Le jeûne intermittent de 16 heures pourrait favoriser la longévité ? Voici les explications de Frédéric Saldmann au sujet du repos digestif.

Et si le secret d’une meilleure longévité ne se trouvait pas uniquement dans la qualité de ce que nous mangeons, mais également dans la fréquence et le temps que nous laissons à notre corps entre deux repas ? C’est l’idée défendue par le médecin et nutritionniste Frédéric Saldmann, qui multiplie les interventions médiatiques sur les bienfaits du jeûne intermittent. Selon lui, nous vieillissons en partie par nos intestins et notre système digestif, constamment sollicités par nos habitudes alimentaires.
Le corps travaille plus qu’on ne l’imagine
Nous avons souvent l’impression que manger est un acte banal puisque nous le faisons tous les jours depuis notre naissance. Pourtant, derrière cette action se cache une véritable mobilisation de l’organisme. Chaque repas déclenche une chaîne de production biologique : plus d’une dizaine d’organes participent à la digestion, du premier coup de fourchette jusqu’à l’assimilation des nutriments dans l’intestin. Digestion, sécrétion d’enzymes, travail du foie, du pancréas, des intestins… Une grande partie de notre énergie est consacrée à traiter les aliments que nous consommons, explique Frédéric Saldmann sur TF1 Info.
Selon le médecin et cardiologue, nous ne réalisons pas à quel point le système digestif est sollicité du matin au soir. Entre le petit-déjeuner, les collations, le déjeuner, le goûter et le dîner, certaines personnes passent presque toute la journée en phase de digestion. Le médecin compare cette situation à des « heures supplémentaires » imposées à l’organisme.
Pour lui, cette sollicitation permanente est aussi liée à nos habitudes sociales. Nous mangeons souvent parce que l’heure du repas est arrivée, parce que nos collègues partent déjeuner à midi, qu’il faut revenir pour la réunion de 14 h, ou parce qu’une pause est prévue dans la journée. Or, selon lui, nous devrions davantage écouter les signaux de notre corps.
Nous devons manger quand nous avons faim, et non parce que notre montre nous dit qu’il est l’heure.
Il faudrait retrouver un rapport plus instinctif à l’alimentation et laisser davantage de temps de repos au système digestif.

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Pourquoi le jeûne de 16 heures intéresse les chercheurs ?
Le principe est simple : laisser environ 16 heures entre le dernier repas de la journée et le premier repas du lendemain. Concrètement, il peut s’agir de dîner à 20 heures puis de ne remanger qu’à midi ou 13 heures le lendemain. Pendant ce laps de temps, l’hydratation est essentielle. L’eau, le thé ou le café non sucré restent autorisés.
Cette pause digestive permet à l’organisme de se consacrer à d’autres fonctions que la digestion, comme la réparation cellulaire, la régulation de la glycémie, l’entretien du microbiote intestinal ou encore la gestion des réserves énergétiques. Plusieurs études suggèrent que le jeûne intermittent pourrait améliorer certains marqueurs métaboliques, favoriser la sensibilité à l’insuline et aider au contrôle du poids.
Frédéric Saldmann va encore plus loin. Selon lui, la santé intestinale joue un rôle central dans le vieillissement de l’organisme. « On vieillit par les intestins », affirme-t-il dans l’émission Quelle époque sur France 2. Il estime que le repos digestif pourrait également avoir des effets positifs sur l’immunité et certains mécanismes associés au vieillissement.
Quand on pratique ce jeûne séquentiel, on baisse l’inflammation du corps qui est la porte d’entrée de toutes les maladies. On monte à fond l’immunité, débarrassée des cellules cancéreuses qu’on produit tous les jours, des virus, des bactéries et des toxiques aussi. En plus, on monte l’hormone de croissance anti-vieillissement jusqu’à 3.000 % (…) On lutte contre notre obsolescence programmée.
Frédéric Saldmann sur europe1.fr
Attention aux promesses trop belles pour être vraies
Il faut toutefois distinguer les bénéfices potentiels du jeûne intermittent des promesses de « cure de jouvence » parfois relayées et exagérées dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Si la recherche montre des résultats encourageants, aucun scientifique ne peut aujourd’hui garantir qu’un jeûne de 16 heures permettra de vivre jusqu’à 100 ans.
Les risques à connaître
Le jeûne intermittent n’est pas adapté à tout le monde et peut entraîner certains effets indésirables, notamment lors des premières semaines. Certaines personnes rapportent de la fatigue, des maux de tête, des difficultés de concentration, de l’irritabilité ou encore une sensation de faim importante pendant la période de jeûne.
Cette pratique peut également être plus difficile à suivre pour les personnes ayant une activité physique intense ou des besoins énergétiques élevés. Dans certains cas, le risque est aussi de compenser les heures de jeûne par des repas trop copieux ou déséquilibrés.
Par ailleurs, le jeûne intermittent est généralement déconseillé aux enfants, aux adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes souffrant de certains troubles médicaux. Les personnes atteintes de diabète ou ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire doivent notamment demander l’avis d’un professionnel de santé avant de modifier leurs habitudes alimentaires, dit-il sur europe1.fr.
Enfin, il est important de rappeler que le jeûne intermittent ne remplace pas une alimentation équilibrée. Les bénéfices potentiels observés dans les études dépendent aussi de la qualité des aliments consommés, de l’activité physique et de l’hygiène de vie globale.

