La psychologie distingue deux dimensions du bonheur, le plaisir immédiat et le sens donné à l’existence. Explications sur ce qui les différencie vraiment.

Chercher à être heureux fait partie des quêtes les plus universelles qui soient. Pourtant, nous prenons rarement le temps de nous demander ce que ce mot recouvre réellement. La plupart d’entre nous associent spontanément le bonheur à un état de bien-être immédiat, fait d’émotions positives et de désirs satisfaits. Les travaux en psychologie montrent une réalité plus nuancée. Le bonheur reposerait en réalité sur deux dimensions distinctes, qui n’obéissent pas aux mêmes mécanismes.
Dans cet article :
Deux formes de bonheur qui ne fonctionnent pas de la même manière
La première dimension correspond au plaisir. C’est la satisfaction immédiate ressentie lorsqu’un objectif est atteint, qu’une bonne nouvelle survient ou qu’un moment agréable est partagé. Cette forme de bonheur est réelle, mais elle a tendance à s’estomper rapidement avec le temps.
La seconde dimension est plus profonde. Elle naît du sentiment que notre existence a un sens, que nos actions restent en accord avec nos valeurs et qu’elles s’inscrivent dans quelque chose qui nous dépasse. Contrairement au plaisir, cette dimension continue souvent de nous porter bien après que l’émotion positive initiale a disparu.
Une étude publiée en 2013 a permis de mettre en évidence cette distinction. En comparant les facteurs associés au bonheur à ceux liés au sentiment que la vie a un sens, les chercheurs ont observé que ces deux dimensions reposent sur des mécanismes différents. Le bonheur serait davantage lié à la satisfaction des besoins personnels et au confort du quotidien, tandis que le sens de la vie proviendrait plutôt du sentiment d’être utile et de rester fidèle à ses valeurs.
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Pourquoi le sens résiste mieux au temps que le plaisir
Le plaisir présente une faiblesse bien identifiée par les chercheurs :c’est celle de s’estomper progressivement. Les psychologues parlent d’adaptation hédonique pour décrire cette tendance à s’habituer aux événements positifs. Une réussite professionnelle ou un nouvel achat procurent une satisfaction réelle, mais celle-ci finit presque toujours par diminuer, jusqu’à devenir la nouvelle normalité.
Le sens de la vie suit une logique différente. Il ne dépend pas d’une émotion passagère, mais d’une relation plus profonde avec notre existence. C’est cette dimension qui continue de porter une personne même lors de journées ordinaires, sans événement particulièrement agréable, dès lors qu’elle estime que sa vie reste cohérente et utile.
Le plaisir et le sens se complètent plutôt qu’ils ne s’opposent
Comprendre que le sens résiste mieux au temps ne signifie pas qu’il faille renoncer aux plaisirs du quotidien. Les deux dimensions restent complémentaires dans la construction d’une vie équilibrée. Une existence uniquement tournée vers le devoir ou le sacrifice risquerait de devenir austère. En revanche, une vie centrée uniquement sur les plaisirs immédiats peut laisser une impression de vide dès que ces émotions disparaissent.
Cette observation permet aussi de mieux comprendre certains constats faits chez les personnes âgées les plus satisfaites de leur existence. Elles ne sont généralement pas celles qui recherchent encore le plus d’expériences agréables, mais plutôt celles qui ont le sentiment d’avoir vécu en accord avec leurs valeurs et consacré leur énergie à ce qui comptait vraiment pour elles.
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