Certaines grossesses deviennent des combats et empêche de vivre normalement… L’hyperémèse gravidique est une pathologie encore méconnue qu’il ne faut pas minimiser.

L’hyperémèse gravidique est une complication de la grossesse encore trop méconnue, souvent réduite à de simples “nausées de grossesse”. Pourtant, cette pathologie va bien au-delà des désagréments habituels du premier trimestre. Vomissements incoercibles, perte de poids, déshydratation, épuisement physique et moral… Pour les femmes concernées, le quotidien peut rapidement devenir invivable. Voici un article complet pour comprendre ce qu’est réellement l’hyperémèse gravidique, reconnaître les symptômes, connaître les causes possibles et les solutions de prise en charge.
Dans cet article :
Qu’est-ce que l’hyperémèse gravidique ?
L’hyperémèse gravidique est une forme extrême de nausées et de vomissements survenant pendant la grossesse. Contrairement aux nausées classiques, elle est persistante, intense et invalidante, au point d’empêcher la femme enceinte de s’alimenter et de s’hydrater correctement.
On estime qu’elle touche environ 0,3 à 2 % des grossesses, mais son impact est souvent sous-estimé. Dans les cas les plus sévères, une hospitalisation est nécessaire pour éviter des complications maternelles et fœtales.
Hyperémèse gravidique ou nausées de grossesse : quelle différence ?
Les nausées et vomissements de grossesse (NVG) sont fréquents, surtout au premier trimestre. L’hyperémèse gravidique s’en distingue par :
- des vomissements répétés et incontrôlables, parfois plusieurs dizaines de fois par jour ;
- une perte de poids significative (souvent supérieure à 5 % du poids initial) ;
- une déshydratation avec déséquilibres électrolytiques ;
- une fatigue extrême et un retentissement psychologique important.
Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’un manque de tolérance à la grossesse ni d’un problème “psychologique”.
Quels sont les symptômes de l’hyperémèse gravidique ?
Les manifestations varient d’une femme à l’autre, mais les signes les plus fréquents sont :
- nausées continues, présentes toute la journée ;
- vomissements incoercibles, même à jeun ;
- incapacité à garder aliments et liquides ;
- perte de poids rapide ;
- signes de déshydratation (bouche sèche, urines foncées, vertiges) ;
- maux de tête, étourdissements ;
- fatigue intense, faiblesse musculaire ;
- isolement social, anxiété, voire symptômes dépressifs.
Chez certaines femmes, les symptômes persistent bien au-delà du premier trimestre, parfois jusqu’à l’accouchement.

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Quelles sont les causes de l’hyperémèse gravidique ?
À ce jour, il n’existe pas une cause unique clairement identifiée. Plusieurs facteurs sont toutefois impliqués.
Les hormones de grossesse
L’augmentation rapide de l’hormone hCG (gonadotrophine chorionique), particulièrement marquée au premier trimestre, est considérée comme l’un des principaux facteurs impliqués. Des taux élevés de hCG sont fréquemment observés dans certaines situations comme les grossesses multiples ou les grossesses molaires, où le risque d’hyperémèse est plus important. Les œstrogènes pourraient également jouer un rôle en accentuant les nausées et les vomissements chez certaines femmes plus sensibles aux variations hormonales.
Les facteurs génétiques
Les femmes dont la mère ou la sœur a souffert d’hyperémèse gravidique présentent un risque plus élevé d’y être confrontées à leur tour, suggérant une possible prédisposition familiale.
Certaines grossesses spécifiques
Le risque est augmenté en cas de grossesse multiple, de grossesse molaire ou d’antécédents d’hyperémèse gravidique lors d’une précédente grossesse. Ces situations semblent associées à des modifications hormonales plus marquées.
Une hypersensibilité individuelle
Certaines femmes présentent une sensibilité accrue aux variations hormonales, aux odeurs, ou aux stimuli digestifs pendant la grossesse, ce qui peut favoriser l’intensité et la persistance des symptômes.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Le diagnostic est essentiellement clinique, basé sur l’intensité des symptômes et leur retentissement. Des examens complémentaires peuvent être réalisés pour :
- évaluer la déshydratation ;
- mesurer les déséquilibres électrolytiques ;
- vérifier l’état nutritionnel ;
- éliminer d’autres causes de vomissements (infection, pathologie digestive).
Une prise en charge précoce est essentielle pour éviter l’aggravation.
Quels sont les risques de l’hyperémèse gravidique ?
Pour la mère
Sans traitement adapté, l’hyperémèse gravidique peut entraîner :
- déshydratation sévère ;
- carences nutritionnelles (vitamines, minéraux) ;
- troubles électrolytiques ;
- fatigue chronique ;
- détresse psychologique.
Pour le bébé
Lorsqu’elle est correctement prise en charge, l’hyperémèse gravidique n’entraîne généralement pas de complications graves pour le fœtus. En revanche, une absence de suivi peut augmenter le risque de retard de croissance intra-utérin dans les formes les plus sévères.

