de commerce ou si vous avez besoin d’acheter des matières premières en tant qu’activité artisanale par exemple.
  • Une couverte sociale minimum : le forfait social du micro-entrepreneur comprend les cotisations relatives à votre protection sociale obligatoire, qui est bien moins avantageuse que celle d’un salarié classique (maladie-maternité, invalidité et décès, retraite de base…). Vous devez donc prévoir un budget supplémentaire pour une bonne mutuelle, une retraite complémentaire, une assurance responsabilité civile…
  • Vous ne cotisez pas pour l’assurance chômage : donc vous n’aurez plus aucun revenu du jour au lendemain en cas de coup dur !

Le portage salarial pour devenir indépendant ET salarié !

Encore méconnu du grand public en 2018, le portage salarial est une solution qui séduit de plus en plus de freelances désireux de se lancer en toute sécurité et sans contraintes. Il permet de devenir travailleur indépendant en 24h tout en conservant les avantages du statut salarié !

Comment fonctionne le portage salarial ?

Comme décrit dans le schéma ci-dessous, c’est une relation entre 3 acteurs :

  • Le porté est un travailleur indépendant développe sa propre clientèle. Il n’a pas à se soucier de l’aspect administratif et juridique et peut ainsi se consacrer pleinement à la recherche et la réalisation de ses missions.
  • La société de portage salarial fournit un contrat de travail au porté, facture ses clients, et lui reverse ses honoraires sous la forme d’un salaire.
  • La société cliente souscrit un contrat de prestation avec société de portage salarial et paye les factures que cette dernière lui adresse.
Le schéma du fonctionnement du portage salarial

Le schéma du fonctionnement du portage salarial (Source : PEPS)

Quel est le coût du portage salarial ?

Comme expliqué ci-dessus, le porté perçoit ses honoraires sous la forme d’un salaire avec une véritable fiche de paye comme n’importe quel salarié. Les charges patronales et salariales sont donc déduites, ce qui correspond à environ 45% du chiffre d’affaires, auquel il faut ajouter 5 à 10% de frais de gestion de la société de portage salarial. AU final, votre salaire net correspondra à environ 50% du montant facturé à votre client.

Le portage salarial vous permet cependant d’augmenter votre rémunération nette grâce à des avantages supplémentaires que vous devez prendre en compte dans votre calcul :

  • les frais déclarés sont remboursés sans charges ce qui vous permet d’augmenter sensiblement votre rémunération nette : location de bureau, abonnement internet, frais de déplacement, fournitures diverses…
  • certaines sociétés proposent aussi d’autres avantages financiers : plan épargne entreprise, CESU, Comité d’Entreprise, tarifs préférentiels sur certains services…

Quels sont les avantages du portage salarial ?

Vous l’aurez compris, ce statut a un coût bien plus important que l’auto-entrepreneur, mais il faut l’envisager de manière plus globale car de nombreux paramètres lui donnent un attrait particulier :

  • vous êtes libéré de l’administratif : autant de temps que vous pouvez passer en plus à travailler pour vos clients et donc développer votre chiffre d’affaire !
  • vous dépendez du même régime social qu’un salarial classique : sécurité sociale, mutuelle d’entreprise, retraite, chômage… une sécurité non négligeable quand on est indépendant.
  • vous bénéficiez d’un accompagnement et d’un réseau : le freelance se sent parfois seul et le portage salarial peut être une solution pour rompre avec cet isolement. En cas de question sur votre activité, vous savez vers qui vous tourner ce qui est appréciable. Et vous pouvez aussi entrer en relation avec les autres consultants pour développer votre réseau professionnel.
  • une aide pour trouver des missions : il ne faut pas confondre portage et intérim, cependant, la société de portage se rémunère sur votre chiffre d’affaires et elle a donc tout intérêt à ce que vous facturiez un maximum. Il faut le voir comme une relation “gagnant / gagnant” en quelques sortes. C’est pourquoi les sociétés de portage proposent parfois des missions à leurs consultants. Elles misent aussi sur la formation afin de vous mettre dans les meilleures dispositions pour trouver ensuite des missions par vous même.

A qui s’adresse le portage salarial ?

Contrairement à l’auto-entrepreneur qui s’adresse à tout le monde, le portage salarial est plus restrictif. Bien que les récentes évolutions tendent vers vers plus d’ouverture, il reste principalement réservé aux cadres et aux professions intellectuelles avec un salaire brut mensuel de 2 452€ minimum (équivalent temps plein). Il est important de noter aussi les clients peuvent être uniquement des entreprises donc les services à la personne ne sont pas concernés.

Voici des exemples de métiers parfaitement adaptés au portage salarial : ingénieurs, développeurs informatique, créatifs, digital, ressources humaines, marketing, management, conseil stratégique d’entreprise…

Et pourquoi pas devenir freelance via la création d’une véritable entreprise ?

Pour devenir travailleur indépendant, vous avez aussi la possibilité d’opter pour d’autres formes juridiques plus complexes à gérer. On ne va pas toutes les détailler ici, mais il est important bien faire attention avant de faire votre choix…

Vous devrez prendre en compte le suivi de la comptabilité et du juridique et surtout vous engager personnellement ce qui peut être très risqué… Notre conseil est de démarrer sans risque avec l’une des deux options décrites ci-dessus, prendre le temps de tester si votre projet et viable, développer un socle solide de clientèle, et le moment venu vous tourner vers un autre statut vous permettant d’embaucher des salariés.

De nombreuses options sont possibles : entreprise individuelle (EI), entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL), entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU), voir même une Société à Responsabilité Limitée (SARL)… Pour plus de détails sur chacune de ces options, consultez le dossier de l’agence France Entrepreneur qui est très bien fait.

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À propos de l'auteur

Marine

Passionnée par l'art dans toutes ses formes et surtout la photographie, mais aussi plein d'autres choses...

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