Les rapports OpenAI les plus récents lèvent le voile sur les menaces réelles liées à l’usage malveillant de l’IA. Phishing personnalisé, faux profils professionnels, campagnes de désinformation automatisées, voici ce que nous devons craindre.

À l’instar des entrepreneurs, les criminels cherchent à optimiser leurs gains et à réduire leurs risques. L’IA leur offre aujourd’hui les deux à la fois. Depuis février 2024, OpenAI publie régulièrement des rapports documentant les usages détournés de ses modèles. Les publications les plus récentes, en octobre 2025, février 2026 puis juin 2026, permettent de mesurer précisément ce qui doit aujourd’hui inquiéter, au-delà des craintes générales et souvent floues qui entourent le sujet.
Dans cet article :
Un phishing plus efficace et beaucoup plus difficile à repérer
Le danger le plus concret, et le plus documenté par les chiffres, concerne l’hameçonnage. Le rapport de juin 2026 révèle que les agents IA auraient généré 40 % des e-mails de phishing détectés au premier trimestre de l’année.
On sait déjà que le volume des mails a connu une grande croissance, car ces systèmes ne se fatiguent pas. Mais là où cela inquiète, c’est la qualité de ces messages. Leur personnalisation, rendue possible par une génération de LLM bien plus fine qu’un simple modèle générique, a fait grimper le taux de clic de 15 à 20 %. Autrement dit, l’IA ne se contente pas de produire davantage de tentatives d’arnaque, elle les rend individuellement plus crédibles. Une amélioration qui réduit la capacité des victimes à les reconnaître d’un simple coup d’œil.
Le même rapport documente des agents capables de générer de fausses pages de connexion imitant plus de 50 marques connues. Plus grave encore, ils sont parvenus à une adaptation en temps réel pour échapper aux outils de détection automatique.
Cette évolution rejoint un mode opératoire déjà identifié : celui des faux profils professionnels sur les réseaux sociaux. ChatGPT continue d’être mis à contribution pour éditer à l’envi des CV crédibles, dans le but d’entrer en contact avec des personnes en poste dans des administrations ou des entreprises ciblées. L’objectif est soit pour collecter des informations sensibles, soit pour glisser une pièce jointe infectée dans un échange en apparence anodin.
La Corée du Nord reste régulièrement citée pour ce type de pratique, notamment via des candidatures à des postes stratégiques en télétravail, un moyen efficace d’infiltrer une organisation de l’intérieur.
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Des campagnes de désinformation automatisées à très grande échelle
Ce qui relevait auparavant de la génération de quelques centaines de faux profils prend aujourd’hui une tout autre dimension. Le rapport de juin 2026 documente un réseau de 2000 agents d’IA ayant généré plus de 500 000 publications en 48 heures, réparties sur une dizaine de plateformes sociales.
L’objectif de ces campagnes reste identique à celui déjà observé les années précédentes : saturer l’espace informationnel pour donner l’illusion d’un mouvement spontané de soutien ou de dénigrement.
Mais la vitesse et le volume atteints rendent ces opérations beaucoup plus difficiles à repérer et à démanteler avant qu’elles n’aient produit leur effet.
Le rapport ajoute une dimension supplémentaire à cette inquiétude : les acteurs malveillants ne se contentent plus d’un seul modèle d’IA du début à la fin d’une opération. Ils combinent désormais plusieurs modèles différents à chaque étape, ce qui complique considérablement le travail de détection, puisque aucune plateforme ne dispose à elle seule d’une vue complète sur l’ensemble de la chaîne.
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