Souris sur le paillasson, oiseau au salon : votre chat n’a pas faim. Une étude de l’université d’Exeter a testé ce qui marche vraiment pour qu’il chasse moins.

Vous ouvrez la porte le matin et le voilà, fier comme un lion, à côté d’un mulot immobile. Ou pire, d’un rouge-gorge. Beaucoup de propriétaires de chats connaissent ces « cadeaux » matinaux, et beaucoup se sentent un peu coupables. L’automne est d’ailleurs une période propice : les petits rongeurs cherchent à s’abriter près des maisons et les nuits plus longues laissent davantage de temps à la chasse.
La bonne nouvelle, c’est que la science a étudié le phénomène de près. Et deux solutions faciles, testées sur des centaines de chats, donnent des résultats nets : une alimentation riche en viande et quelques minutes de jeu par jour.
📝 L’essentiel à retenir :
- Le chat chasse par instinct, même quand il est bien nourri : la faim n’est pas le moteur.
- Rapporter sa proie à la maison s’explique surtout par le besoin de la mettre en lieu sûr, et peut-être par un comportement d’apprentissage.
- Une étude de l’université d’Exeter a montré qu’une nourriture riche en viande réduisait les proies rapportées de 36 %.
- 5 à 10 minutes de jeu par jour les faisaient baisser de 25 %, alors que les grelots n’ont pas d’effet régulier.
Pourquoi votre chat chasse alors qu’il ne manque de rien
Le chat domestique descend du chat sauvage d’Afrique, un chasseur solitaire qui capture de nombreuses petites proies par jour. Chez lui, la chasse n’est pas déclenchée par la faim mais par la vue ou le bruit d’une proie. Un chat bien nourri chasse donc tout autant, parfois même mieux, puisqu’il a de l’énergie à revendre. Le comportement est si automatique qu’il ne mange souvent même pas ce qu’il attrape.
Pourquoi il vous rapporte ses prises
Il n’existe pas d’explication unique, mais plusieurs hypothèses tiennent la route.
La maison, un garde-manger sûr
La plus solide est aussi la moins romantique. À l’état sauvage, un chat qui attrape une proie la transporte souvent vers un endroit abrité pour la manger ou jouer avec, loin des concurrents. Pour un chat domestique, l’endroit le plus sûr du monde, c’est la maison. Il y ramène donc son butin, quitte à l’abandonner sur le tapis une fois l’excitation retombée.
Un professeur un peu condescendant
L’autre hypothèse, plus amusante, est celle de l’apprentissage. Les mères chattes rapportent des proies, parfois encore vivantes, à leurs petits pour leur apprendre à chasser. Certains comportementalistes pensent que le chat reproduit ce schéma avec ses humains, qu’il considérerait comme des chasseurs bien maladroits incapables de se nourrir seuls. Cela expliquerait pourquoi certains chats lâchent des proies vivantes dans la maison. L’idée est séduisante, mais difficile à prouver.
Le chat ne chasse pas parce qu’il a faim : il chasse parce qu’il est un chat. La faim n’a presque rien à voir là-dedans.
Ce qu’il ne faut pas faire
Le gronder ne sert à rien : il ne fera pas le lien entre la remontrance et sa chasse, et risque surtout d’être stressé. Mieux vaut récupérer discrètement la proie, avec des gants, sans en faire une scène.
Les deux astuces validées par la science
En 2021, des chercheurs de l’université d’Exeter, au Royaume-Uni, ont publié dans Current Biology les résultats d’un essai de 12 semaines mené auprès de 355 chats vivant dans 219 foyers. L’objectif : trouver des moyens de réduire la chasse sans enfermer les chats.
| Méthode testée | Effet sur les proies rapportées |
|---|---|
| Nourriture riche en protéines animales, sans céréales | Baisse de 36 % |
| 5 à 10 minutes de jeu quotidien avec un jouet plumeau | Baisse de 25 % |
| Collerette colorée de type Birdsbesafe | Baisse de 42 % pour les oiseaux, sans effet sur les rongeurs |
| Grelot au collier | Pas d’effet régulier |
Pour la doctorante Martina Cecchetti, l’effet de l’alimentation pourrait s’expliquer par des micronutriments que certains chats trouveraient insuffisamment dans des croquettes riches en protéines végétales, et qu’ils iraient chercher dans leurs proies. Le jeu, lui, consistait à faire poursuivre au chat un jouet imitant une proie, pour lui permettre de traquer, poursuivre et bondir comme à la chasse. Le professeur Robbie McDonald résumait l’intérêt de ces résultats : en jouant avec son chat et en changeant son alimentation, on réduit son impact sur la faune sans limiter sa liberté.
Un vrai enjeu pour la biodiversité
Le sujet n’a rien d’anecdotique. En France, les chats domestiques tueraient environ 75 millions d’oiseaux par an, selon une estimation largement reprise par les associations de protection de la nature. Aux États-Unis, une étude publiée en 2013 dans Nature Communications estimait à plusieurs milliards le nombre d’oiseaux tués chaque année par les chats. Garder son chat à l’intérieur la nuit, période où il chasse le plus, reste l’un des gestes les plus efficaces, avec la stérilisation, qui limite aussi la prolifération des chats errants.
Un chat qui joue, mange bien et dort au chaud n’en est que plus épanoui, et c’est souvent un bon indicateur pour savoir si son chat est heureux. Ses escapades nocturnes, elles, gardent leur part de mystère, comme le montre ce que fait vraiment votre chat la nuit. Et si vous partagez la maison avec un chien, mieux vaut choisir une race compatible avec les chats. Quant aux chats noirs, ils restent les plus mal aimés à l’approche d’Halloween, au point que certaines villes suspendent leur adoption à cette période.
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