Cultive veut réinventer le métier de maraîcher avec des fermes bio rentables, une formation sur le terrain et une vraie qualité de vie. Un pari audacieux !

Et si devenir maraîcher ne rimait plus avec journées interminables, revenus incertains et sacrifices personnels ? Alors que l’agriculture française peine à renouveler ses générations, Cultive défend une autre vision du métier : des fermes bio à taille humaine, rentables et où il fait bon travailler. Une ambition qui prend déjà forme en Vendée, avec une ferme-école qui prépare les maraîchers de demain.
Dans cet article :
Cultive, une autre idée de la réussite agricole
D’ici 2030, une grande partie des agriculteurs français aura atteint l’âge de la retraite. Pourtant, les candidats à la relève ne manquent pas. Le véritable défi consiste à leur donner les moyens de s’installer durablement, sans s’épuiser ni mettre leur avenir financier en péril.
C’est tout le sens du projet porté par Cultive, une entreprise à mission qui entend réconcilier rentabilité agricole, respect du vivant et qualité de vie.
Son credo tient en quelques mots : « Former, accompagner, essaimer : faire pousser l’agriculture d’après ».
Car derrière l’image séduisante d’une reconversion à la campagne se cache une réalité parfois brutale. Selon les chiffres avancés par Cultive, environ 60 % des maraîchers abandonneraient leur activité au bout de quatre à cinq ans, faute d’un modèle économique viable.
Pour changer la donne, l’entreprise mise sur des fermes bien pensées, des méthodes de production efficaces et un accompagnement qui ne s’arrête pas à l’apprentissage des gestes agricoles.
Produire davantage sur de petites surfaces, sans travailler plus
Cultive s’inspire notamment du maraîchage bio-intensif, une approche popularisée par le maraîcher québécois Jean-Martin Fortier, qui remet au goût du jour certaines techniques des maraîchers parisiens du XIXe siècle.
Le principe ? Optimiser chaque mètre carré cultivé grâce à une planification précise, des cultures diversifiées et une utilisation raisonnée des ressources. Le tout en limitant la mécanisation lourde et en préservant la fertilité des sols.
Mais la véritable originalité du modèle réside dans sa recherche d’équilibre. Une exploitation agricole ne devrait pas être considérée comme performante uniquement parce qu’elle produit beaucoup.
LES AMBITIONS DU MODÈLE CULTIVE * :
🌱
60 t
par hectare et par an
💰
250 000 €
de CA annuel potentiel
⏰
35 h
par semaine, lissées sur l’année
*Objectifs et potentiels annoncés par Cultive, et non résultats garantis pour chaque exploitation.
Cette approche repose sur une triple performance économique, écologique et sociale. Les fermes envisagées s’étendent généralement sur 1 à 5 hectares et peuvent associer maraîchage, arboriculture, petits fruits, plantes aromatiques ou encore petit élevage.
La diversification permet de multiplier les sources de revenus, tandis que l’organisation du travail cherche à limiter les tâches pénibles et les heures supplémentaires.
L’idée n’est pas de supprimer les contraintes du métier, mais de ne plus considérer l’épuisement comme une fatalité.

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Une ferme-école en Vendée pour apprendre les pieds dans la terre
Comment transformer cette philosophie en réalité ? Cultive a choisi de passer par le terrain.
À Montaigu-Vendée, à une trentaine de minutes au sud de Nantes, son campus accueille depuis janvier 2025 des personnes qui souhaitent apprendre le maraîchage professionnel.
La particularité de cette formation ? Elle ne se limite pas à quelques cours théoriques. Les apprenants passent huit mois en immersion, suffisamment longtemps pour vivre une saison agricole complète, des premières plantations jusqu’aux récoltes.
Ils apprennent à cultiver, mais aussi à organiser la production, gérer les imprévus, comprendre les coûts et éprouver physiquement les réalités du métier.
Cette expérience s’adresse notamment aux NIMA, les personnes non issues du milieu agricole, de plus en plus nombreuses à envisager une reconversion. Ingénieurs, diplômés de grandes écoles ou anciens salariés urbains : leurs parcours sont variés, mais ils partagent l’envie de donner un nouveau sens à leur travail.
La ferme pilote sert également de laboratoire. Productive, pédagogique et expérimentale, elle doit permettre d’améliorer les techniques avant de les transmettre à d’autres exploitations.
Faire pousser des fermes, mais aussi des vocations
L’ambition de Cultive dépasse largement les frontières de son campus vendéen. L’entreprise souhaite essaimer son modèle agricole en accompagnant la création de nouvelles fermes et en travaillant avec des exploitations partenaires.
Elle s’appuie notamment sur un réseau de professionnels et de structures engagés dans la transition agroécologique. Des fermes situées dans le Perche, en Seine-et-Marne ou dans le Cher figurent parmi les projets présentés sur son site.
En septembre 2025, Ouest-France évoquait même un objectif de 500 fermes viables, durables et humaines à terme. Quelques mois auparavant, Le Journal des Entreprises rapportait une levée de fonds de 1,8 million d’euros destinée à soutenir le développement du projet.
Cette volonté de changement d’échelle répond à une urgence bien réelle : assurer la relève agricole tout en adaptant les pratiques au changement climatique.
Reste à démontrer que le modèle pourra conserver ses promesses économiques et sociales en se déployant sur différents territoires. Car une ferme rentable en Vendée ne le sera pas automatiquement ailleurs, avec d’autres sols, d’autres débouchés et d’autres contraintes.
C’est aussi ce qui rend l’expérience intéressante : Cultive ne cherche pas seulement à rendre l’agriculture plus écologique, mais à rendre le métier de maraîcher à nouveau désirable.
Et si la véritable révolution agricole consistait finalement à prouver qu’on peut nourrir les autres sans sacrifier sa propre qualité de vie ?
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