Durant notre ère, il est légitime de se demander si l’art est compatible avec l’intelligence artificielle (IA). Qui est l’artiste ?

L’intelligence artificielle, presque humaine pour certains
L’intelligence artificielle n’est pas nouvelle. On l’utilise déjà pour de nombreuses choses, depuis des années, rien que pour des programmes informatiques, en entreprises, pour les machines de travail ou encore pour les algorithmes de nos réseaux sociaux.
Mais, ces dernières années, l’IA a pris un autre niveau. Désormais, beaucoup de gens prennent presque Chat GPT pour un humain, lui disant « merci » et « au revoir », tandis que certaines personnes tombent même amoureuses d’intelligences artificielles, comme c’est le cas dans le film Her.
Cette humanisation de l’IA ressemble à Black Mirror mais, pour certains, c’est une évolution logique de l’humain. C’est une augmentation de l’humain, l’IA est une extension de son créateur, un assistant intelligent, qui nous aide à déléguer, mais qui, paradoxalement, augmente les charges productives, les besoins (alors qu’elle devrait les réduire, car elle produit à notre place), la consommation de ressource.

L’IA peut-elle nous remplacer, y compris dans le secteur de l’art ?
Comme internet quand il est arrivé, l’IA semble parfois abrutir la population. Quand on ne lisait plus de livres pour faire ses recherches, on utilisait Google. Maintenant, Google est presque délaissé pour l’IA générative. Dans le même temps, certains deviennent même accros à l’IA, d’autres l’utilisent comme psy, certains l’utilisent comme médecin, et certains lient des amitiés et amours passionnels avec le chatbot.
Comme nous savons que l’ère industrielle a bouleversé beaucoup de choses dans nos vies, est-ce que l’IA est en train de faire de même ? Nous voyons déjà beaucoup de métiers et de services se faire remplacer par l’intelligence artificielle.
Et, parmi les personnes les plus inquiètent face à la montée de l’IA, il y a les artistes et ceux qui y sont affiliés (par exemple, les rédacteurs, les traducteurs, etc). Une maison d’édition qui utilise l’IA pour traduire ses livres (affaire Harlequin), des créateurs de contenu qui utilisent sans cesse des images et miniatures IA… Elle semble partout.
Et même si certains artistes, comme Cyprien avec deux de ses courts métrages, ou comme Guillermo del Toro, qui a affirmé sa haine de l’IA dans l’art, tentent de montrer que l’IA ne surpassera jamais l’âme d’un humain dans la création… Il faut se rendre à l’évidence : beaucoup de gens, désormais, créent avec l’IA, et beaucoup de gens vont même parfois préférer consommer de l’art IA.
IA artists : une évolution logique chez l’humain ?
La création d’une œuvre d’art IA, que ce soit visuel, qu’il s’agisse de scènes de films, qu’il s’agisse d’une musique IA, d’une œuvre littéraire, ou autre, est globalement facile à faire puisqu’il suffit d’un humain derrière un écran qui élabore un prompt détaillé ou non pour créer quelque chose d’unique (en apparence). L’art IA est donc plus rapide à faire, plus rapide à consommer, plus rapide à vendre, parfait pour notre société sous « effet TikTok » (tout est consommable rapidement).
Une IA, c’est productif, et donc c’est ce que demande notre société actuelle, celle où nous n’arrivons plus à ralentir et à revenir à l’essentiel, celle où l’absurde a remplacé la profondeur. Il y a des artistes qui utilisent l’IA comme un assistant (par exemple pour de la retouche, pour corriger un texte, etc).
Et il existe également désormais des IA artists, soit des artistes qui revendiquent faire des œuvres totalement faites avec IA. Mais, concrètement, et philosophiquement, qui est vraiment l’artiste entre l’humain qui prompte et l’IA ? Peut-on vraiment parler d’art si c’est fait par IA ?

L’IA est-elle vraiment capable de penser une œuvre ?
D’un côté, on peut dire que oui si on considère que l’IA est presque comme une personne : elle peut se tromper, elle peut imiter des sentiments, elle apprend grâce à son programme, elle semble humaine parfois. Mais, pour certaines personnes, cette imitation de l’humanité suffirait à faire de l’IA un être à part entière.
Dans ce cas, on peut certainement se dire que l’IA est l’artiste, la tête pensante. Mais, d’un autre côté, la plupart des experts en IA le disent : l’IA ne pense pas, elle imite et nous donne la meilleure réponse par rapport à notre demande. De plus, l’IA utilise des bases de données pour créer ce que vous lui demandez.
Donc, en soi, quand elle crée une œuvre, elle assemble plusieurs œuvres d’autres artistes et essaie de coller au mieux à votre demande. Certains y voient même du vol artistique. Et, d’un autre côté, il est aussi important de se rappeler que l’IA n’a pas créé toute seule : elle utilise donc la base de données, elle mixe, mais surtout elle a reçu un prompt de la part de « l’artiste ».
Sans ce prompt, qui contient souvent toute l’idée, elle ne peut pas créer une image originale. Derrière l’IA, il y a donc TOUJOURS de l’idée humaine, soit grâce aux artistes de la base de donnée, soit grâce à celui qui fait le prompt.
L’art, c’est raconter une histoire et donner des émotions
Maintenant, beaucoup de gens diront qu’on peut quand même faire de l’art avec de l’IA dans la mesure où l’art se définit comme une œuvre / un travail qui va venir raconter une histoire ou susciter des émotions.
L’IA, en soi, peut donner des émotions et raconter une histoire. Mais, pas seule, elle a besoin du prompt et de la base de données. Et, d’un autre côté, certaines personnes assurent que l’art est exclusivement quelque chose d’humain.

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IA et art : que dit la loi ?
Actuellement, il n’y pas vraiment de lois pour interdire à un artiste d’utiliser l’IA. Toutefois, il est interdit d’utiliser les voix ou le visage d’un artiste sans son consentement.
Sur plusieurs plateformes, il est également obligatoire de mentionner qu’une œuvre a été faite avec l’IA. Ce n’est pas totalement obligé en réalité, mais il est fortement recommandé de la faire, d’un point de vue éthique. C’est le cas avec Amazon KDP pour les livres, avec Instagram, avec Pinterest, par exemple.
Mais, en soi, il est totalement autorisé de vendre des œuvres d’art faites avec IA tant qu’aucun élément d’un autre artiste n’est repris explicitement. Et, concernant les droits d’auteur et la protection de l’artiste qui a utilisé de l’IA, tout dépend du degré d’implication de la machine, comme il est dit ici.
Mais, voilà, beaucoup d’artistes se sentent de plus en plus démunis face à l’art IA, moins cher, plus facile à produire, un art IA de plus en plus apprécié au détriment des artistes humains. Lorsque l’on vend une œuvre faite par IA, il est également recommandé de l’expliciter quelque part sur l’œuvre, même si c’est surtout une contrainte éthique que législative pour l’instant.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Le débat est ouvert. Pensez-vous que l’IA peut faire de l’art et qu’on peut appeler l’IA un artiste ?
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