Dans une société qui valorise l’harmonie et la paix, il peut paraître sage d’éviter les conflits. Néanmoins, cette stratégie généralement instinctive peut parfois créer plus de problèmes qu’en résoudre. Voici pourquoi !

Le fait est qu’au lieu d’apaiser la situation, l’évitement du conflit peut entraîner des tensions internes, de anxiété, un sentiment d’isolement social et des problèmes relationnels. Beaucoup associent spontanément conflit à confrontation, tension ou rupture. Elles préfèrent donc s’éloigner de toute situation conflictuelle, convaincues que cela préservera la tranquillité et les relations.
Dans cet article :
L’évitement n’élimine pas la difficulté
Dans le cadre des styles de gestion des conflits décrits par le Thomas–Kilmann Conflict Mode Instrument, l’« éviter » est l’un des cinq styles possibles. Il se caractérise par une faible assertivité et une faible coopération. En effet, on fuit la confrontation plutôt que de l’affronter ou de chercher une solution.
Ce comportement peut sembler évidemment positif à première vue, mais les recherches montrent qu’il peut être maladroit sur le plan psychologique.
Des études en psychologie du développement ont montré que l’évitement des conflits entre pairs chez les enfants peut augmentation la solitude et l’anxiété sociale. Concrètement, les enfants qui évitent les disputes rapportent plus de sentiments de retrait social et moins d’ajustement psychosocial que ceux qui tentent de résoudre les désaccords.
Un comportement lié à une tendance à la dépression ?
Sur le plan clinique, la notion d’« avoidance » ou évitement expérientiel est largement documentée. Il est considéré comme un facteur contribuant à la détresse psychologique et à la rigidité émotionnelle. Une étude a montré que l’évitement expérientiel médiatise le lien entre les conflits de rôles et la détresse psychologique chez les hommes adultes. Cela suggère que ne pas confronter ses expériences internes et les situations difficiles peut augmenter le malaise psychologique.
Chez les adolescents aussi, l’évitement des émotions douloureuses ou des désaccords familiaux est lié à une augmentation des symptômes de dépression. Cela confirme qu’éviter les conflits peut, à long terme, aggraver le mal-être plutôt que l’atténuer.

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Entre l’approche et l’évitement !
Les psychologues décrivent un phénomène appelé conflit approche-évitement. C’est lorsqu’une situation où une même action offre des résultats positifs (approche) et négatifs (évitement) en même temps. Le fait de dire une vérité qui peut blesser en est un parfait exemple. Les recherches sur ces mécanismes récompense-menace montrent également que ce type de conflit est lié à des niveaux plus élevés d’anxiété et à une réponse comportementale hésitante.
Dans certaines psychopathologies, comme le trouble de stress post-traumatique (PTSD), cette dynamique est exacerbée. En effet, les individus sacrifieront même une récompense positive pour éviter une situation associée à un traumatisme. Cela montre comment l’évitement peut dominer le comportement au point d’être maladaptatif.
Certains mécanismes psychologiques à l’œuvre
En réalité, il existe certains mécanismes psychologiques qui expliquent pourquoi éviter les conflits n’est pas la meilleure stratégie.
1 – L’inhibition émotionnelle
Éviter un conflit peut signifier retenir ses émotions ou ne pas exprimer ses besoins. Cela peut mener à une activation émotionnelle chronique (stress, tension interne) qui ne se dissipe pas.
2 – La rigidité cognitive
Refuser de confronter des désaccords peut entretenir des croyances du type : « le conflit est mauvais », ou « si je dis ce que je pense, je serai rejeté ». Cette inflexibilité est un facteur de détresse émotionnelle.
3 – L’isolement social
En outre, l’évitement systématique empêche la résolution constructive des désaccords. Il peut donner lieu à des relations superficielles, une incompréhension mutuelle et une perte d’estime de soi, car les vrais besoins ne sont jamais exprimés.
A cela s’ajoute :
- une accumulation des problèmes non résolus : une tension non exprimée finit par s’installer durablement dans les relations.
- une perte de confiance en soi : ne pas affirmer son point de vue renforce la croyance que l’on n’a pas le droit d’être entendu.
- un maintien de l’anxiété : éviter le conflit laisse l’anxiété intacte ou la renforce, car aucune expérience corrective ne s’opère.
Au final, l’idéal serait d’apprendre à gérer les désaccords avec assertivité, tout en respectant ses propres émotions et celles des autres. C’est est non seulement plus constructif, mais aussi bénéfique pour le bien-être psychologique à long terme.
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