Un peu comme Wine pour Windows, le projet Darling veut permettre d’exécuter des applications macOS, puis iOS, directement sur Linux. Voici ce qu’il en est concrètement.

Faire tourner des logiciels Windows sur Linux grâce à Wine est une pratique connue de longue date. Un développeur tchèque s’est lancé dans un défi similaire, mais pour l’écosystème d’Apple, avec un projet baptisé Darling. Alors que Linux regagne du terrain auprès du grand public, notamment grâce à l’essor du jeu vidéo sur l’OS, Darling pourra sans doute séduire les derniers utilisateurs encore attachés à leurs logiciels macOS.
Dans cet article :
Comment fonctionne cette couche de compatibilité
Darling se présente comme l’équivalent de Wine, mais pour macOS. Le logiciel est libre, gratuit, et respecte les conditions d’utilisation d’Apple. Concrètement, il ne se contente pas d’émuler du matériel comme le ferait une machine virtuelle classique, il réimplémente directement les bibliothèques et frameworks utilisés par les applications macOS, ce qui permet à ces dernières de s’exécuter nativement sur le noyau Linux, sans hyperviseur ni image disque volumineuse.
Cette approche s’appuie sur Darwin, la base Unix open source qui sert de fondation à macOS et iOS. Le développeur à l’origine du projet, Luboš Doležel, a toujours revendiqué n’avoir effectué aucun travail de rétro-ingénierie sur les produits Apple. Il se serait uniquement appuyé sur les parties de Darwin publiées librement. Cette approche permet à Darling de rester dans un cadre légal clair, sans empiéter sur les licences propriétaires d’Apple.
VOIR AUSSI : Linux : 7 raisons économiques pour lesquelles les gens l’aiment
Un projet encore limité aux outils en ligne de commande…
Malgré des débuts remontant à 2012, Darling reste aujourd’hui un projet réservé aux développeurs et aux utilisateurs les plus expérimentés. Le logiciel doit encore être compilé manuellement sur un ordinateur 64 bits équipé d’au moins 4 Go de RAM et du noyau Linux 5.0 ou supérieur, une étape qui reste hors de portée du grand public.
La compatibilité avec les applications dotées d’une interface graphique demeure très limitée à ce stade. Le projet fonctionne nettement mieux avec les programmes en ligne de commande. ll propose seulement depuis peu une prise en charge expérimentale des applications graphiques les plus simples. Une utilisation courante consiste par exemple à installer Homebrew ou à compiler un programme basique via le compilateur Clang d’Apple, plutôt que d’espérer faire tourner des logiciels complexes comme Final Cut Pro ou GarageBand.
… mais un objectif à terme bien plus ambitieux
L’ambition du projet dépasse largement macOS. Les développeurs de Darling espèrent, à terme, assurer également la compatibilité avec les applications iOS. Un objectif qui, s’il se concrétise, pourrait transformer n’importe quelle distribution Linux en un système capable d’exécuter une grande diversité de logiciels, qu’ils viennent de l’écosystème Apple ou d’ailleurs.
L’équipe évoque aussi une piste encore plus lointaine, celle d’exécuter des applications iOS directement sur des appareils fonctionnant sous architecture ARM, une catégorie qui inclut la grande majorité des smartphones Android actuels. Cette perspective reste cependant conditionnée à des années de développement supplémentaire puisque le projet avance à un rythme relativement lent depuis sa création.
BuzzWebzine est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






