À un an du scrutin, la course à l’Élysée est déjà lancée. Candidats déclarés, aspirants assumés et noms qui circulent : tour d’horizon complet de la précampagne 2027.

À un an du premier tour, prévu autour du 11 avril 2027, la présidentielle française ressemble déjà à une foire d’empoigne. À droite, plusieurs partis tirent chacun dans leur direction. À gauche, on débat encore du mode de désignation avant même d’avoir un nom. Au centre, on cherche un héritier à Emmanuel Macron. Et le Rassemblement national, lui, caracole en tête des sondages. Pour s’y retrouver, voici un état des lieux de ceux qui se lancent, de ceux qui y pensent fort, et de ceux qui entretiennent savamment le flou.
Dans cet article :
Les candidats officiellement déclarés
À droite et au centre, plusieurs noms ont d’ores et déjà franchi le pas d’une annonce officielle. Du côté de la gauche, les déclarations de candidature existent aussi, mais elles s’accompagnent souvent d’une condition : passer par une primaire. On y reviendra. Pour l’instant, voici ceux qui se sont lancés sans ambiguïté :
- Édouard Philippe : personnalité politique la plus populaire du pays selon plusieurs baromètres, réélu maire du Havre en mars, il veut incarner un centre droit de gouvernement, pro européen et ferme sur le régalien.
- Xavier Bertrand : président de la région Hauts-de-France, il défend une « droite populaire » attachée aux classes moyennes, en rupture avec les ambiguïtés de son camp vis-à-vis de l’extrême droite.
- Bruno Retailleau : désigné candidat des Républicains le 19 avril par un vote interne, il mènera campagne sur ses thèmes de prédilection : ordre, autorité et valeurs traditionnelles.
- David Lisnard : maire de Cannes, il a quitté LR après la désignation de Retailleau et se présente sous sa propre bannière, Nouvelle Énergie.
- Nicolas Dupont-Aignan : souverainiste, critique de l’Union européenne, il repart pour un quatrième tour.
- François Asselineau : Frexit assumé, dans la continuité de ses campagnes précédentes.
- Nathalie Arthaud : porte-parole de Lutte ouvrière, candidate pour la quatrième fois sur une ligne trotskiste.
- Delphine Batho et Jérôme Guedj : tous deux positionnés à gauche, sur une ligne républicaine, sociale et écologique, sans passer par une primaire.
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Les prétendants assumés
Ils n’ont pas encore signé de déclaration officielle, mais ils ne font pas mystère de leurs ambitions. À gauche d’abord, une primaire est prévue le 11 octobre 2026, à laquelle participeraient Clémentine Autain (ancienne figure de LFI, désormais à la tête du mouvement L’Après), François Ruffin (député de la Somme, fondateur du parti Debout) et Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes.
D’autres noms pourraient les rejoindre, comme Olivier Faure ou le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane. La France insoumise, Place publique et le PCF ne participeront pas à ce processus.
Du côté du RN, la situation s’est compliquée depuis la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, assortie d’une peine d’inéligibilité en première instance : un appel est en cours. Elle reste au cœur du scénario, mais Jordan Bardella est de plus en plus regardé comme le candidat naturel du mouvement, en tête dans de nombreuses configurations sondagières pour le premier tour.
- Jordan Bardella ou Marine Le Pen : le RN n’a pas encore tranché, mais le parti se positionne comme favori objectif du scrutin.
- Clémentine Autain : candidate à la primaire de gauche, elle défend un projet écosocialiste et féministe.
- François Ruffin : populisme social ancré dans les classes populaires, méfiant du « présidentialisme » classique.
- Marine Tondelier : désignée par les Écologistes pour représenter le camp écologiste dans la primaire de gauche.
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Ceux qui n’ont pas encore dit oui, mais presque
C’est là que la liste devient vraiment longue. Plusieurs personnalités entretiennent savamment le flou, multipliant les déclarations d’intention sans franchir le pas de l’annonce formelle.
Jean-Luc Mélenchon laisse planer le doute, même si LFI semble avoir accéléré les choses en actant son mode de désignation le 21 avril. François Hollande déclare « ne rien exclure » et parle d’une « candidature de la gauche réformiste ». Dominique de Villepin a créé son propre parti, La France humaniste, et aurait déjà commencé à collecter des parrainages. Gérald Darmanin dit en avoir « envie ». Gabriel Attal, chef de file de Renaissance, multiplie les déplacements sans annoncer. L’ancien Premier ministre Michel Barnier s’est déclaré « capable d’être président » sur France 3 le 19 avril. Et du côté de l’extrême droite, Éric Zemmour se prépare sans encore officialiser sa candidature. À gauche, Raphaël Glucksmann est régulièrement cité comme figure social-démocrate pro européenne, sans projection publique pour l’instant.
Il reste un an. Autant dire que la liste n’est pas close.
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