Sortie le 14 août sur Netflix, Umthetho : la loi des frères s’impose parmi les programmes les plus regardés. Elle doit notamment son succès à son intrigue, au réalisme carcéral et à ses thématiques.

Après The Polygamist, une nouvelle série sud-africaine rencontre un joli succès sur Netflix depuis quelques jours. Adaptation locale d’Irmandade, série brésilienne diffusée sur Netflix en 2019 sous le titre Brotherhood, Umthetho : la loi des frères, continue de figurer parmi les programmes les plus regardés de la plateforme, alors qu’elle est sortie depuis le 14 août. Cette œuvre s’intéresse à Mbali Dlamini, jeune procureure de Johannesburg reconnue pour ses compétences, qui lutte contre les gangs et les réseaux criminels de la ville.
Une intrigue familiale au cœur d’un système carcéral corrompu
Mbali croyait son frère aîné, Moses, mort depuis quatorze ans. Quand il refait surface dans sa vie, elle découvre qu’il dirige depuis sa cellule un syndicat criminel redouté, connu sous le nom d’iGazi, La Fraternité.
Leur cadet, Sphelele, se retrouve rapidement happé par l’organisation, ce qui pousse Mbali à composer avec ce frère qu’elle pensait avoir perdu pour tenter de protéger le plus jeune. La procureure se retrouve alors tiraillée entre son devoir envers la loi et sa loyauté familiale, contrainte de collaborer avec le syndicat qu’elle est censée combattre.
La série s’étend sur 7 épisodes et refuse, tout du long, de désigner clairement lequel des deux frères a raison, ce qui construit l’essentiel de sa tension narrative.
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Un réalisme carcéral et une exploration sociale qui expliquent le succès
Ce qui fait la force d’Umthetho, au-delà de son intrigue familiale, tient au réalisme de sa reconstitution de la vie en prison. La série est construite avec un tel soin que l’on se demande si elle s’inspirait de faits réels. Ce n’est pourtant pas le cas. Umthetho est une fiction intégrale. Mais elle parvient à capter avec précision les rouages du système carcéral sud-africain, la corruption qui le traverse, les rapports de pouvoir entre détenus et gardiens, ainsi que les trafics qui s’y organisent au quotidien.
La série ne se contente pas non plus d’un simple thriller criminel. Elle fonctionne aussi comme un portrait social plus large, celui d’une ville et d’un système gangrenés par la corruption, où la prison agit comme un miroir grossissant de l’État lui-même : ses tribunaux, ses rapports de force, sa manière de décider qui mérite protection et qui n’en a pas.

En transposant Brotherhood au contexte sud-africain, la version locale déplace le sens du récit original : il ne s’agit plus seulement de raconter la pègre d’une ville, mais d’interroger un système carcéral qu’une démocratie préfère souvent décrire plutôt que réellement examiner.
Le casting contribue largement à cette réussite. Nqobile Nunu Khumalo incarne Mbali avec une intensité saluée par la critique, aux côtés de Tony Kgoroge dans le rôle de Moses, acteur reconnu internationalement pour ses rôles dans Invictus et Hotel Rwanda. Given Stuurman complète le trio fraternel dans la peau de Sphelele, entouré d’un ensemble d’acteurs sud-africains confirmés, dont Sindi Dlathu et SK Khoza.
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