En pleine polémique sur la fin des jeux physiques, Sony a envoyé un e-mail rappelant que les jeux numériques ne sont jamais possédés : ce sont juste des licences louées, que l’on peut perdre à un moment ou un autre.

Vous l’avez sans doute reçu. Samedi 22 août 2026, un e-mail signé Sony Interactive Entertainment Network Europe a atterri dans les boîtes de réception de millions de comptes PlayStation. Objet : « Conditions PlayStation, copie pour votre information« . En pièce jointe, le texte intégral des conditions d’utilisation, revues en avril dernier, et du contrat de licence utilisateur final. Un simple rappel administratif en apparence, mais le timing interroge fortement, deux mois à peine après l’annonce de l’arrêt des jeux physiques.
Dans cet article :
Une licence, jamais une propriété
Le passage le plus révélateur se cache à la section 13.5 du document. Sony y écrit noir sur blanc que l’achat d’un jeu numérique donne « une licence individuelle pour l’utilisation » et que l’acheteur « ne possède pas le Produit numérique en question« . Cette licence n’est pas transférable. Si le compte est clôturé, supprimé ou suspendu, l’accès à l’ensemble des jeux payés disparaît avec lui, sans possibilité de retour en arrière. Sony s’est déjà offert un aperçu concret de ce pouvoir en juin dernier, en supprimant 551 films achetés sur le PlayStation Store, sans le moindre remboursement.
Le contrat de licence utilisateur final va plus loin encore. Sa clause 1.4 précise que « le logiciel vous est concédé sous licence, il ne vous est pas vendu« , une formule qui s’applique aussi bien au téléchargement qu’au disque Blu-ray posé sur l’étagère.
Une autre disposition, la section 21.2, prévoit qu’un compte resté inactif pendant 36 mois peut être fermé par Sony après un préavis de six mois. Une fermeture qui emporterait avec lui toute la bibliothèque de jeux accumulée au fil des années.
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Un timing qui alimente une contestation déjà bien installée
Le 1er juillet 2026, Sony annonçait l’arrêt de la production de nouveaux jeux PlayStation en disque à partir de janvier 2028. L’annonce avait déclenché une vague de protestations, certains partenaires de production s’étant même plaints de ne pas avoir été prévenus. Sony a depuis confirmé qu’il maintiendrait cette décision malgré la fronde. Dans ce climat déjà tendu, une partie de la communauté a lancé un mouvement de boycott, actif du 23 août au 1er septembre, invitant les joueurs à ne plus se connecter ni effectuer d’achat sur le PlayStation Store durant cette période, pour envoyer un signal au constructeur.
Sony assume pleinement ce virage économique. Pour convaincre de cela, il met régulièrement en avant dans ses résultats financiers la part désormais écrasante du numérique dans les ventes de jeux, autour de 80 %.
Seule une évolution législative pourrait infléchir cette trajectoire.
Le Brésil a d’ores et déjà lancé une initiative pour encadrer la propriété et la préservation des jeux vidéo, en réaction directe à l’annonce de Sony. En France, une proposition de loi dans le même esprit a été déposée par Jean-Luc Mélenchon. En attendant une éventuelle évolution du cadre légal, les gamers subissent la loi de Sony. Ce dernier, pour le moment, n’a aucune intention de faire machine arrière.
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