Depuis que les IA sont en mesure de générer tout et rien en partant d’un simple texte, la frontière entre le faux et le vrai s’est érodée. La concrétisation est encore plus dramatique, avec la masse de contenus générés à l’IA qui inonde le web. C’est l’AI slop.

Sur YouTube, l’on rencontre de plus en plus de vidéos chrétiennes générées par l’IA : une fausse image de Jésus, des personnages bibliques grotesques… Sur TikTok, le phénomène est encore plus profond, avec des animaux dans un bateau, des animaux parlant ou encore des musiques portées par des artistes qui n’ont ni chair ni os. De telles créations inondent le web en masse, noyant les vraies informations. Malheureusement, le phénomène ne cesse de monter en puissance : c’est ce ce que les américains ont désigné par “AI slop” ou “bouillie d’IA”.
Dans cet article :
Quand l’attention est exploitée par les aglorithmes
Bien avant l’arrivée de l’intelligence artificielle, les vidéos d’animaux rencontraient un succès impressionnant sur les réseaux sociaux. Avec cette technologie, l’attention que drainent ces êtres vivants est massivement exploitée et alimentée avec des vidéos générées à l’IA mettant en scène des animaux auxquels divers traits sont prêtés. Faux Jésus en crevette, petite fille tenant un chiot dans ses bras, des animaux dans un bateau tanguant… le contenu produit avec l’IA est diffusé en masse sur les réseaux sociaux. Il suffit en effet de quelques clics pour en générer tout et n’importe quoi, des vidéos aux chansons en passant par des images. Tous ces contenus artificiels sont ensuite diffusés pour nourrir une économie de l’attention.
Selon les statistiques de Napolify, 52% des contenus sur TikTok intègre « un élément d’IA, qu’il s’agisse d’un filtre, d’une voix off ou d’un avatar entièrement créé par l’IA ». Sur YouTube, les données de The Guardian révèlent que neuf des chaînes avec la plus rapide croissance en 2025 diffusent des vidéos générées par IA. Ces dernières touchent à tous les domaines, des matchs fictifs aux musiques d’artistes fictifs.
Le groupe The Velvet Sundown avait par exemple connu un succès immense sur Spotify avec ses morceaux. Ce n’est que longtemps après que l’on découvre qu’il s’agissait en réalité d’œuvres générées par IA.
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Les frontières entre la vraie et la fausse information s’érode
L’AI slop ne touche pas uniquement le secteur du divertissement. Il constitue une menace existentielle pour la qualité de l’information. Les plateformes qui hier encore étaient sources d’informations croisées et vérifiées doivent aujourd’hui lutter constamment contre l’afflux des articles générés, parsemés d’erreurs grossières et de plagiat. Il s’agit là de la principale raison pour laquelle Clarkesworld, magazine de science-fiction, avait suspendu les soumissions de manuscrits en 2024.
Pendant cette même année, de nombreuses images d’enfants générées par IA et présentées comme victimes de la catastrophe Helene avaient massivement circulé sur les réseaux sociaux. Elles ont déjà été partagées par des millions d’utilisateurs avant que l’AFP et d’autres médias ne dévoilent la supercherie. Malheureusement, ces derniers ne seront pas toujours là pour chasser les informations trompeuses qui influencent la perception des utilisations.
Selon les études, un trop plein d’AI slop n’est pas sans conséquences sur l’humain. En plus d’altérer la psychologie, il dégrade la confiance et la qualité de l’univers médiatique. De même, ces contenus fragilisent les créateurs humains. Les créations d’IA drainant du monde sont relayées par les algorithmes, incapables de distinguer un contenu original d’une production artitificielle. En conséquence, le travail de vidéastes, photographes et autres professionnels tombent dans l’ombre.
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Comment les plateformes luttent contre l’AI slop ?
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses mesures sont en train d’être prises pour limiter la visibilité de ces contenus. diVine, autrefois Vine, a par exemple décidé de ne pas autoriser les vidéos générées par IA. TikTok, pour sa part, va permettre aux utilisateurs de cacher ces contenus. X, quant à lui, possède les notes de la communauté qui permettent de dénoncer le faux présenté comme vrai. Toutefois, ce dernier agit souvent lorsque de nombreuses personnes y ont déjà mordu.
Pour l’heure, aucune de ces mesures n’est assez efficace. La meilleure des solutions reste encore la vigilance et la vérification. Et cela revient à l’utilisateur.
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