À Alameda, en Californie, une fillette de 9 ans a transformé un squelette en plastique de Home Depot en décoration d’Halloween capable de tenir une vraie conversation. Son nom est Oncle Murray. Et il a plus de répartie que prévu.

Tout commence en août, dans un rayon de Home Depot. Nathalie Chabas, 9 ans, y repère un squelette en plastique. Le principe est classique : il récite trois phrases préenregistrées, pas une de plus. Mais pour elle, l’idée est immédiate : « Je savais que j’avais quelque chose à faire avec lui. » Elle l’achète donc, le ramène à la maison, puis l’ouvre pour examiner son fonctionnement. Elle prend ensuite de nombreuses mesures, avant d’annoncer à ses parents qu’il serait possible de remplacer les fils d’origine par un système capable de parler vraiment.
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« C’est impossible », disait son père… jusqu’à ce que l’IA tranche
Son père, Jim Chabas, n’y croit pas. Il le reconnaît lui-même en riant : il lui a répondu que c’était impossible. Cependant, la famille décide de tester l’idée autrement. En effet, ils photographient le squelette et demandent à une IA si le projet est réalisable.
La réponse est claire : oui. Nathalie trouve alors le matériel nécessaire pour relier le squelette à une IA conversationnelle. Dès lors, Oncle Murray dialogue avec les visiteurs et enchaîne les blagues, notamment celle-ci : « Pourquoi le squelette est-il allé à l’école ? Pour avoir un peu de body of knowledge ! » C’est un jeu de mots sur « body », le corps, et « body of knowledge », et donc le reflet d’un ensemble de connaissances).

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Une IA qui s’invente un passé : de quoi surprendre sa propre créatrice
C’est le détail le plus frappant de l’histoire. Nathalie a programmé quelques informations de base, mais l’IA a brodé le reste toute seule. Oncle Murray explique ainsi qu’il aime les enfants, les bonbons, et qu’il déteste les escaliers, car c’est en tombant qu’il serait mort. « Mes os sont partis dans tous les sens ! », lance-t-il.
Plus tard, il affirme avoir été scientifique de son vivant et adorer « faire exploser des choses ». Or, Nathalie ne lui avait jamais rien dit de tout cela. « Il s’est inventé sa propre histoire, ce qui m’a vraiment surprise », confie-t-elle.
Ce comportement n’a rien de magique, mais il illustre bien le fonctionnement des modèles de langage actuels : ils ne se contentent pas de réciter des consignes, ils génèrent des réponses cohérentes avec le personnage qu’on leur propose. Autrement dit, quelques lignes de contexte suffisent pour que l’IA improvise le reste.
Les visiteurs bluffés, même chez les plus sceptiques
Le bouche-à-oreille a fonctionné. Char Scannell, qui avait lu l’histoire d’Oncle Murray, a fait le déplacement dimanche pour le voir de ses propres yeux. Son verdict : « J’étais choquée ! Il savait exactement ce qu’on disait. »
Elle replace d’ailleurs cette expérience dans une perspective plus large. Elle se souvient que ses parents étaient déjà stupéfaits à l’arrivée des premiers ordinateurs, et constate que sa génération est aujourd’hui, à son tour, surprise par ce que produit la génération suivante.

La petite inventrice voit déjà plus loin !
Nathalie, elle, ne compte pas s’arrêter là. Elle rêve de devenir inventrice, avec un objectif précis : créer des objets qui facilitent la vie des gens. Pour la suite, elle prévoit plusieurs pistes :
- d’autres décorations parlantes pour différentes fêtes de l’année ;
- une épouse pour Oncle Murray, l’an prochain, afin qu’il ait toujours quelqu’un à qui parler.
D’ailleurs, l’interview n’a pas échappé à l’effet Oncle Murray : en pleine réponse de Nathalie sur son avenir, le squelette l’a interrompue pour proposer une blague.
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