Le serpent des blés, très connu en terrariophilie, risque de devenir endémique en France, et on vous explique pourquoi.

Dans cet article :
Le serpent des blés, la star des terrariums
En terrariophilie (passion du terrarium), il y a plusieurs animaux et reptiles qu’il est possible d’avoir sans autorisation (certificat de capacité). C’est le cas de certains serpents et animaux jugés « pour débutants » dans le monde extraordinaire des reptiles et des NAC (nouveaux animaux de compagnie).
Et donc, parmi les serpents pour débutants, il y a la star des terrariums. Avec le python royal, le serpent des blés (Pantherophis guttatus) est l’un des serpents les plus adoptés parmi les amateurs de reptiles. C’est souvent avec lui qu’on commence la terrariophilie.
Et, maintenant, les experts reproduisent cette espèce depuis des générations et des générations en captivité, ce qui a rendu l’espèce très docile envers l’humain.

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Ce que vous devez savoir sur cet animal
La « gutt », de son petit nom pour les puristes, est effectivement connue pour être très gentille et curieuse (la mienne est capable d’ouvrir une fenêtre coulissante, uniquement en me regardant faire…).
C’est un serpent constricteur, c’est-à-dire qu’il mange des rongeurs qu’il va venir étouffer en s’enroulant auteur d’eux afin de les manger. Donc, ce n’est pas un serpent venimeux et il n’est pas dangereux. D’ailleurs, les gutt ne sont pas connues pour mordre souvent les humains, c’est très rare.
Néanmoins, malgré son bon caractère, elle est très vive et peut impressionner. Elle va très vite pour se déplacer, elle se faufile un peu partout, et elle peut quand même mesurer entre 1m20 et 1m50 (sachant que le plus long jamais vu était 1m80). La femelle est plus grande.
Bien que le serpent des blés soit fin de corps, il est donc assez long. En France, c’est la couleuvre de Montpellier qui est la plus grande avec ses 2 m de long. Eh bien, le serpent des blés, qui est également une couleuvre, risque bien de venir lui faire de l’ombre.

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Cette couleuvre, de plus en plus abandonnée dans la nature en France
Pour cause, depuis quelques années, de nombreux animaux s’exportent en France. D’une part, certains arrivent dans le pays via des cargaisons de marchandises d’autres pays. Et, finalement, certains animaux deviennent même endémiques chez nous, tant le climat se retrouve favorable avec le réchauffement climatique. C’est le cas du frelon asiatique ou encore du moustique tigre.
Du côté du serpent des blés et d’autres stars de terrariophilie, cela peut aussi arriver si les conditions sont favorables et si… ces animaux sont relâchés dans la nature. On pourrait se dire que cela n’arrive pas, et pourtant, de nombreux serpents comme le serpent des blés ou le python royal s’échappent ou sont relâchés dehors.
Oui, il faut réfléchir avant d’adopter un reptile !
Non seulement les serpents sont les stars de l’évasion, mais des centaines d’entre eux seraient abandonnés dans la nature par leurs maîtres. Entre trafics d’animaux, et maltraitance animale, ces animaux nés en captivité n’ont pas forcément les clés pour survivre à l’état naturel désormais. Mais, certains y arrivent.
C’est pour cela que vous voyez autant d’articles du genre « ils ont trouvé un serpent d’un mètre dans un appartement ». Car oui, de nombreux maîtres de serpents les laissent s’échapper ou les abandonnent. Il faut vraiment réfléchir avant d’adopter ce type d’animal qui peut vivre entre 8 et 30 ans. Non, il ne faut pas adopter un serpent « parce que c’est cool », mais « c’est moins cool » deux ans après.

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Un serpent qui pourrait devenir endémique en France ?
Le serpent des blés est originaire du sud des USA et du Mexique. Même si le climat n’est pas le même qu’en France, le serpent des blés s’est très bien adapté à nos saisons grâce à la captivité. Beaucoup d’éleveurs mal renseignés les élèvent sans thermostat et sans les températures adéquates (de 20 à 29), ce qui pousse le serpent à s’adapter aux températures françaises.
Le serpent des blés est très adaptatif, non seulement aux erreurs de températures, mais aussi aux environnements (il aime autant la forêt, que le marécage, que les zones urbaines).
Donc oui, hormis pour ce qui est de l’hiver (qui risque d’être fatal pour de nombreux serpents des blés relâchés en France), le serpent des blés peut s’adapter à une vie naturelle en France, surtout au printemps et en été.

Maintenant, les trois paramètres qui peuvent endiguer son expansion chez nous sont : les températures, justement trop froides en hiver ; il est non adapté à la vie dans la nature et donc risque de se faire manger par des prédateurs (qu’il n’a pas dans un terrarium) ; et pour devenir endémique, il doit se reproduire.
Cela veut dire qu’un serpent mâle doit rencontrer un serpent femelle de la même espèce. Pas sûr que les trois paramètres puissent être remplis, permettant qu’il devienne un animal adapté à la France. On imagine que si les serpents des blés allaient se cacher dans les maisons en hiver, ce pourrait être possible.
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Un commentaire
Bonjour,
Je pense qu’il y a un problème de vocabulaire. Endémique signifie qu’une espèce n’existe à l’état naturel que dans une seule zone spécifique. Comme de nombreuses espèces sur les îles comme à Madagascar ou en Australie, d’où la forte protection de leurs espèces par cette dernière. Dans le cas du serpent des blés, cela deviendrait une espèce exotique qui se reproduit en France, potentiellement exotique envahissante si elle impacte les espèces locales, mais elle ne peut par définition devenir endémique puisqu’elle est exotique et largement représentée dans son pays d’origine.