Les mises en vente de résidences secondaires ont fortement augmenté depuis le début de l’année 2026 en France. En cause : une surtaxe qui pousse de nombreux propriétaires à vendre avant qu’elle ne s’applique.

Le marché des résidences secondaires connaît un mouvement inhabituel cette année. Face à une fiscalité locale de plus en plus lourde dans certaines communes, une partie des propriétaires préfère vendre maintenant plutôt que d’attendre l’entrée en vigueur de nouvelles surtaxes.
📝 L’essentiel à retenir :
- La France compte environ 3,6 millions de résidences secondaires, soit près de 10 % du parc immobilier total.
- Certaines communes en zone tendue peuvent majorer la taxe d’habitation sur les résidences secondaires jusqu’à 60 %.
- La loi Le Meur impose depuis mai 2026 un numéro d’enregistrement national pour les meublés de tourisme, renforçant le contrôle des mairies.
Dans cet article :
Une pression fiscale qui redistribue les cartes
Depuis un décret d’août 2023, 3 697 communes situées en zone tendue, c’est-à-dire les agglomérations où l’offre de logements est nettement inférieure à la demande, peuvent appliquer une surtaxe sur la taxe d’habitation des résidences secondaires. Une mesure pensée pour inciter les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché, à la vente comme à la location longue durée.
Un second levier réglementaire vient s’ajouter
En parallèle, la loi Le Meur, entrée pleinement en application le 20 mai 2026, encadre plus strictement les meublés de tourisme : numéro d’enregistrement national obligatoire, abattements fiscaux réduits, et possibilité pour les maires de fixer des quotas ou de suspendre certaines autorisations de location saisonnière.
Des propriétaires qui anticipent plutôt que de subir
Face à ce double mouvement fiscal et réglementaire, de nombreux propriétaires ont choisi de mettre leur bien en vente avant l’entrée en vigueur complète de ces dispositifs, plutôt que d’attendre une éventuelle décote liée à une fiscalité alourdie.
Des acheteurs étrangers qui profitent de la situation
Ce contexte crée une distorsion notable : les acheteurs étrangers, notamment britanniques, allemands et suisses, ne sont pas soumis aux mêmes contraintes fiscales que les résidents français, ce qui leur permet de profiter de prix parfois plus attractifs sur des biens auparavant peu accessibles.
Un changement de profil chez les acheteurs
Un mouvement qui coïncide d’ailleurs avec la période où les prix des hébergements touristiques flambent eux aussi en Espagne voisine, signe d’un été où l’immobilier de loisir occupe une place particulière. Autre évolution notable révélée par l’observatoire du marché : près de trois acheteurs français de résidences secondaires sur quatre envisagent aujourd’hui d’y vivre à terme à titre principal. La résidence secondaire n’est ainsi plus un simple achat de loisir, mais devient pour beaucoup une étape patrimoniale pensée en amont d’une future installation, notamment à l’approche de la retraite.
Ce que cela signifie pour les acheteurs actuels
Dans ce contexte de mises en vente accélérées, les professionnels recommandent une vigilance particulière : la précipitation de certains vendeurs peut aussi masquer des défauts techniques qu’il convient d’identifier avant la signature, un principe qui rejoint les conseils donnés plus généralement aux acheteurs sur le marché immobilier de cet été, où la négociation reprend une place centrale dans la quasi-totalité des transactions. Un arbitrage patrimonial qui s’ajoute à d’autres réflexes financiers de la saison, entre la chasse à l’argent oublié sur les vieux comptes et les bonnes pratiques pour mieux gérer son budget avant un projet immobilier de cette ampleur.
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