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Comment mettre en place un jeûne de 16 heures ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le jeûne intermittent ne consiste pas forcément à se priver ou à sauter systématiquement des repas. L’idée est plutôt de concentrer son alimentation sur une période de la journée et de laisser ensuite à l’organisme un temps de repos digestif suffisamment long.
Dans ses interventions, Frédéric Saldmann explique que chacun peut adapter cette pratique à son mode de vie. Certaines personnes choisissent par exemple de dîner vers 20 heures et de prendre leur premier repas le lendemain vers midi. D’autres préfèrent avancer leur dîner ou retarder leur petit-déjeuner.
Faut-il le faire tous les jours ?
Il n’existe pas de règle universelle. Certaines personnes pratiquent le jeûne intermittent quotidiennement, tandis que d’autres le réservent à quelques jours par semaine ou dans le mois. L’objectif n’est pas de suivre un protocole rigide, mais de trouver un rythme qui nous convient, compatible avec sa santé, son niveau d’activité physique et son confort.
Comme le rappelle Frédéric Saldmann, le plus important n’est pas de compter les heures de manière obsessionnelle, mais d’éviter de solliciter en permanence son système digestif. Un dîner plus tôt, moins de grignotage ou des repas davantage espacés peuvent déjà être une première étape.
Le médecin insiste également sur un point souvent oublié : apprendre à écouter les signaux de son corps. Selon lui, nous avons pris l’habitude de manger parce qu’il est midi ou parce que c’est l’heure de la pause, et non parce que nous avons réellement faim. Retrouver cette sensation naturelle permettrait de mieux respecter les besoins de l’organisme.
Ce que dit la science
Les recherches sur le jeûne intermittent confirment plusieurs bénéfices potentiels pour la santé. Selon une synthèse publiée par l’Observatoire de la prévention de l’Institut de Cardiologie de Montréal, cette pratique est associée à une amélioration de la sensibilité à l’insuline, une meilleure régulation de la glycémie, une diminution de la résistance à l’insuline ainsi qu’à des effets favorables sur plusieurs paramètres cardiométaboliques. Elle peut également contribuer à la gestion du poids chez certaines personnes.
Les chercheurs s’intéressent aussi à son impact sur l’inflammation et certains mécanismes impliqués dans le vieillissement cellulaire. En revanche, malgré des résultats prometteurs observés dans certaines études, les preuves disponibles chez l’humain restent encore insuffisantes pour affirmer avec certitude que le jeûne intermittent permet de vivre plus longtemps. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre ses effets à long terme sur la longévité.
En bref, ce que dit Frédéric Saldmann
Selon le médecin, le jeûne intermittent de 16 heures permettrait :
- de laisser davantage de repos digestif à l’organisme ;
- de favoriser certains mécanismes de réparation cellulaire ;
- d’améliorer le fonctionnement du microbiote intestinal ;
- de réduire certains phénomènes liés à l’inflammation chronique ;
- de préserver la santé sur le long terme en limitant le temps passé à digérer.
La vraie leçon à retenir
Au fond, le message de Frédéric Saldmann ne se limite pas au chiffre de 16 heures. Son idée principale est que notre système digestif a besoin de périodes de repos régulières, sans doute davantage que ce que nous lui accordons dans notre société moderne. Le jeûne de 16 heures constitue, selon lui, un moyen efficace d’y parvenir, mais l’objectif reste avant tout d’éviter de manger en continu du matin au soir. Réduire le grignotage, espacer davantage les repas ou dîner un peu plus tôt peuvent déjà aller dans ce sens.
Vidéo bonus du médecin
Le jeûne intermittent de 16 heures suscite un intérêt croissant, notamment grâce aux travaux et aux prises de parole du docteur Frédéric Saldmann. Sans constituer une recette miracle pour vivre cent ans, cette approche rappelle une idée simple : notre organisme, et particulièrement nos intestins, ont besoin de périodes de repos pour fonctionner de manière optimale. Associé à une alimentation équilibrée et à une bonne hygiène de vie, ce temps de pause digestive pourrait bien être l’un des gestes les plus simples pour prendre soin de sa santé sur le long terme.
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