Le métier de maître-nageur manque de candidats en France. Formation, salaire, débouchés : voici pourquoi cette profession recrute autant.

On l’associe aux vacances, aux piscines municipales et aux après-midi passés au bord de l’eau. Pourtant, derrière le traditionnel sifflet se cache un métier qui recrute massivement. Partout dans le monde, les maîtres-nageurs sauveteurs sont indispensables. Et, en France, ils sont même devenus une denrée rare et les employeurs peinent à trouver suffisamment de professionnels qualifiés. Une situation qui pourrait donner des idées à ceux qui cherchent une profession concrète et accessible après une formation relativement courte.
En bref – Maître-nageur
- Environ 5 000 postes sont proposés chaque année, jusqu’à 12 000 en été.
- Le métier s’exerce dans les piscines, clubs sportifs, bases de loisirs, centres aquatiques, établissements touristiques ou bord de mers.
- Le maître-nageur assure la surveillance, mais aussi les cours de natation et les activités aquatiques.
- La formation BPJEPS AAN dure environ 10 mois en alternance.
- Le salaire débute autour de 1 888 euros brut par mois.
- Le secteur recrute fortement, mais implique souvent de travailler les soirs et week-ends.
Maître-nageur : des milliers de postes à pourvoir chaque année
Le constat est assez spectaculaire. Selon l’Onisep, environ 5 000 postes sont proposés chaque année aux maîtres-nageurs sauveteurs. Et lorsque l’été arrive, les besoins grimpent jusqu’à près de 12 000 postes, principalement sous forme de CDD et de vacations.
Il ne s’agit donc pas simplement d’un effet de mode. Le ministère des Sports considère même les tensions sur l’emploi des MNS comme un enjeu majeur de sécurité publique. Une question parlementaire évoquait récemment un manque estimé entre 4 000 et 5 000 professionnels en France. Les conséquences peuvent aller bien au-delà des difficultés de recrutement : certaines piscines sont contraintes de réduire leurs horaires, voire de fermer temporairement faute de personnel.
Les possibilités d’embauche sont d’autant plus nombreuses que le maître-nageur ne travaille pas uniquement dans une piscine municipale. Centres aquatiques, clubs sportifs, salles de remise en forme, établissements touristiques ou encore structures privées peuvent faire appel à ces professionnels.

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Un métier qui ne consiste pas seulement à surveiller les baigneurs
L’image du maître-nageur assis au bord du bassin est donc assez réductrice. Bien sûr, la sécurité des nageurs constitue une partie essentielle du métier. Mais ses missions comprennent également l’enseignement de la natation et l’encadrement de différents sports aquatiques.
Aquagym, aquabike, apprentissage de la natation, aisance aquatique des enfants ou accompagnement des adultes : les journées peuvent être particulièrement variées. Une offre publiée récemment par France Travail recherchait par exemple un MNS chargé à la fois de cours d’aquagym, de séances de bébés nageurs et de la sécurité des usagers.
C’est également un métier où les perspectives d’évolution existent. Avec de l’expérience et éventuellement des diplômes supplémentaires, un professionnel peut notamment devenir entraîneur, chef de bassin ou responsable d’un équipement aquatique.
Une formation d’environ 10 mois pour devenir maître-nageur
Autre élément susceptible d’attirer les personnes en reconversion : il n’est pas nécessaire de suivre plusieurs années d’études. L’une des principales voies permettant d’obtenir le titre de maître-nageur sauveteur est le BPJEPS Activités Aquatiques et de la Natation (BPJEPS AAN).
Selon France Travail, cette formation se déroule en moyenne sur 10 mois en alternance. Plusieurs dispositifs peuvent participer à son financement, parmi lesquels le CPF, certaines aides de France Travail, les régions ou encore les employeurs. Dans certaines situations, la prise en charge peut atteindre la totalité du coût de la formation.
Attention toutefois : devenir MNS demande de solides capacités physiques. Parmi les prérequis figurent notamment le BNSSA, une formation valide aux premiers secours ainsi qu’une épreuve de 400 mètres nage libre à réaliser en moins de 7 minutes et 40 secondes.

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Un secteur porteur, mais pas sans contraintes
La pénurie de candidats ne signifie pas pour autant que le métier est un eldorado. L’Onisep indique un salaire débutant à partir de 1 888 euros brut par mois, variable selon le statut et le lieu d’exercice. Certaines offres peuvent néanmoins proposer davantage. Une offre récente à Paris affichait par exemple 2 300 euros brut mensuels pour un CDI de 35 heures, débutant accepté. À Cannes, une autre proposition en CDI annonçait 2 000 euros net mensuels pour 35 heures.
Pour augmenter ses revenus, un maître-nageur peut également cumuler son CDI avec une activité de micro-entrepreneur. Il peut ainsi proposer des cours particuliers ou intervenir auprès de structures privées, d’associations et de centres de loisirs, sous réserve de respecter les obligations liées à son statut et à sa carte professionnelle.
En contrepartie, les horaires ne ressemblent pas toujours à ceux d’un emploi de bureau : soirées, vacances scolaires, week-ends et jours fériés peuvent faire partie du quotidien. La responsabilité est également importante puisqu’il faut pouvoir intervenir immédiatement en cas d’accident.
Reste un avantage difficile à ignorer : contrairement à certains secteurs saturés, les personnes correctement formées arrivent sur un marché où les employeurs ont besoin d’elles. Pour ceux qui aiment l’eau, le contact humain et recherchent un métier utile sans repartir pour cinq années d’études, maître-nageur sauveteur fait donc partie de ces professions que l’on aurait tort de regarder uniquement comme un job d’été.
Avec des milliers de postes à pourvoir, le métier de maître-nageur sauveteur offre de belles perspectives à ceux qui aiment l’eau et le contact humain. Une profession exigeante, certes, mais qui pourrait bien devenir une piste de reconversion à regarder de plus près.
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