Coup de théâtre dans la bataille MiCA : Binance vient d’annoncer le retrait de sa demande d’agrément déposée en Grèce, sans dire dans quel pays européen elle va désormais tenter sa chance.

📝 L’essentiel à retenir :
- Le 24 juin 2026, Binance a annoncé sur X avoir retiré sa demande de licence MiCA déposée auprès du régulateur grec, la HCMC.
- La plateforme affirme vouloir chercher une autorisation dans un autre État membre de l’UE, sans préciser lequel pour l’instant.
- Gillian Lynch, responsable Europe et Royaume-Uni chez Binance, évoquait déjà la semaine dernière, dans un entretien à Reuters, la possibilité d’emprunter une autre voie que la Grèce.
- Ce retrait survient alors que le régulateur grec s’apprêtait, selon plusieurs sources, à rejeter la demande pour des doutes persistants sur le dispositif anti-blanchiment de Binance.
- Pour les utilisateurs français, rien ne change dans l’immédiat : le statut PSAN de Binance s’éteint toujours le 30 juin 2026, et les retraits de cryptos restent garantis.
⚠️ Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies sont des actifs volatils et risqués.
Dans cet article :
Coup de théâtre : Binance retire sa demande en Grèce
L’information est tombée ce 24 juin 2026, à quelques jours seulement de l’échéance fatidique du 30 juin. Sur son compte officiel, Binance a annoncé avoir décidé de retirer sa demande de licence MiCA déposée en Grèce, pour se tourner vers un autre État membre de l’Union européenne, sans préciser lequel.
« L’Europe reste un marché important pour Binance », a précisé la plateforme dans son communiqué, tout en affirmant rester confiante sur l’obtention d’un agrément dans les mois à venir.
Ce rebondissement confirme ce que laissait présager la bataille feutrée qui se jouait en coulisses autour de cet agrément grec, entre un régulateur sous pression et une BCE qui surveille de près l’essor des acteurs privés de la crypto.
Un retrait qui n’est pas vraiment une surprise
La semaine précédant cette annonce, Gillian Lynch, responsable Europe et Royaume-Uni chez Binance, avait déjà laissé entrevoir ce scénario dans un entretien accordé à Reuters. Elle expliquait alors chercher activement des solutions alternatives si la voie grecque ne fonctionnait pas.
Le contexte aide à comprendre cette manœuvre. Binance traîne un historique de conformité anti-blanchiment particulièrement lourd, hérité notamment de son accord avec la justice américaine en 2023, et cet historique pèse dans l’examen de chaque nouvelle demande d’agrément, où qu’elle soit déposée en Europe. Plutôt que d’attendre un rejet officiel et le délai que cela aurait imposé pour redéposer un dossier ailleurs, la plateforme a visiblement préféré reprendre la main en se retirant elle-même de la course grecque.
Le vrai jeu de chaises musicales qui commence maintenant
Reste la question que personne ne peut encore trancher : quel pays de l’Union européenne pourrait accorder à Binance ce que la Grèce n’était pas prête à lui donner ? Le principe du passeport européen veut qu’un seul agrément, obtenu n’importe où dans les 27, suffise ensuite à opérer dans toute l’Union, ce qui laisse à Binance un éventail de candidats potentiels.
Certains pays ont historiquement adopté une posture plus accueillante envers les acteurs crypto, à l’image de Malte, qui s’était positionnée dès la fin des années 2010 comme une terre d’accueil pour plusieurs grandes plateformes du secteur. Rien n’indique aujourd’hui que Binance s’y tournera spécifiquement, mais le profil de certains régulateurs plus petits, potentiellement moins en mesure de mener des investigations approfondies qu’une AMF française ou une HCMC grecque échaudée, pourrait redevenir une option étudiée en coulisses.
En attendant l’annonce officielle promise par Binance, la seule certitude reste celle du calendrier : la transition réglementaire MiCA, elle, ne bouge pas, et le 30 juin approche.

Ce que ça change concrètement pour les utilisateurs français
Sur le fond, ce retrait grec ne modifie rien à la situation immédiate des clients français de Binance. Le statut PSAN qui permettait à la plateforme d’opérer en France s’éteint toujours le 30 juin 2026, et les restrictions de services annoncées entrent en vigueur comme prévu le 1er juillet. Vos cryptos restent retirables à tout moment.
Ce qui change, c’est l’horizon : la bataille pour un agrément européen continue, mais ailleurs, et sur un calendrier que Binance ne maîtrise plus totalement. Si vous voulez sécuriser une partie de vos actifs sans attendre l’issue de ce nouveau chapitre, certaines plateformes proposent déjà des solutions de trading agréées qui peuvent servir de repli en attendant d’y voir plus clair.
Et si vous suivez ce feuilleton pour des raisons d’investissement long terme, gardez en tête que la question dépasse largement Binance : plusieurs stablecoins largement utilisés sur les grandes plateformes crypto sont eux aussi directement concernés par la manière dont l’Europe va trancher cette bataille réglementaire dans les semaines à venir.
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