Lentes et lumineuses, les Taurides culminent les 5 et 12 novembre 2026, avec une nouvelle lune le 9. Des conditions idéales pour guetter leurs boules de feu.

Le pic des Orionides passé, beaucoup d’amateurs rangent leur transat jusqu’aux Géminides de décembre. Ils ont tort. Pendant tout l’automne, une autre pluie d’étoiles filantes, discrète mais à part, traverse le ciel : les Taurides. Elles ne produisent que quelques météores par heure, mais elles ont une spécialité qui leur vaut une petite cour de fidèles, les boules de feu, ces météores très brillants qui traversent lentement le ciel.
En 2026, le calendrier est particulièrement favorable : les deux pics, le 5 novembre pour les Taurides du Sud et le 12 novembre pour les Taurides du Nord, encadrent la nouvelle lune du 9 novembre. Pas de clair de lune pour gâcher le spectacle.
📝 L’essentiel à retenir :
- Les Taurides se divisent en deux courants : les Taurides du Sud (pic le 5 novembre 2026) et les Taurides du Nord (pic le 12 novembre 2026).
- Elles sont peu abondantes, environ 5 météores par heure pour chaque courant dans un ciel bien noir.
- Elles sont lentes et produisent des boules de feu, d’où leur surnom anglais de « Halloween fireballs ».
- Elles proviennent de la comète de Encke et d’un ensemble de débris issu d’un objet plus grand fragmenté il y a des milliers d’années.
Dans cet article :
Des étoiles filantes lentes et brillantes
Ce qui distingue les Taurides, ce n’est pas leur nombre, mais leur allure. Elles entrent dans l’atmosphère à une vitesse relativement faible, de l’ordre de 27 kilomètres par seconde, contre plus de 60 pour les Orionides. Leurs grains de poussière sont aussi plus gros. Résultat : quand un météore des Taurides s’enflamme, il trace parfois une longue traînée lumineuse, plus brillante que les planètes, qui peut durer plusieurs secondes. On parle alors de bolide ou de boule de feu.
Leur période d’activité, très étalée, va de fin septembre à début décembre, avec un passage autour d’Halloween, d’où le surnom de « Halloween fireballs » donné par les anglophones. En temps normal, environ 1 % des Taurides sont des boules de feu. Lors de certaines années exceptionnelles, cette proportion peut atteindre 7 %.
Peu nombreuses mais lentes et lumineuses, les Taurides sont les étoiles filantes des patients : une seule boule de feu vaut une nuit d’attente.
Les dates à retenir en 2026
| Courant | Période d’activité | Pic 2026 | Taux attendu |
|---|---|---|---|
| Taurides du Sud | 23 septembre au 12 novembre | 5 novembre | Environ 5 par heure |
| Taurides du Nord | 13 octobre au 2 décembre | 12 novembre | Environ 5 par heure |
Les pics sont peu marqués : l’activité reste comparable pendant plusieurs jours autour de ces dates. Quand les deux courants se chevauchent, début novembre, on peut espérer une dizaine de météores par heure dans un ciel parfaitement noir. La nouvelle lune du 9 novembre offre une fenêtre idéale de plusieurs nuits sans clair de lune.
Une comète, un objet brisé et une hypothèse inquiétante
Les Taurides sont les poussières laissées par la comète de Encke, qui boucle son orbite autour du Soleil en seulement 3,3 ans, l’une des plus courtes connues. Elle repassera au plus près du Soleil en 2030. Mais les astronomes pensent que la comète n’est elle-même qu’un fragment d’un objet bien plus grand, qui se serait brisé il y a des milliers d’années, donnant naissance à un vaste ensemble de débris baptisé le complexe de Encke.
C’est là que l’histoire devient plus troublante. Certains chercheurs, comme le physicien américain Mark Boslough, ont émis l’hypothèse qu’au sein de ce flux pourrait exister un essaim de débris plus denses, regroupés sous l’effet de la gravité de Jupiter, et peut-être même quelques objets de taille respectable. L’explosion de la Toungouska, qui a dévasté plus de 2 000 km² de forêt sibérienne en 1908, a parfois été rapprochée de cette famille de débris, sans que le lien soit établi. Les scientifiques restent prudents : l’existence de cet essaim n’a pas été confirmée, et Mark Boslough lui-même juge peu probable qu’il contienne de gros objets. Les prochains passages potentiellement intéressants sont attendus en 2032 et en 2036, et le futur télescope spatial NEO Surveyor de la NASA devrait aider à y voir plus clair.
Comment les observer
Pas besoin de matériel : des yeux, de la patience et un ciel noir suffisent. Les jumelles et les télescopes sont même contre-productifs, car ils réduisent le champ de vision.
Le bon moment et le bon endroit
Les Taurides sont visibles toute la nuit, mais le meilleur moment se situe autour de minuit, quand la constellation du Taureau, d’où elles semblent jaillir, est haute dans le ciel. Éloignez-vous des lumières de la ville, laissez vos yeux s’habituer à l’obscurité pendant une vingtaine de minutes sans regarder votre téléphone, et observez une large portion du ciel plutôt que le Taureau lui-même : les météores apparaissent partout.
S’équiper pour une nuit de novembre
En novembre, les nuits sont froides et humides. Prévoyez une couverture, des vêtements chauds, une boisson chaude et un transat ou un tapis de sol pour observer allongé, sans vous tordre le cou. Une lampe à lumière rouge permet de se déplacer sans perdre sa vision nocturne. Et si vous photographiez le ciel, un appareil sur trépied avec une pose de quelques secondes peut capturer une boule de feu.
Ceux qui ont manqué les Orionides, nées de la comète de Halley, ont donc une belle séance de rattrapage. Pour préparer l’hiver, le calendrier annuel des pluies d’étoiles filantes reste une référence, et ceux qui veulent mieux comprendre ce qu’ils voient pourront réviser les planètes du système solaire ou observer les phases de la Lune, qui commandent les meilleures nuits d’observation. Le ciel reste l’un des plus beaux spectacles que la nature nous offre.
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