Un jeune américain de 17 ans est poursuivi pour le meurtre de sa mère et de son frère. Il aurait utilisé ChatGPT pour explorer des scénarios fictifs liés au meurtre de sa famille.

Un adolescent de 17 ans originaire d’Acton, dans le Massachusetts, a été inculpé pour le meurtre de sa mère et de son jeune frère. Une affaire déjà incroyable a pris une tournure particulière quelques jours plus tard. Selon les procureurs, le jeune homme avait utilisé ChatGPT dans les mois précédant les faits pour explorer “des scénarios fantaisistes” autour du meurtre de membres de sa famille.
Dans cet article :
Les circonstances de la découverte des faits
Arjun Aravind est poursuivi en tant qu’adulte pour la mort de sa mère, Sudha Venkatesan, 45 ans, et de son frère cadet, Siddharth, 14 ans, retrouvés sans vie le 11 août 2026 chez eux, rue Martha Lane.
Selon les enquêteurs, sa mère a été vue vivante pour la dernière fois par son mari vers 7 heures du matin, avant qu’il ne parte travailler. Son jeune frère, lui, s’était rendu dans un centre de loisirs ce matin-là avant de rentrer à la maison peu après midi. C’est finalement l’arrivée d’une tutrice en fin d’après-midi, restée sans réponse à la porte, qui a alerté le père de famille, incapable de joindre qui que ce soit chez lui. Une intervention de la police pour vérifier le bien-être de la famille a permis de découvrir les deux corps, présentant des traces évidentes de traumatismes.
Le jeune homme, introuvable au moment de la découverte, a été localisé le lendemain matin à Wayland, une commune voisine, endormi dans le véhicule de sa mère. Il a été mis en examen le 13 août 2026 pour deux chefs d’accusation de meurtre, ainsi que pour plusieurs chefs de voies de fait. Une plaidoirie de non-culpabilité a été enregistrée en son nom, et il reste détenu sans possibilité de libération sous caution dans l’attente d’une audience fixée au 11 septembre.
VOIR AUSSI : 21 cas recensés où ChatGPT a renforcé les délires de ses utilisateurs, selon les chercheurs
Que vient chercher ChatGPT dans l’affaire ?
C’est la procureure du comté de Middlesex, Marian Ryan, qui a évoqué l’utilisation de l’agent conversationnel devant le tribunal. Elle a indiqué que le jeune homme avait manifesté des comportements préoccupants ces derniers mois, notamment en utilisant Internet et ChatGPT pour effectuer des recherches sur des idées théoriques ou des histoires fantaisistes liées au meurtre de sa famille. Plus précisément, la procureure a précisé qu’il aurait demandé à l’intelligence artificielle de l’aider à créer des récits de style roman gothique, en posant des questions et en élaborant des personnages, dans un contexte qui semblait faire écho à des menaces envers ses proches.
Les procureurs n’ont pas affirmé que ChatGPT aurait fourni des instructions pour commettre le crime. De même, le contenu précis des échanges n’a pas été rendu public à ce stade de la procédure.
Le père de famille avait toutefois commencé à s’inquiéter du comportement de son fils bien avant le drame, au point de dissimuler les couteaux de la maison. Son avocate, Debra DeWitt, a demandé une évaluation psychiatrique. Elle a notamment décrit un jeune homme visiblement sous le choc, qui ne semblait pas réaliser que sa mère et son frère étaient morts. Elle a précisé que la famille venait de s’installer à Acton pour offrir un cadre plus stable à ses enfants, et que le père souhaitait avant tout que son fils reçoive une aide adaptée.
Que doit faire un chatbot lorsqu’un utilisateur l’interroge, même sous couvert de fiction, sur des façons de nuire à autrui ?
Une question que l’industrie de l’IA n’a toujours pas tranchée
Que doit faire un chatbot lorsqu’un utilisateur l’interroge, même sous couvert de fiction, sur des façons de nuire à autrui ? Cette question, aucune des entreprises IA n’a toujours pas apporté de réponse claire. Plus tôt cette année, une femme en Corée du Sud avait déjà sollicité les conseils de ChatGPT dans le cadre d’un projet d’assassinat. Bien avant cela, le chatbot a également été mis en cause dans une affaire de suicide, révélant des garde-fous parfois défaillants.
Les chatbots sont généralement conçus pour refuser les demandes explicites de violence. Cependant, les formulations présentées comme théoriques, fictives ou romanesques constituent toujours une manière courante de contourner ces protections. À ce propos, la justice doit déterminer précisément ce qui s’est produit à Acton, et quel rôle, le cas échéant, ces échanges avec l’intelligence artificielle ont pu jouer dans le déroulement des faits.
BuzzWebzine est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






