Taux d’endettement au-delà de 35 % : est-ce vraiment bloquant ? Découvrez pourquoi les banques peuvent dire oui quand le projet est solide !

Longtemps, le taux d’endettement a été considéré comme la boussole numéro un pour obtenir un crédit immobilier. Avec la recommandation du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), la règle des 35 % maximum s’est imposée dans l’esprit du public… au point que beaucoup pensent qu’il s’agit d’une limite infranchissable. Pourtant, dans la réalité des financements, les banques disposent d’une plus grande marge de manœuvre. Le taux d’endettement reste un repère important, mais il n’est ni rigide, ni définitif, surtout dans le cadre d’un investissement locatif. Voici ce que signifie réellement ce seuil et pourquoi dépasser les 35 % ne rime pas forcément avec refus bancaire.
Dans cet article :
Comprendre le taux d’endettement : un indicateur parmi d’autres
Le taux d’endettement correspond à la part de vos revenus consacrée au remboursement de vos crédits (immobilier, consommation, autres emprunts). La règle classique veut qu’il ne dépasse pas 35 %, assurance comprise. Ce seuil permet, en théorie :
- de protéger l’emprunteur d’une mensualité trop lourde,
- de garantir à la banque que vous pouvez vivre correctement après remboursement,
- d’éviter les situations de surendettement.
Mais ce chiffre, très médiatisé, masque un élément essentiel : le taux d’endettement n’est PAS le seul critère étudié par les banques.
Le vrai critère décisif : le “reste à vivre”
Au-delà du pourcentage, les banques évaluent ce que l’on appelle le reste à vivre, c’est-à-dire la somme restante disponible une fois toutes les charges payées.
Concrètement, un foyer gagnant 5 000 € par mois avec 37 % d’endettement aura un reste à vivre plus confortable qu’un foyer gagnant 1 600 € avec 30 %. Dans le premier cas, la banque peut donc accepter un dépassement, car la situation financière reste saine. C’est ce paramètre qui permet de dépasser les 35 % sans que cela pose problème. Sans oublier d’autres atouts clés : épargne, placement, etc.

VOIR AUSSI : L’épargne résiduelle : le critère obligatoire pour décrocher un crédit immobilier ?
Pourquoi les banques peuvent dépasser les 35 % ?
Même si la règle des 35 % est la norme, le HCSF prévoit des dérogations, représentant environ 20 % des dossiers traités. Elles sont principalement utilisées pour :
- les investisseurs locatifs,
- les dossiers à revenus élevés,
- les emprunteurs présentant une très bonne gestion financière.
De plus, certaines banques utilisent des méthodes internes de calcul qui relativisent fortement le taux d’endettement brut. C’est notamment le cas lorsqu’un bien génère des revenus, comme dans le cadre d’un investissement locatif : une partie des loyers est prise en compte pour réduire le poids du crédit.
Cas particulier : l’investissement locatif
C’est le domaine où la règle des 35 % est le plus souvent assouplie. Pourquoi ? Parce que le crédit ne repose pas uniquement sur vos revenus personnels : le bien génère un revenu supplémentaire ou qui peut même combler tout le crédit immobilier. La banque intègre généralement 70 à 80 % des loyers futurs dans le calcul. Cela réduit mécaniquement la charge perçue du nouveau crédit.
Exemple concret :
- Mensualité : 800 €
- Loyers attendus : 900 €
- Prise en compte bancaire des loyers (70 %) : 630 €
- Charge réelle pour la banque : 800 – 630 = 170 €
Ainsi, même si le taux d’endettement « brut » semble dépasser les 35 %, le taux d’endettement réel aux yeux de la banque reste parfaitement acceptable.
Les profils pour lesquels la règle est assouplie
Les banques se montrent plus flexibles avec :
🔹 Les revenus stables et réguliers
Salariés en CDI, professions libérales établies, freelances avec au moins deux ans d’activité.
🔹 Les revenus élevés
Un emprunteur à 4 500 € par mois avec 38 % d’endettement n’est pas perçu comme risqué.
🔹 Les investisseurs expérimentés
Un historique de loyers perçus et de gestion sans incident est très rassurant.
🔹 Les emprunteurs présentant une gestion financière irréprochable
Pas d’incidents bancaires, pas de découvert, bonne trésorerie personnelle.
Les situations où dépasser les 35 % reste difficile
Certaines situations, en revanche, poussent les banques à rester strictes :
- revenus instables peu documentés,
- absence d’épargne de sécurité,
- projet locatif mal chiffré ou non rentable,
- plusieurs crédits à la consommation en cours.
Dans ces cas, le dépassement des 35 % constitue un risque trop élevé.

VOIR AUSSI : Comment gérer un crédit immobilier après une rupture ?
Comment présenter un dossier si vous dépassez 35 % ?
Voici les leviers les plus efficaces :
✔️ Mettre en avant le reste à vivre
Montrez que votre situation financière permet de supporter facilement la mensualité.
✔️ Prouver la rentabilité du projet
Un prévisionnel clair, réaliste et sourcé (annonces, étude de marché, charges, travaux).
✔️ Démontrer une excellente gestion
Relevés bancaires propres, absence d’incidents, épargne de précaution.
✔️ Apporter un petit apport
Même 5 % peut renforcer la crédibilité du dossier.
✔️ Passer par un courtier
Les courtiers savent quelles banques acceptent d’aller au-delà des 35 % et comment présenter le dossier pour qu’il soit validé.
Conjoncture actuelle : quand la théorie se heurte à la réalité du marché
Sur le papier, dépasser les 35 % d’endettement reste possible, et les règles évoquées dans cet article sont toujours valables. Mais il faut être lucide sur la conjoncture actuelle qui rend les banques beaucoup plus frileuses qu’il y a quelques années.
Depuis la crise du Covid, puis avec la remontée brutale des taux d’intérêt, l’inflation et l’augmentation du coût de la vie, le contexte du crédit immobilier s’est nettement durci. Les établissements bancaires sont soumis à des contraintes réglementaires plus fortes et cherchent avant tout à sécuriser leurs portefeuilles de prêts.
Résultat : même si les dérogations existent toujours, elles sont utilisées de manière plus sélective. Les banques privilégient les dossiers les plus solides, les projets très bien structurés et les profils présentant une excellente visibilité financière à long terme.
Dans ce contexte, dépasser les 35 % est souvent plus difficile qu’avant, surtout pour :
- les primo-accédants sans apport,
- les revenus moyens avec peu de marge de manœuvre,
- les projets locatifs peu rentables ou mal sécurisés.
Cela ne signifie pas que le dépassement est impossible, mais qu’il ne s’improvise plus. Là où certaines banques pouvaient être plus souples avant 2020, elles attendent désormais des dossiers irréprochables, étayés par des chiffres réalistes et une gestion financière exemplaire.
Autrement dit, la règle n’a pas changé, mais le contexte oui. Aujourd’hui, plus que jamais, la capacité à dépasser les 35 % dépend autant de la qualité du projet que du moment économique dans lequel il s’inscrit.
La règle des 35 % d’endettement est un repère utile, mais ce n’est pas une barrière infranchissable.
Les banques disposent d’une réelle flexibilité, surtout pour les emprunteurs solides ou les projets locatifs rentables. Le critère déterminant n’est pas tant le pourcentage d’endettement que la capacité réelle de l’emprunteur à vivre confortablement et à assumer une mensualité, aujourd’hui comme demain. En comprenant cette nuance et en présentant un dossier clair, cohérent et maîtrisé, il est tout à fait possible d’obtenir un financement au-delà de ce seuil… sans mettre en danger son équilibre financier.
BuzzWebzine est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






