Les débuts de l’IA : d’Enigma à la machine de Turing

La technologie de l’intelligence artificielle fait partie intégrante de notre quotidien et semble déterminer notre avenir. Essayons de revenir un peu en arrière, pour voir comment l’humain a passé des pierres et des lances à internet, aux supercalculateurs, aux robots explorateurs de l’espace, etc.

Il a fallu quelques milliers d’années à l’homo sapiens pour évoluer depuis ses conditions d’homme préhistorique vers l’utilisation d’outils mimant son intelligence. Le paradoxe du sort de l’humain est que les plus formidables inventions ont vu le jour dans des circonstances contraignantes, souvent malheureuses.

À ce titre, rappelons que le prototype de l’IA était conçu en réponse à Enigma. Il s’agit de la fameuse machine cryptographique qui a assuré la communication de la marine allemande lors de la 2e Guerre mondiale. Depuis, les innovations se succèdent, repoussant à chaque fois les limites. L’IA est au service de l’homme pour gérer des opérations trop complexes à l’instar du chiffrement d’informations.

Enigma, un outil de communication efficace, mais pas infaillible

Inventé par Arthur Scherbius et Richard Ritter en 1918, Enigma a servi au départ d’instrument ludique. Consciente des capacités de l’outil, l’armée allemande s’est procurée en grande quantité d’une version militaire de cette machine.

Elle la développe en multipliant à 150 millions le nombre de ses combinaisons. Des codes secrets sont ainsi mis au point pour organiser les actions militaires de 1939 à 1945. Intéressés par le fonctionnement de cette machine, les services de renseignement polonais ont créé les bombes cryptologiques pour déchiffrer les codes communiqués.

Plus tard, d’autres versions de cet appareil sont apparues, notamment lorsque le régime nazi a réalisé que la confidentialité de celui-ci pouvait être compromise.

Des nouvelles versions de la machine Enigma

Les Anglais ont mis du temps avant de comprendre que l’une des forces de leurs ennemis résidait dans l’utilisation de la machine Enigma. Appeler des meilleurs mathématiciens, des linguistes, voire des joueurs d’échecs était, dans ce cas, urgent pour réussir à intercepter les messages allemands.

Ce service du chiffre a séjourné discrètement au manoir de Bletchley Park afin d’accomplir sa mission loin de Londres et des bombardements. Cette résidence est devenue le quartier général des services de renseignement britanniques.

La tentative de ces cryptanalystes consistait à déjouer le système de cryptage des sous-marins allemands. Elle a connu un énorme succès en septembre 1939 avec l’arrivée d’Alan Türing, un logicien et mathématicien britannique. Reconnue pour son inviolabilité, Enigma a fini par mettre au grand jour son code secret grâce au génie de Turing et ses collègues.

Avec l’assistance technique des Américains et les documents trouvés sur le sous-marin allemand, ils ont réussi à exploiter les failles cryptologiques de l’appareil. Cet exploit a pu empêcher l’attaque lancée par l’armée allemande à l’encontre de l’Angleterre à partir de 1942.

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Depuis Türing, l’IA connaît un essor important au service de l’humanité

L’Intelligence artificielle ne cesse d’évoluer, en particulier à partir de l’exploit d’Alan Türing. Les scientifiques travaillent constamment sur de nouvelles applications de l’IA, ainsi sur le perfectionnement de la technologie en elle-même. Ce phénomène explique l’innovation continue de l’ordinateur.

L’IA au service de la lutte contre le Covid-19 ?

Depuis la propagation effrénée du Coronavirus, l’espoir de l’humanité repose sur la contribution de l’IA en vue de réduire, voire éviter la mort des milliers de personnes à travers le monde. Des chercheurs du laboratoire national d’Oak Ridge (ORNL) aux États-Unis ont alors recours au superordinateur de l’IBM pour réaliser une étude poussée sur le virus. Leur défi est de trouver le vaccin contre la maladie au moyen de cette machine.

Ce superordinateur, également appelé supercalculateur, représente la version la plus puissante des ordinateurs. Il intervient dans la réalisation des prévisions météorologiques, l’étude climatique ou encore la modélisation moléculaire.

Grâce à la vitesse avec laquelle elle fonctionne, la recherche du remède contre la pandémie mondiale pourrait s’accélérer. D’ailleurs, Micholas Smith et Jeremy Smith ont déjà diffusé les résultats de l’analyse faite sur le micro-organisme. D’après la publication y afférente, 77 molécules susceptibles de lutter contre le virus SARS-CoV-2 ont été découvertes.

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De la tentative d’égaler l’intelligence humaine

En plus de servir d’instrument de recherches médicales, l’IA poursuit son évolution au point d’égaliser ou de dépasser les capacités intellectuelles humaines à maintes égards. Actuellement, les avancées de la technologie de l’informatique permettent aux machines d’être autonomes en termes d’apprentissage, comme c’est le cas du Machine Learning et du Deep Learning.

Le Machine learning est une intelligence artificielle désignant un apprentissage automatique basé sur des méthodes mathématiques et statistiques. Il permet aux ordinateurs de fonctionner avec beaucoup plus d’indépendance.

Une programmation directe n’est plus nécessaire dans ce cas. Aujourd’hui, le Machine learning est sollicité pour réaliser des opérations telles que la reconnaissance d’image. En décembre 2015 par exemple, Google met en place un logiciel nommé « Google Cloud Vision » pour identifier une scène ou des objets ou encore lire les émotions sur les visages.

Issu du machine learning, le deep learning est une intelligence artificielle indiquant un apprentissage plus profond.

Il s’appuie sur un cerveau synthétique inspiré de celui des humains. Ce réseau de neurones comporte des centaines de « couches » de neurones. Chacune d’entre elles reçoit et traduit les informations de la couche antérieure.

Désormais, de nombreuses tâches complexes peuvent être complètement automatisées. Grâce à cette forme d’apprentissage, la machine s’affranchit des règles préétablies de la programmation et apprend par elle-même. Notons que pour l’instant, il n’y a que des IA faibles, plus d’un chercheur estime que la version forte de la technologie verra bientôt le jour .

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Philosophe@Conscience. "Nous sommes ce que nous faisons répétitivement. L'excellence, donc, n'est pas un acte. C'est une habitude." Aristote

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