Chrome a désactivé uBlock Origin, mais l’extension continue de fonctionner parfaitement sur un autre navigateur basé sur la même technologie. Voici comment, et pourquoi personne n’en parle vraiment.

Depuis que Chrome a commencé à désactiver les extensions de blocage de publicité les plus populaires, la question revient sans cesse : existe-t-il un moyen de garder son bloqueur de publicité complet sans quitter un navigateur basé sur Chromium ? La réponse existe déjà, et elle vient d’un concurrent direct de Google : Brave.
📝 L’essentiel à retenir :
- Brave héberge lui-même uBlock Origin et d’autres extensions Manifest V2 sur ses propres serveurs, en dehors du Chrome Web Store.
- Les extensions Manifest V2 seront totalement retirées du Chrome Web Store le 31 août 2026.
- Firefox, de son côté, a conservé une fonctionnalité technique clé qui permet à uBlock Origin de tourner sans aucune limitation.
Dans cet article :
Ce qui disparaît vraiment sur Chrome
Le nouveau standard technique Manifest V3, imposé par Google, limite drastiquement le nombre de règles de filtrage qu’une extension peut charger en même temps. Résultat, uBlock Origin dans sa version complète ne peut plus fonctionner normalement sur Chrome depuis la version 138 du navigateur, sortie en juillet 2025. Les extensions Manifest V2 encore installées continuent de tourner pour l’instant, mais elles seront totalement retirées du Chrome Web Store le 31 août 2026. Microsoft suit la même trajectoire sur Edge, avec un retrait qui démarre en août 2026 sur le canal Canary, pour une transition complète prévue avant la fin de l’année.
Seule alternative proposée par Google aux utilisateurs de Chrome : uBlock Origin Lite, une version allégée et compatible avec Manifest V3. Problème, son propre créateur reconnaît qu’elle offre des capacités de filtrage nettement réduites par rapport à l’originale.
Le tour de passe-passe technique de Brave
Brave utilise pourtant le même moteur que Chrome, Chromium. Il aurait donc dû subir exactement les mêmes restrictions. Sauf que l’entreprise a choisi une solution simple sur le papier : héberger elle-même les extensions Manifest V2 comme uBlock Origin sur ses propres serveurs, en dehors du Chrome Web Store, qui lui reste soumis aux règles de Google.
Contrairement à Edge, Brave continue de prendre en charge uBlock Origin. Nous hébergeons uBlock Origin et d’autres extensions Manifest V2 sur nos propres serveurs pour que nos utilisateurs puissent continuer à les utiliser.
C’est le message que Brave a lui-même publié pour expliquer sa démarche. Concrètement, il suffit d’aller dans les paramètres du navigateur, section Extensions, puis Manifest v2 extensions, pour activer uBlock Origin dans sa version complète, exactement comme avant. Brave n’a communiqué aucune date de fin pour ce support, précisant seulement qu’il continuera tant que Google le permettra techniquement. Une manière élégante de contourner la décision de Google sans avoir à changer de moteur de navigateur.

Firefox tient le même pari, autrement
Firefox, qui compte encore plus de 203 millions d’utilisateurs actifs malgré une part de marché réduite, n’a même pas eu besoin de ce genre de contournement. Son moteur, Gecko, est totalement indépendant de Chromium. Mozilla a donc pu conserver dans sa propre version de Manifest V3 une fonctionnalité appelée webRequestBlocking, qui permet aux extensions d’intercepter le trafic réseau en temps réel, exactement ce dont uBlock Origin a besoin pour fonctionner sans compromis.
| Navigateur | Support d’uBlock Origin complet |
|---|---|
| Chrome | Non, retrait total le 31 août 2026 |
| Edge | Non, retrait progressif à partir d’août 2026 |
| Brave | Oui, via hébergement propre des extensions |
| Firefox | Oui, nativement grâce à son moteur indépendant |
Ce que ça change concrètement pour vous
Si vous restez sur Chrome, il ne reste plus grand-chose à faire à part se tourner vers uBlock Origin Lite et accepter un filtrage moins précis, ou explorer comment transférer facilement ses mots de passe et favoris vers un autre navigateur. Si la question de la vie privée et de ce que les grandes plateformes savent de vous vous préoccupe déjà, ce dossier des extensions est un bon indicateur supplémentaire de la direction que prend chaque navigateur. Brave et Firefox n’ont pas la même approche technique, mais les deux ont fait le choix de protéger un usage que Google, lui, a clairement décidé de sacrifier.
BuzzWebzine est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






