La campagne Refund4Freedom relance le débat sur la licence Windows imposée avec chaque PC neuf. Voici comment engager une demande de remboursement, constructeur par constructeur.

Si vous achetez un PC neuf avec Windows 11 déjà en place, ce n’est pas un geste gratuit du constructeur : vous avez payé pour une licence Windows, que vous ayez ou non l’intention de vous en servir. Ce mécanisme, connu depuis longtemps, revient sur le devant de la scène grâce à Refund4Freedom, une campagne portée conjointement par l’Italian Linux Society et la Free Software Foundation Europe. L’objectif est d’aider les acheteurs à récupérer l’argent d’une licence qu’ils n’utiliseront jamais ; un montant qui peut atteindre 150 euros selon les cas.
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Pourquoi cette licence figure dans le prix, même sans être utilisée ?
Le mécanisme repose sur les licences OEM, vendues par Microsoft directement aux fabricants d’ordinateurs à un tarif inférieur à celui d’une version achetée séparément en magasin. Ce coût est ensuite intégré au prix final du PC. En clair, l’acheteur ne règle jamais Microsoft directement, mais rembourse indirectement le fabricant, qu’il s’agisse de Dell, HP, Lenovo ou un autre acteur du marché.
Ce sujet redevient sensible, car ces licences ont vu leur tarif grimper récemment. Selon plusieurs relais spécialisés, Microsoft aurait augmenté ses frais de licence OEM de 7 à 10 % depuis juillet 2026, une hausse qui s’ajoute à celle déjà observée sur la mémoire RAM et les SSD ces derniers mois. Pour les personnes qui prévoient de basculer immédiatement sur Linux ou un autre système, cette dépense supplémentaire devient difficile à justifier.
La marche à suivre pour demander un remboursement
Avant toute chose, il est essentiel de ne pas réinitialiser ni formater le disque dur avant d’avoir entamé la démarche, sous peine de compromettre la demande.
La première étape consiste à conserver une preuve des clauses de remboursement inscrites dans le contrat de licence utilisateur final, généralement accessible dès le premier démarrage de l’appareil. Il faut ensuite contacter le service client du fabricant par écrit, par e-mail ou messagerie, afin de garder une trace de tous les échanges en cas de litige ultérieur.
Le site Refund4Freedom met à disposition des modèles de formulaires pour faciliter cette démarche. Ils sont calibrés pour le marché italien, mais un chatbot IA peut rapidement vous aider à l’adapter à votre pays de résidence.
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Des politiques très inégales selon les constructeurs
Toutes les marques ne traitent pas ces demandes de la même façon. Acer et Lenovo disposent d’une procédure de remboursement établie, bien que Lenovo exige généralement l’envoi de l’appareil complet vers un centre d’assistance. Asus proposerait également une solution, mais celle-ci resterait peu documentée et accessible surtout aux acheteurs italiens, avec un délai de trente jours après le premier démarrage pour décliner la licence. Dell et HP, en revanche, ne disposent d’aucune procédure dédiée à ce jour, Dell orientant plutôt les clients mécontents vers un retour complet de l’appareil.
Côté montants récupérés, les retours d’expérience varient sensiblement. Certains utilisateurs affirment avoir obtenu jusqu’à 150 euros chez Acer, frais de justice inclus, tandis que la moyenne des remboursements se situerait plutôt autour de 50 à 60 euros dans la majorité des cas rapportés.
Un droit reconnu, mais une application encore floue
En Europe, ce type de démarche s’appuie sur un cadre juridique relativement solide, porté notamment par la directive sur les droits des consommateurs. Dès 2016, la Cour de justice de l’Union européenne avait déjà tranché que vendre un ordinateur avec un système d’exploitation préinstallé n’était pas illégal en soi, à condition que l’acheteur en soit clairement informé et puisse trouver ailleurs un modèle équivalent sans logiciel préinstallé.
Le remboursement de la seule licence reste néanmoins une bataille menée au cas par cas. La jurisprudence la plus favorable aux consommateurs provient principalement d’Italie, où plusieurs particuliers ont obtenu gain de cause devant la justice.
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