Après une accalmie estivale, les taux de crédit immobilier repartent à la hausse depuis la mi-août 2026. En cause: l’OAT à 10 ans, qui a franchi la barre des 4 % pour la première fois depuis un an.

Juin et juillet avaient offert une pause bienvenue aux futurs emprunteurs, avec des taux quasiment figés d’un mois sur l’autre. Cette parenthèse s’est refermée à la mi-août, et la remontée se confirme à la rentrée.
📝 L’essentiel à retenir :
- Chez CAFPI, le taux moyen obtenu sur 20 ans est passé de 3,35 % au deuxième trimestre à 3,43 % en septembre 2026, une hausse de 8 points de base portée par la remontée de l’OAT à 10 ans.
- L’OAT à 10 ans, taux de référence pour les crédits immobiliers, se situait à 3,3 % en septembre 2025. Elle atteint désormais 4,1 %, soit 0,8 point de plus en un an.
- Chez Meilleurtaux, le meilleur taux sur 20 ans atteint 3,10 % début septembre, après deux mois de juin et juillet marqués par une quasi-stabilité.
Dans cet article :
La fin d’une parenthèse estivale
Selon le baromètre de CAFPI, le taux moyen obtenu sur 20 ans est passé de 3,35 % au deuxième trimestre 2026 à 3,43 % en septembre, soit une hausse de 8 points de base. Sur 15 ans, la progression est plus limitée, de 3,20 % à 3,23 %. Sur 25 ans, elle atteint également 8 points de base, de 3,45 % à 3,53 %. Le courtier évoque une « remontée graduelle » depuis la mi-août, après une « parenthèse estivale » restée stable en juin et juillet. Chez Meilleurtaux, le meilleur taux constaté sur 20 ans début septembre s’établit à 3,10 %, et à 3,00 % sur 15 ans pour les dossiers les plus solides.
L’OAT à 10 ans, ce baromètre que peu d’emprunteurs surveillent
Derrière cette hausse se cache un indicateur peu connu du grand public: l’obligation assimilable du Trésor à 10 ans, ou OAT 10 ans, la référence sur laquelle les banques s’appuient pour fixer le prix de leurs crédits immobiliers. En septembre 2025, elle se situait à 3,3 %. Un an plus tard, elle a franchi la barre symbolique des 4 %, portée par une inflation qui reste au-dessus des objectifs de la Banque centrale européenne et par le climat budgétaire français des derniers mois. Chaque dixième de point gagné par l’OAT se répercute, avec quelques semaines de décalage, sur les taux proposés aux particuliers.
Pourquoi ce rebond surprend autant
Après le pic de 2023-2024, les taux avaient entamé une longue décrue qui avait fini par ancrer, chez de nombreux candidats à l’achat, l’idée d’une amélioration continue. Les courtiers eux-mêmes évoquaient plutôt, en ce début d’année 2026, une stabilisation « à un niveau raisonnable » plutôt qu’une nouvelle baisse. C’est peu ou prou ce qui s’est produit tout le printemps, avant que l’été ne prolonge cette accalmie. La remontée de la rentrée referme donc une fenêtre que beaucoup pensaient encore ouverte, ce qui explique en partie pourquoi la question d’acheter maintenant ou d’attendre revient aussi régulièrement dans les recherches des futurs propriétaires.
Ce que ça change concrètement pour un emprunt
Sur un prêt de 200 000 euros remboursé en 20 ans, passer d’un taux de 3,35 % à 3,43 % représente environ 8 euros de mensualité en plus, soit près de 2 000 euros sur la durée totale du crédit. Un montant qui reste raisonnable à l’échelle d’un projet immobilier, mais qui pèse davantage pour les dossiers déjà tendus au niveau du taux d’endettement. C’est aussi un rappel utile: le rapport de force entre acheteurs et vendeurs évolue selon les mois, et la période estivale reste souvent la plus propice à la négociation, taux ou pas.
Les précautions à prendre avant de signer
Face à cette remontée, comparer les offres devient encore plus déterminant qu’en période de baisse continue. Les nouvelles règles bancaires en vigueur imposent déjà davantage de transparence sur le coût total d’un crédit, et le choix de sa banque, en ligne ou traditionnelle, peut faire une vraie différence sur les frais annexes. Pour les acheteurs tentés par des montages alternatifs, mieux vaut aussi connaître les pièges de la location-accession avant de s’engager, plutôt que de les découvrir après signature.
Reste à savoir si cette remontée se poursuivra à l’automne ou si elle marque, comme en juin, un nouveau palier de stabilisation. Les prochains relevés mensuels des courtiers donneront la tendance.
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