Une femme de Meurthe-et-Moselle a perdu 10 000 euros après avoir fait confiance à une publicité mettant en scène un faux Emmanuel Macron généré par IA. Voici comment l’arnaque fonctionne.

Une habitante de Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, s’est fait soutirer 10 000 euros en l’espace de quelques jours après être tombée sur des publicités mettant en scène le président Emmanuel Macron et le chef d’entreprise Bernard Arnault sous forme d’avatars générés par intelligence artificielle. Ces vidéos promettaient des placements financiers avantageux, présentés comme sûrs et rentables.
Comment l’arnaque se déroule, étape par étape
Tout commence par une publicité sponsorisée sur les réseaux sociaux. À l’écran, un visage familier, celui du président Emmanuel Macron, ou parfois de Bernard Arnault, fait la promotion de placements financiers présentés comme particulièrement rentables et totalement sans risque. Ces vidéos sont des deepfakes, des contenus audiovisuels générés ou manipulés par IA pour reproduire fidèlement l’apparence et la voix de personnalités réelles.
La victime clique. Elle est redirigée vers un formulaire de contact, puis rappelée par un faux conseiller financier qui entretient la confiance sur plusieurs jours. Le mécanisme joue sur deux leviers bien connus : la crédibilité d’une figure d’autorité, dont le président de la République et ancien banquier d’affaires, qui recommande un placement font la promesse de gains rapides sans risque.
L’étape suivante est la plus technique et la plus décisive. Les escrocs demandent à la victime d’installer un logiciel de prise de contrôle à distance, de type AnyDesk ou TeamViewer. Le prétexte est de l’aider à effectuer le virement. Ces logiciels, tout à fait légitimes dans un contexte professionnel, offrent une prise de contrôle totale de l’ordinateur distant, permettant la saisie de mots de passe et l’accès aux informations confidentielles. Une fois installé, l’escroc voit exactement ce que voit la victime, et peut naviguer dans ses comptes bancaires et initier des virements en se faisant passer pour elle.
Ce qui rend ces arnaques difficiles à détecter
La crédibilité visuelle des deepfakes a atteint un niveau qui rend la détection à l’œil nu quasiment impossible pour un non-spécialiste. Les escrocs adaptent également leur discours en fonction du profil de la victime, grâce aux données récoltées sur les réseaux sociaux. L’arnaque n’est donc pas un message générique envoyé à des milliers de personnes : elle est personnalisée, patiente, et construite sur plusieurs jours de contact. C’est la raison pour laquelle la victime ici n’a pas pu s’en rendre compte.
Cependant, plusieurs règles permettent de se prémunir. Aucun conseiller financier réel ne demande d’installer un logiciel de prise de contrôle à distance pour effectuer une transaction. Aucune opportunité d’investissement légitime ne promet des gains garantis sans risque. Si une publicité met en scène une personnalité publique pour vanter un placement, c’est, sans exception, une arnaque.
En cas de victimisation, la priorité est de désinstaller immédiatement le logiciel de prise de contrôle à distance et de changer tous ses mots de passe. Il faut faire opposition auprès de sa banque sans délai, conserver toutes les preuves disponibles et porter plainte.
La victime de Pont-à-Mousson a déposé plainte. L’enquête est en cours. Les 10 000 euros, eux, ont disparu.
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