Ne plus avoir à travailler, est-ce possible en France ? De nombreuses personnes se demandent comment faire, on tente de répondre.

C’est un fantasme autant qu’un projet de vie : arrêter de travailler. Dans une société où le salariat structure tout (les revenus, l’identité et même le statut social), l’idée de s’en affranchir paraît radicale.
Pourtant, de plus en plus de Français s’interrogent. Crises successives, inflation, perte de sens au travail, quête d’autonomie… autant de facteurs qui nourrissent un désir croissant de rupture. Mais est-il réellement possible, en France, de ne plus travailler du tout ?
Dans cet article :
Pourquoi vouloir arrêter de travailler ?
Le travail n’a jamais été aussi central dans nos vies, mais paradoxalement, il n’a jamais suscité autant de lassitude. Plusieurs raisons expliquent ce rejet croissant. Premièrement, il y a d’abord un vrai raz-le-bol du salariat.
Horaires contraignants, pression hiérarchique, burn-out, manque de reconnaissance : le travail salarié est vécu par beaucoup comme une machine à broyer. Une étude estime notamment que 37 % des actifs français se disent en situation de mal-être au travail. Pour certains, continuer dans ces conditions semble alors impensable.
Ensuite, il y a aussi la question du sens dans le travail. Les nouvelles générations expriment un besoin fort de donner du sens à leurs activités. Or, dans de nombreux secteurs (grande distribution, services administratifs, logistique), les tâches sont perçues comme vides de finalité. Ne plus travailler devient une façon d’échapper à une vie « absurde ».
Certains aspirent aussi à plus de liberté et d’autonomie dans leur vie, avec plus de temps pour soi et pour sa famille également. Et puis, quitter le marché du travail, c’est aussi vouloir échapper à la dépendance économique.
Beaucoup rêvent d’autosuffisance : cultiver leur potager, produire leur énergie, limiter les besoins monétaires. La figure de l’ermite moderne, vivant de peu et hors système, séduit de plus en plus, notamment dans les milieux écolo et décroissants.
Enfin, il y a parfois aussi un refus du modèle social en place. Travailler, pour beaucoup, c’est entretenir un système qu’ils rejettent : production à outrance, consommation compulsive, destruction de l’environnement. Ne plus travailler devient alors un acte politique, une manière de se soustraire à une mécanique jugée aliénante.

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Est-ce possible de ne plus travailler en France ?
Bref, peu importe la motivation, de nombreux Français rêvent de ne plus travailler, ou de moins travailler. D’ailleurs, d’après des études, travailler moins serait synonyme de vivre plus heureux. Donc, finalement, ce n’est pas étonnant, même si certains trouvent justement le bonheur dans leur travail ou leur carrière.
Mais, concrètement, est-ce possible de vivre en France sans travailler ? La réponse est complexe. Sur le plan légal, le travail n’est pas une obligation. Personne n’est contraint de signer un contrat ou d’occuper un emploi. Mais la réalité économique reprend vite ses droits : sans revenus, impossible de payer son logement, sa nourriture, ses factures.
En France, il y a bien plusieurs dispositifs financiers permettant toutefois de vivre sans emploi classique, mais c’est sous conditions très strictes et il faut s’attendre à une grande précarité. Toutefois, en additionnant ces revenus avec le fait de vivre de peu, cela peut éventuellement se faire.
Il y a par exemple le RSA, qui est versé aux plus de 25 ans et qui assure un minimum vital de 646 euros par mois pour une personne seule. Il y a aussi l’AAH (allocation adulte handicapé), pour les personnes en situation de handicap, ou encore le cumul de nombreuses aides sociales comme l’APL, les aides familiales ou la CMU (complémentaire santé solidaire).