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Quels traitements pour l’hyperémèse gravidique ?
La prise en charge est progressive et adaptée à la sévérité des symptômes.
Les mesures alimentaires
- fractionner les repas ;
- manger dès le réveil, avant de se lever ;
- privilégier les aliments froids ou tièdes ;
- éviter les odeurs déclenchantes ;
- privilégier le repos ;
- éviter les stimulis : lumière forte, téléphone, écran, etc.
Ces mesures restent souvent insuffisantes à elles seules.
Les traitements médicamenteux
Plusieurs traitements peuvent être prescrits par un médecin :
- antiémétiques ;
- antihistaminiques ;
- vitamine B6, parfois associée à d’autres molécules.
Ils sont utilisés en tenant compte de leur sécurité pendant la grossesse.
L’hospitalisation
En cas de déshydratation importante ou d’échec des traitements oraux :
- perfusions pour réhydrater ;
- apport de vitamines et minéraux ;
- nutrition entérale ou parentérale dans de rares cas.
Les conséquences de l’hyperémèse gravidique au quotidien
L’hyperémèse gravidique peut avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne des femmes concernées, bien au-delà des symptômes physiques.
Dans les formes modérées à sévères, les vomissements répétés et la fatigue intense peuvent conduire à un alitement partiel ou prolongé, rendant difficiles, voire impossibles, les gestes du quotidien. En dehors de l’impossibilité de manger, il est très difficile d’être et de rester debout, de marcher, donc les sorties sont réduites ainsi que les interactions sociales.
Sur le plan professionnel, l’hyperémèse gravidique entraîne fréquemment une incapacité temporaire de travail. De nombreuses femmes doivent bénéficier d’un arrêt de travail, parfois dès le premier trimestre, en raison de l’épuisement, des nausées permanentes ou des hospitalisations répétées.
Cette situation peut également avoir un impact psychologique et émotionnel important : sentiment de culpabilité, isolement, incompréhension de l’entourage, voire anxiété ou découragement face à une grossesse vécue dans la souffrance plutôt que dans l’attente sereine.
Dans certains cas, les contraintes physiques et mentales sont telles qu’un accompagnement médical et psychologique renforcé devient nécessaire.
Vivre avec une hyperémèse gravidique : un impact souvent sous-estimé
Au-delà des symptômes physiques, l’hyperémèse gravidique peut profondément affecter le vécu de la grossesse. Arrêt de travail prolongé, incompréhension de l’entourage, culpabilité, sentiment d’isolement… Beaucoup de femmes témoignent d’un véritable traumatisme, parfois encore présent après l’accouchement. Une prise en charge globale, incluant le soutien psychologique, est donc essentielle.
Kate Middleton a souffert d’hyperémèse gravidique lors de ses trois grossesses, avec le prince George, la princesse Charlotte et le prince Louis. Ses symptômes ont été suffisamment sévères pour nécessiter plusieurs hospitalisations, notamment en début de grossesse, ce qui avait rendu sa situation publique très tôt.
👉 Ce cas médiatisé a d’ailleurs contribué à faire connaître l’hyperémèse gravidique auprès du grand public, en montrant qu’il ne s’agit pas de simples nausées, mais d’une pathologie pouvant être très invalidante, y compris chez des femmes bénéficiant d’un suivi médical optimal.
Hyperémèse gravidique : peut-on la prévenir ?
Il n’existe pas de prévention garantie. En revanche, chez les femmes ayant déjà vécu une hyperémèse gravidique, une prise en charge très précoce dès le début de la grossesse peut parfois limiter l’intensité des symptômes et éviter les complications.
FAQ – Hyperémèse gravidique
Lorsqu’elle est prise en charge précocement, l’hyperémèse gravidique n’entraîne généralement pas de complications pour le bébé. En revanche, en l’absence de traitement, la déshydratation et la dénutrition maternelles peuvent augmenter certains risques, d’où l’importance d’un suivi médical.
Dans la majorité des cas, les symptômes s’atténuent au cours du deuxième trimestre. Toutefois, chez certaines femmes, ils peuvent persister plus longtemps, parfois jusqu’à l’accouchement.
Une hospitalisation peut être nécessaire en cas de déshydratation sévère, de perte de poids importante ou d’échec des traitements oraux. Elle permet notamment une réhydratation par perfusion et un ajustement du traitement.
Selon la sévérité des symptômes, un arrêt de travail peut être indispensable. L’hyperémèse gravidique peut rendre impossible toute activité professionnelle normale, surtout lorsque les vomissements sont continus.
L’hyperémèse gravidique n’est ni une exagération ni une fatalité à « supporter ». C’est une pathologie réelle, potentiellement sévère, qui nécessite une reconnaissance médicale et sociale. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée permettent dans la majorité des cas de protéger la santé de la mère et du bébé, tout en améliorant significativement la qualité de vie pendant la grossesse.
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