Tim Cook a confirmé au Wall Street Journal que les prix des iPhone, Mac et iPad allaient augmenter. La faute est due à la pénurie mondiale de mémoire vive, causée par la demande massive de l’intelligence artificielle.

Apple ne pourra plus protéger ses clients de la flambée des composants. Dans une interview publiée le 18 juin par le Wall Street Journal, Tim Cook a confirmé ce que le marché redoutait depuis des mois : les produits Apple vont coûter plus cher. Le PDG sortant n’a pas tenté de nuancer. Il a parlé de hausses « inévitables », provoquées par une pénurie mondiale de mémoire RAM que la firme de Cupertino n’est plus en mesure d’absorber seule. Pour Apple, qui a longtemps maintenu ses grilles tarifaires stables malgré les tensions sur les semi-conducteurs, c’est un aveu de contrainte industrielle.
La mémoire vive, otage de l’intelligence artificielle
Le problème que décrit Tim Cook n’est pas propre à Apple. Trois fabricants contrôlent plus de 90 % de la production mondiale de DRAM : Samsung, SK Hynix et Micron. Depuis deux ans, ces trois groupes réorientent massivement leurs lignes de production vers la HBM (High Bandwidth Memory), un type de mémoire ultrarapide conçu pour les serveurs d’intelligence artificielle. La raison est simple : les marges sur la HBM sont dix fois supérieures à celles de la DRAM classique.
Quand Nvidia, Google, Meta et Microsoft se disputent chaque puce disponible en acceptant de payer le prix fort, les fabricants n’ont aucune raison de prioriser les composants destinés aux smartphones ou aux ordinateurs portables.
Les modules DDR5 grand public ont vu leur prix multiplié par plus de deux entre début 2024 et fin 2025, et la tendance se prolonge en 2026. La DDR4, pourtant plus ancienne, est encore plus touchée : ses tarifs ont augmenté de 172 %, contre 76 % pour la DDR5, car Samsung a arrêté sa production de DDR4 dès avril 2025 pour libérer des capacités au profit de la HBM.
Tim Cook a résumé le mécanisme dans son interview : il y a moins d’offre disponible pour le grand public au moment même où la demande reste forte, et les fabricants de mémoire répercutent des hausses massives sur leurs clients industriels, Apple compris.
Le problème n’est pas temporaire. Selon les spécialistes, résorber la pénurie demanderait une croissance annuelle de la production de 12 % d’ici 2027, alors que les plans industriels actuels ne prévoient que 7,5 %. L’équilibre entre offre et demande ne se normalisera pas avant 2028 selon les estimations les plus optimistes.
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Ce qui attend concrètement les acheteurs Apple
Tim Cook n’a pas détaillé de calendrier précis ni désigné les premiers produits concernés. Mais les signaux récents dessinent déjà la trajectoire. Le mois dernier, Apple a retiré la version d’entrée de gamme du Mac mini de son catalogue, faisant passer le prix de départ de 599 à 799 dollars sans toucher aux configurations supérieures. Le MacBook Neo, lancé comme l’ordinateur portable le plus abordable de la marque, embarque seulement 8 Go de RAM, soit moins que certains iPhone ou iPad récents. Ces ajustements montrent qu’Apple a d’abord tenté de gérer la contrainte par le bas, en réduisant les quantités de mémoire ou en supprimant les références les moins rentables, plutôt qu’en affichant des hausses de prix frontales.
Cette stratégie semble avoir atteint ses limites. Le Wall Street Journal indique que des augmentations sur les Mac et les iPad pourraient intervenir avant le lancement de la gamme iPhone 18, attendu en septembre avec un modèle pliable. Pour les acheteurs qui visent un Mac haut de gamme ou un iPad Pro, les configurations à 32 ou 64 Go de RAM, les plus gourmandes en composants touchés par la pénurie, seront logiquement les premières affectées.
Apple n’est d’ailleurs pas la seule dans cette situation. La pression sur les prix touche l’ensemble de l’électronique grand public : smartphones, PC, consoles, routeurs, et même l’industrie automobile. Mais l’annonce de Cook est notable parce qu’Apple avait jusqu’ici maintenu l’image d’une marque capable d’imposer ses conditions à ses fournisseurs. Maintenant, les choses ont changé !
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