Pendant que Chrome perd du terrain, on parle surtout de Brave, Edge ou des navigateurs IA. Firefox, lui, continue d’exister en silence, avec une base d’utilisateurs bien plus large qu’on ne le croit.

Dans toutes les discussions sur l’exode actuel des utilisateurs de Chrome, un nom revient étonnamment peu : Firefox. On cite Brave pour la vie privée, Edge pour les utilisateurs Windows, les navigateurs IA pour la nouveauté. Firefox, souvent présenté comme un navigateur du passé, n’est pourtant pas mort. Il compte encore plus de 203 millions d’utilisateurs actifs mensuels, un chiffre qui interroge sur ce qui fait vraiment tenir un navigateur sur la durée.
📝 L’essentiel à retenir :
- Firefox comptait plus de 203 millions d’utilisateurs actifs mensuels en juin 2026, malgré une part de marché mondiale limitée à 3,63 %.
- C’est le seul navigateur majeur qui n’est préinstallé par défaut sur aucune plateforme, ce qui rend chacun de ses utilisateurs réellement volontaire.
- En Allemagne, Firefox capte encore 11,82 % du marché, soit plus de trois fois la moyenne mondiale.
Un navigateur que personne n’a jamais installé par défaut
La particularité de Firefox, c’est qu’il n’a jamais bénéficié du moindre coup de pouce. Chrome arrive préinstallé sur la majorité des PC neufs et sur Android. Safari est imposé sur tous les iPhone et Mac. Edge s’ouvre par défaut sur chaque nouvelle installation de Windows. Firefox, lui, ne profite d’aucune de ces positions. Chaque personne qui l’utilise a dû, à un moment donné, le télécharger volontairement et en faire son navigateur principal.
Ce détail change complètement la lecture des chiffres. Une part de marché mondiale de 3,63 % peut sembler anecdotique face aux 70 % de Chrome, mais elle ne représente que des utilisateurs qui ont fait un choix actif, contrairement à une grande partie des parts de marché des autres navigateurs, largement gonflées par les installations par défaut.
Où Firefox résiste le mieux
Sur ordinateur, Firefox atteint 7,59 % de part de marché, ce qui le place devant Safari sur ce segment précis. Certains pays affichent des scores nettement supérieurs à la moyenne mondiale : 11,82 % en Allemagne, 10,01 % en Finlande et 9,84 % en Autriche, avec une part de marché desktop qui grimpe jusqu’à 15 à 21 % dans ces régions. L’Europe reste, de loin, le bastion le plus solide du navigateur.
| Marché | Part de Firefox (2026) |
|---|---|
| Monde, tous supports | 3,63 % |
| Monde, ordinateur uniquement | 7,59 % |
| Allemagne | 11,82 % |
| Finlande | 10,01 % |
| Autriche | 9,84 % |
Firefox est le seul grand navigateur dont la part de marché entière repose sur des choix volontaires, pas sur des installations par défaut.
Pourquoi ces utilisateurs ne partent pas ailleurs
Techniquement, Firefox tourne sur un moteur totalement indépendant de Chrome, appelé Gecko, là où Brave, Edge et Opera reposent tous sur la même base technique que Chrome, Chromium. Cette indépendance a un avantage concret : Firefox a pu conserver dans sa propre version de Manifest V3 une fonctionnalité clé, l’API webRequestBlocking, qui permet à des extensions comme uBlock Origin de continuer à fonctionner sans aucune limitation, contrairement à ce qui se passe désormais sur Chrome.
Cet argument technique pèse lourd chez les utilisateurs les plus avertis, ceux-là mêmes qui cherchent aujourd’hui comment quitter Chrome sans perdre leurs données. Firefox n’a pas non plus cédé à la mode des agents IA intégrés au navigateur, un choix qui l’a tenu à l’écart des problèmes de sécurité propres aux navigateurs dopés à l’intelligence artificielle. Une forme de sobriété qui, sur la durée, ressemble presque à un argument de vente. Ce même goût pour les alternatives moins dominantes se retrouve d’ailleurs ailleurs, jusque dans le monde des systèmes d’exploitation, où Linux gagne du terrain face à Windows pour des raisons assez similaires.
Firefox ne va sans doute pas rattraper Chrome, et ce n’est probablement pas son objectif. Mais tant qu’il continuera d’exister comme la seule grande alternative entièrement indépendante des géants de la tech, ses 203 millions d’utilisateurs ont peu de raisons de partir voir ailleurs.
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