La sixième saison de Slow Horses est de sortie sur Apple TV. Ce thriller d’espionnage anglais casse les codes du genre avec brio et cela mérite que l’on s’y intéresse. Voici pourquoi !

Loin de ce qu’est devenu Netflix, toujours plus de séries TV, Apple TV a construit sa réputation sur un catalogue resserré et soigné. On peut citer notamment des titres tels que For All Mankind, Ted Lasso ou encore Severance. Slow Horses appartient sans aucun doute à cette même catégorie. La série d’espionnage britannique, adaptation cinématographiques des romans de Mick Herron, vient d’entamer sa sixième saison. Elle a commencé sa diffusion depuis et se poursuivra jusqu’à mercredi 21 octobre. Voici pourquoi elle mérite qu’on s’y attarde, même pour ceux qui pensent avoir fait le tour du genre.
Dans cet article :
Des espions ratés, loin des clichés du genre
De son titre original La maison des tocards, le premier roman sorti en 2010 par le britannique résume à lui seul toute la série. On y suit des agents disgraciés du MI5, le service de renseignement intérieur britannique. Plutôt que de les licencier, après qu’ils aient commis une faute grave durant une mission, afin de mériter un renvoi pur et simple, le MI5 les relègue dans un bâtiment miteux baptisé Slough House. C’est ce dernier qui donne son nom original à la série : un jeu de mots entre le nom de cette annexe et l’adjectif anglais désignant leur lenteur, leur médiocrité supposée.
À la tête de ce groupe de ratés, nous avons Jackson Lamb, porté par un Gary Oldman totalement métamorphosé. Cheveux gras, tenues négligées, grossièreté assumée, l’homme cumule tous les défauts de l’antihéros par excellence. Un style très différent de ce que nous connaissons de l’espion glamour façon James Bond ou Jason Bourne. Et pourtant, derrière cette apparence négligée se cache un esprit bien intelligent, capable de débusquer mensonges et complots avec une facilité déconcertante. Fin manipulateur certes, mais avec une loyauté certaine envers son équipe, Lamb est à lui seul une raison suffisante de se plonger dans la série.
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Une galerie de personnages cassée, et c’est tant mieux
Contrairement à plusieurs autres séries TV d’espionnage qui misent sur des agents surpuissants et infaillibles, Slow Horses met en scène des agents ayant rangé au vestiaire leurs gadgets, leurs cascades et le prestige de leur ancien statut. Maintenant, ils ne sont qu’avec leurs névroses, leurs rancunes et leurs lâchetés. Bref, tout ce qu’ils ont accumulé au fil des années. Exit également le glamour classique du genre, avec ses missions qui se terminent en soirée mondaine : ici, l’espionnage sent la sueur, la poussière et l’huile de vidange.
Au-delà de cette approche décalée, l’humour est présent, souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Roddy Ho, l’informaticien de Slough House à l’arrogance insupportable, ou Shirley Danter, jeune agente aussi impulsive avec un flingue qu’avec ses mots, contribuent grandent à l’atmosphère, entre noirceur et dérision britannique.
Kristin Scott Thomas apporte aussi une dimension supplémentaire à tout cela. Dans le rôle de Diana Taverner, la cheffe du MI5, froide, élégante et redoutablement stratège, est un contrepoids parfait à l’anarchie de l’équipe de Lamb.
Une mécanique de production qui force le respect
Slow Horses est l’une des choses qui se font le mieux aujourd’hui en matière de streaming. Alors que de nombreuses plateformes n’hésitent plus à arrêter des séries après une ou deux saisons, Apple TV a pris le contre-pied absolu en annonçant déjà une huitième saison, en plus d’une septième déjà commandée et déjà tournée. La huitième se basera sur Clown Town, le neuvième et dernier roman en date de la saga littéraire de Mick Herron.
La saison 6 actuellement diffusée puise elle-même dans deux romans distincts, Joe Country et Slough House. La saison 7, quant à elle, prévue pour 2027 adaptera Bad Actors. Le format resserré de six épisodes par saison permet à la production de maintenir un rythme de sortie particulièrement soutenu. Un exemple que l’on trouve très peu dans la sphère des séries TV qui mettent environ trois à cinq ans entre les saisons.
Chaque saison peut se regarder de façon relativement indépendante, car les intrigues varient d’un enlèvement orchestré par un groupe d’extrême droite à des révélations sur le passé d’un ancien espion, en passant par une enquête menée jusqu’en France. Toutefois, suivre l’ensemble dans l’ordre reste recommandée, chaque personnage se dévoilant progressivement au fil des saisons, dans une construction narrative qui gagne en profondeur avec le temps.
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