Le body horror est un sous-genre littéraire de l’horreur qui met en avant l’altération horrifique des corps. On en parle aujourd’hui.

Qu’est-ce que le genre du body horror ?
Le body horror, comme son nom l’indique, parle de corps dans un registre de l’horreur. Il s’agit globalement d’un sous-genre littéraire et artistique de l’horreur, se mêlant souvent à d’autres genres comme le gothique ou la science-fiction, dans lequel l’auteur ou l’artiste explore des altérations physiologiques du corps, humain, mais ce peut aussi être animal.
On l’appelle aussi « biological horror« , doit l’horreur biologique. Nous allons alors retrouver le body horror dans plusieurs thèmes artistiques comme les mutations corporelles, la zombification, les monstres, les chimères, les créations scientifiques corporelles…
Un genre qui crée la dualité dans le cerveau du spectateur ou lecteur
Mais, c’est un genre qui est bien plus large que la simple altération horrifique d’un corps humain ou animal. Le plus souvent, ce genre artistique aborde la violence sous sa forme la plus brute, celle qui effraie l’humain entre curiosité morbide, peur que cela nous arrive, peur du monstre qui nous ressemble un peu trop.
Parmi les œuvres les plus connus, il y a forcément Frankenstein, mais aussi l’univers de Guillermo del Toro qui affectionne particulièrement cette écriture d’horreur qui s’ancre dans le morbide, l’étrange, l’abus, la transformation monstrueuse.
Très souvent, dans ce genre d’œuvres, le lecteur ou le spectateur est tiraillé dans un dilemme mental : le dégout face à la créature, mais aussi la fascination et la curiosité non assumée, et souvent la compassion.
Car très souvent, les créatures altérées ont des formes humanoïdes et nous ressemblent un peu, et ce type d’œuvre s’attarde souvent sur la dualité entre l’aspect monstrueux de la créature et sa conscience humaine.
Que ce soit dans Frankenstein ou encore dans le film Warm Bodies, on nous montre une créature anciennement humaine qui a un corps altéré et qui apparait comme monstrueuse. Mais, les deux créatures suscitent malgré tout une compassion parce qu’elles ne sont pas responsables de leur état, elles prennent conscience de cet état, elles sont capables de penser, voire d’avoir des sentiments forts comme l’amour. Cela les rend plus humaines et donc le spectateur ou lecteur est tiraillé entre le dégout et la compassion.

VOIR AUSSI : TOP 10 des livres gothiques à lire absolument
Qu’est-ce qu’un monstre ? Un genre artistique qui pousse à la réflexion
Le body horror se concentre également sur la notion de monstruosité. Qu’est-ce qui fait un monstre ? Est-ce le physique ? Est-ce le mental ? « La plupart des monstres sont des humains », dit-on dans American Horror Story et c’est aussi ce que montrent de nombreuses œuvres du genre body horror, comme dans Frankenstein où la créature n’apparait finalement pas comme LE monstre, mais c’est son créateur, avec son syndrome de Dieu, qui est le vrai monstre de l’histoire, lequel pousse sa créature à agir comme un monstre à force de la traiter comme telle.
Body horror, vers les limites du corps humain et du mentalement acceptable
Le genre du body horror s’appuie alors souvent sur les violations, les violences gratuites infligées au corps, avec une dimension gore souvent, mais aussi des réflexions gothiques (conscience de soi, omniprésence de la mort…) et une réflexion sur les limites que l’on peut faire éprouver au corps et à l’esprit.
On joue également sur la peur pour le lecteur et le spectateur, notamment dans les œuvres sur les zombies, comme la peur de la contagion, la peur que cela puisse nous arriver, ou encore l’invasion et la perte de contrôle de son corps (dans le cas des œuvres sur les invasions parasitaires).
Une critique sociétale dans le body horror ?
L’objectif est de créer une anxiété chez le public, mais aussi une fascination, une dualité qui poussera ensuite à la réflexion personnelle. D’un autre côté, certaines œuvres poussent le body horror vers la réflexion sociétale, notamment en utilisant l’alliance entre gore et absurde.
On le retrouve souvent dans des œuvres de comédie noire ou d’horreur comique, c’est notamment le cas quand on tourne en ridicule des éléments sociétaux grâce aux zombies par exemple. Ou bien dans le gore (le corps est mis à rude épreuve, à l’extrême, avec changements physiques répugnants et qui traduisent d’un problème sociétal.
C’est souvent le cas dans le cyberpunk avec une critique des humains outrageusement augmentés. Il est possible de faire de l’horror body de nombreuses manières, comme avec le torture porn, que nous retrouvons par exemple dans The Human Centipede.
Dans ce cas, la torture porn peut aussi donner à réfléchir sur des questions philosophiques et sociales, par exemple sur les limites de ce que l’on peut faire à autrui, sur la cruauté internalisée ou encore sur la place de l’existence de chacun dans le monde.

VOIR AUSSI : Frankenstein : pourquoi cette œuvre est fondamentale ?
Quelques exemples d’œuvres du genre
Mais, on peut retrouver de nombreux types de créations dans ce genre, que ce soit dans les livres, le cinéma, la télévision, la peinture, la sculpture. Si vous voulez découvrir ce genre, voici quelques œuvres qui relèvent du body horror :
- La Mouche noire de Kurt Neumann.
- Possession d’Andrzej Żuławski.
- The Thing de John Carpenter.
- Akira de Katsuhiro Ōtomo.
- Under the Skin de Jonathan Glazer.
- The Substance de Coralie Fargeat.
- Parasite de Hitoshi Iwaaki.
- Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.
- La série de jeux Resident Evil.
- La série de jeux Fallout.
- Beaucoup d’écrits d’Edgar Allan Poe.
- Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley.
- De nombreuses œuvres de Stephen King.
- Le mythe de Cthulhu de H. P. Lovecraft
Et il y en a beaucoup d’autres. Si vous en connaissez, n’hésitez pas à faire vos recommandations en commentaires pour nos autres lecteurs.
BuzzWebzine est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






