Spider-Man Brand New Day a dépassé 2 milliards de dollars en trois semaines. Sony encaisse l’essentiel des recettes, pendant que Marvel Studios se contente d’une part minoritaire, malgré son rôle créatif.

Spider-Man: Brand New Day vient de franchir les 2 milliards de dollars de recettes mondiales en seulement trois semaines d’exploitation. C’est le deuxième film le plus rapide de l’histoire à atteindre ce seuil, juste derrière Avengers: Endgame. Un énorme exploit, porté par un accueil critique et public quasi unanime. Mais derrière ce triomphe se cache une réalité financière moins flatteuse pour Marvel Studios. En fait, la majeure partie de cet argent ne revient pas à Disney.
Un accord vieux de près de trente ans qui pèse encore aujourd’hui
Pour comprendre pourquoi Marvel ne prend que des miettes sur les films Spider-Man, il faut remonter en 1998. Marvel, en difficulté financière, avait vendu les droits cinématographiques de Spider-Man à Sony pour une somme autour de 10 millions de dollars. Plus grave encore, le studio avait aussi proposé à Sony les droits de personnages comme Iron Man, Thor ou Black Panther, pour 25 millions de dollars l’ensemble. Sony a refusé à l’époque et s’en désole sans doute aujourd’hui. En effet, ces personnages, écartés à l’époque, ont depuis rapporté plus de 22 milliards de dollars à travers l’ensemble du MCU.
Spider-Man, lui, est resté la propriété de Sony. Quand Disney a racheté Marvel en 2009, cette situation n’a pas changé. Il a fallu attendre 2015 pour qu’un accord permette au personnage de rejoindre l’univers cinématographique Marvel, tout en laissant à Sony le contrôle financier des films solo. Ce partage explique pourquoi, aujourd’hui encore, chaque nouveau succès de Spider-Man profite d’abord à Sony.
Sony finance et encaisse, Marvel contribue et patiente
Concrètement, Sony finance la production de Brand New Day, en assure la distribution, et récupère l’essentiel des recettes de billetterie, des ventes en streaming et des droits de diffusion télévisée.
Marvel Studios, lui, ne touche qu’une part minoritaire du box-office, aux alentours de 25 % depuis la renégociation de l’accord en 2019, en échange de son implication créative et de la présence du personnage dans l’écosystème plus large du MCU. En plus de ce, Marvel conserve les revenus liés à la vente des figurines, vêtements, jeux vidéo. Un compartiment loin d’être négligeable, mais qui pèse beaucoup moins lourd qu’un box-office proche de 2 milliards de dollars sur un seul film.
Le paradoxe devient frappant quand on compare les trajectoires récentes des deux studios. Marvel Studios traverse depuis plusieurs années une période trouble, marquée par des sorties jugées inégales et un essoufflement des Avengers.
Spider-Man, par contre, enchaîne les records sans forcer : plus gros week-end d’ouverture domestique de l’histoire, film le plus rapide à dépasser les 400 millions de dollars aux États-Unis, deuxième film le plus rapide à atteindre 2 milliards dans le monde.
C’est précisément le personnage sur lequel Marvel touche le moins qui porte aujourd’hui l’ensemble de la franchise.
Plus Spider-Man cartonne, plus Sony consolide sa position de studio le plus rentable de l’accord, pendant que Marvel doit composer avec une part contractuelle qu’il ne peut pas renégocier à volonté. Le prochain test se jouera en décembre, avec la sortie d’Avengers: Doomsday. Attendons et voyons !
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