Changer son mot de passe tous les trois mois, éviter le Wi-Fi public, se fier à la double authentification… Ces réflexes de sécurité ne suffisent plus face aux menaces actuelles.

Ces dernières années, les cyberattaques frappent les services du gouvernement, l’un après l’autre, malgré les protections en place. C’est que les cybercriminels font évoluer leurs méthodes d’attaque, et les outils de protection progressent en parallèle. Il devient donc important de réévaluer régulièrement ses habitudes de sécurité. Cela ne signifie pas repenser toute sa stratégie de protection, mais identifier les conseils qui, autrefois considérés comme essentiels, ont perdu de leur efficacité. C’est notamment le cas des 4 techniques que nous abordons ici.
Dans cet article :
Changer régulièrement de mot de passe
Sur le papier, l’idée de changer son mot de passe tous les deux ou trois mois semble logique. Si des identifiants sont volés, ils ne servent plus à rien une fois que l’utilisateur les modifie. Dans la pratique, cependant, l’erreur humaine réduit largement l’efficacité de cette mesure.
Demander à quelqu’un de renouveler des dizaines de mots de passe tous les quelques mois est une punition. Voilà ce qui pousse la plupart des utilisateurs à réutiliser une variante d’un ancien mot de passe pour pouvoir s’en souvenir plus facilement. Or, les outils utilisés par les cybercriminels, aujourd’hui souvent dopés à l’IA, sont précisément conçus pour repérer ce type de schéma récurrent. Une fois l’ancien mot de passe découvert, le nouveau devient facile à deviner.
La solution la plus efficace reste l’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe, capable de générer des identifiants uniques et robustes pour chaque compte. Même pour les utilisateurs à l’aise avec la création de mots de passe complexes, le gestionnaire reste utile pour les saisir de façon sécurisée.
Éviter systématiquement le Wi-Fi public
Les réseaux Wi-Fi publics, que l’on trouve dans les aéroports, les hôtels ou les restaurants, comportent effectivement des risques réels. Mais les éviter complètement reste peu réaliste au quotidien. Sur ces réseaux, les pirates utilisent des attaques dites de l’homme du milieu, qui consistent à exploiter les failles du réseau pour s’interposer entre l’utilisateur et le point d’accès, leur permettant ainsi d’intercepter les données transmises depuis un appareil non protégé.
Un réseau privé virtuel (VPN) permet de contourner ce problème en chiffrant les données avant leur envoi vers un serveur sécurisé, qui les déchiffre ensuite avant de les transmettre à leur destination finale. Si un pirate intercepte ces données en chemin, le chiffrement les rend inexploitables.
Plusieurs fournisseurs de VPN existent sur le marché. De même, certains navigateurs comme Firefox ou Opera intègrent également des VPN gratuits directement dans leurs paramètres.
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Se contenter d’un antivirus traditionnel
La montée en puissance de l’IA ne bouleverse pas uniquement le secteur technologique dans son ensemble, elle transforme aussi la nature des menaces informatiques, avec l’apparition de logiciels malveillants adaptatifs. Ces programmes sont aujourd’hui capables d’évoluer en permanence et d’échapper à la détection, notamment en modifiant leur propre code en temps réel. Certains de ces logiciels sont même capables d’analyser les failles spécifiques d’un appareil ciblé avant de lancer une attaque sur mesure, conçue pour contourner les défenses en place.
Face à ce type de menace, les antivirus traditionnels, qui reposent principalement sur la reconnaissance de signatures connues, sont très limités. Plusieurs éditeurs, dont Bitdefender, intègrent désormais l’intelligence artificielle à leurs solutions afin de construire des défenses capables de s’adapter à chaque appareil. Donc continuer à utiliser un antivirus classique revient à offrir une protection largement insuffisante.
Considérer la double authentification comme une protection suffisante
La double authentification (2FA) reste l’un des réflexes de sécurité les plus recommandés, et à juste titre : elle ajoute une couche de protection supplémentaire au simple mot de passe, en exigeant un code envoyé par SMS, une notification ou une application d’authentification.
Mais cette protection n’est plus aussi infranchissable qu’elle l’était.
Les cybercriminels n’ont plus besoin de dérober ce code. Il leur suffit d’inciter l’utilisateur à se connecter normalement à un site, qu’il soit légitime ou frauduleux.
Une fois la connexion effectuée, le navigateur enregistre des fichiers appelés cookies de session, destinés à éviter à l’utilisateur de se réauthentifier à chaque visite. Ce sont précisément ces fichiers que les cybercriminels cherchent aujourd’hui à dérober, généralement à l’aide de logiciels appelés infostealers, capables de siphonner les cookies stockés dans le navigateur.
Une fois ce cookie récupéré, le cybercriminel peut l’importer dans son propre navigateur et accéder au compte sans jamais avoir besoin du mot de passe ni du code de double authentification. Ce type d’attaque, en forte augmentation, permet de contourner entièrement la 2FA. La solution ici reste les clés d’accès et les clés de sécurité physiques.
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