Comment faire pour travailler moins… ou pas du tout ?
Bon, concrètement, quelles sont les solutions pour travailler moins ou pas du tout en France ? Voici quelques pistes possibles (mais vous pouvez en rajouter dans les commentaires). Et vous pouvez cumuler ces idées, ce qui pourrait vous permettre alors de travailler le moins possible.
Notez cependant que si vous ne travaillez pas, vous n’aurez pas une grosse retraite et vous n’aurez donc certainement pas beaucoup d’argent ni les avantages qui vont avec (crédits immobiliers, difficulté à trouver un logement, difficulté à payer certaines charges comme son essence, etc).
Cependant, si vous vivez de très peu et que vous consommez très peu, sachez qu’il est toujours possible d’arriver à mettre de côté pour financer sa retraite.
Si vous vivez de peu, il est aussi possible que vous en veniez à ne plus avoir besoin de votre voiture (donc pas d’essence à payer), payer moins d’électricité, et vous n’irez peut-être pas jusqu’à contracter un crédit immobilier (ni n’importe quel crédit). Souvent les crédits sont fuis par les personnes qui pratiquent la frugalité. Et, la frugalité peut être importante pour économiser de l’argent quand on travaille peu.
1. Vivre des aides sociales
C’est la voie la plus évidente. RSA, AAH, allocations logement et autres prestations permettent de vivre sans travailler, mais avec un train de vie réduit. Le RSA impose en principe une recherche d’activité, mais en pratique, le suivi est inégal selon les départements. Et, en plus, maintenant, vous devez faire 15 heures d’activités par semaine, il faut le savoir.
Les cumuls (RSA + APL + aides ponctuelles) permettent d’atteindre environ 900 à 1100 euros par mois pour une personne seule, davantage pour une famille. Certains choisissent de vivre durablement avec ce filet de sécurité, en adaptant leur mode de vie à un budget minimaliste.

2. Miser sur l’autosuffisance
De plus en plus de Français s’installent à la campagne pour réduire leurs besoins financiers : faire son potager et faire de la permaculture pour l’alimentation, utiliser un poêle à bois, des panneaux solaires ou des micro-éoliennes pour l’énergie, ou encore la récupération et le recyclage pour l’équipement.
Un tel mode de vie peut permettre de réduire drastiquement les dépenses et donc la dépendance à un salaire. Mais il exige un apprentissage, une discipline et souvent un investissement initial (achat d’un terrain, d’outils, d’équipements).
Aussi, la plupart des autosuffisants ont quand même besoin d’argent au quotidien, donc il est recommandé de cumuler avec une source de revenu (aides sociales, salaire).
3. Les revenus alternatifs
Ne pas travailler « classiquement » ne signifie pas forcément ne pas gagner d’argent. Par exemple, l’économie numérique ouvre la voie à des revenus passifs : blogs monétisés, vidéos YouTube, dropshipping, crypto-monnaies, etc.
Les revenus locatifs sont aussi possibles si vous en avez la possibilité (immobilier, sous-location), ils peuvent aussi suffire à vivre, mais nécessitent un capital de départ.
La microentreprise (vente de créations, artisanat, services ponctuels) permet aussi de générer des revenus très partiels, juste assez pour compléter des aides. Et vous pouvez aussi, comme dit plus haut, travailler quand même mais dans un emploi à temps partiel.
4. Les communautés et les alternatives collectives
Certains choisissent de se regrouper en écovillages ou communautés rurales. La mise en commun des ressources, des outils et des savoirs permet de vivre avec très peu d’argent. Ces modèles existent déjà en France, souvent en marge de la société.

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Vers une société du non-travail ?
Le cas individuel pose une question collective : et si la société elle-même évoluait vers moins de travail ? La robotisation et l’IA promettent de réduire drastiquement les besoins en main-d’œuvre, par exemple.
Des économistes militent aussi pour un revenu universel, permettant à chacun de vivre sans emploi. En 2017, Benoît Hamon en avait fait un axe de campagne présidentielle.
Et, des expérimentations de semaine de 4 jours montrent déjà qu’il est possible de travailler moins tout en maintenant la productivité. Mais pour l’instant, la France reste attachée au modèle du salariat, même si celui-ci montre ses limites.
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