Un simple clic sur un mail frauduleux a lancé l’affaire qui rattrape Manchester City aujourd’hui. Retour sur le piratage par Rui Pinto qui a conduit au verdict de culpabilité rendu en 2026.

Manchester City traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. En septembre 2026, une commission indépendante de la Premier League a reconnu le club coupable de la quasi-totalité des infractions financières qui lui étaient reprochées. Mais l’origine de la tourmente dans laquelle le club est plongé ne se trouve pourtant pas sur un terrain, mais dans une boîte mail. Tout est parti d’un piratage réussi, puis d’une longue chaîne d’événements qui a fini par rattraper les Skyblues.
Un hameçonnage à l’origine de toute l’affaire
Tout commence en 2016. Le hacker portugais Rui Pinto, déjà connu pour ses révélations dans le football, a mené une opération d’hameçonnage contre des personnes liées au club. Le principe est très simple. Un faux mail, en apparence légitime, pousse la victime à cliquer puis à saisir ses identifiants sur une page imitant un service réel. Une fois ces accès récupérés, le pirate met la main sur des documents internes sensibles.

Ce sont ces données confidentielles qui ont tout déclenché. Elles détaillaient des pratiques financières du club et ont ensuite été transmises à la presse. Le magazine allemand Der Spiegel les a exploitées dans le cadre des Football Leaks. A partir de 2018, le magazine révèle les montages que City n’avait pas déclarés aux autorités du football. Le club n’a jamais contesté l’authenticité des courriels, se contentant de refuser de commenter des documents qu’il présentait comme volés ou sortis de leur contexte.
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Des révélations aux 115 chefs d’accusation
Découvrant les montages financiers, la Premier League a ouvert une enquête de grande ampleur sur les finances du club. En février 2023, elle a formellement inculpé Manchester City de plus de 115 infractions présumées à ses règles financières. Les faits reprochés remonteraient entre 2009 et 2018, auxquelles s’ajoutaient des accusations de défaut de coopération avec l’enquête.
Le dossier est colossal. Sur l’ensemble des charges, 80 concernaient des manquements aux règles sur la période 2009-2018, et 35 portaient sur le refus présumé de collaborer.
Le club a toujours nié les faits. Il a assuré disposer d’éléments solides pour se défendre. L’audience, longue de plusieurs semaines, s’est tenue fin 2024 et a nécessité de longs mois avant qu’une décision ne tombe.

Un verdict lourd et une bataille qui continue
En septembre 2026, le journaliste anglais David Ornstein a révélé le résultat. La commission indépendante a reconnu City coupable de 114 des 115 chefs d’accusation, ne l’écartant que sur un seul. C’est l’un des verdicts les plus retentissants de l’histoire du football anglais. La nature exacte de la sanction reste toutefois en suspens.
Les règles de la Premier League en prévoient une variété, allant d’une amende à un retrait de points, jusqu’à la relégation, un retrait de tous les trophées gagnés dans la période et même l’exclusion de la division.
C’est là que se situe la situation actuelle du club. Le verdict est tombé, mais la peine n’est pas encore fixée, et City a fait appel, comme il en avait le droit. Cette procédure d’appel peut repousser le dénouement final à 2027, voire au-delà. En attendant, le club continue de jouer au plus haut niveau, installé en tête du championnat en ce début de saison 2026-2027, alors même qu’une décision défavorable pourrait affecter son classement, présent ou passé.
Le club se retrouve donc suspendu à une double incertitude, celle de la sanction et celle de son appel, tout en vivant sous la menace de nouvelles fuites. Le représentant légal de Rui Pinto a en effet évoqué l’existence d’un important dossier de documents sur Manchester City encore non publié.
D’un simple clic sur un mail piégé à un verdict qui pourrait redessiner le football anglais, force est de reconnaître que les plus grands scandales ne viennent pas d’une faille système, mais d’une erreur humaine.
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