Il vous est sûrement déjà arrivé d’ouvrir une appli comme Facebook, WhatsApp ou LinkedIn savoir avoir une intention précise. En fait, cet acte a été largement étudié par les neurosciences et voici que ce les résultats révèlent.

Selon des recherches publiées dans Nature Neuroscience, les actions répétées dans un même contexte sont progressivement prises en charge par les ganglions de la base. Il s’agit une zone du cerveau impliquée dans les habitudes. Une fois installée, l’habitude se déclenche sans réflexion consciente. Le cerveau agit alors en mode économie d’énergie : il ne décide plus, il exécute.
Dans cet article :
Le rôle de la dopamine et l’anticipation de la récompense
Contrairement à une idée reçue, la dopamine n’est pas directement liée au plaisir, mais à l’anticipation de celui-ci. Les travaux du neuroscientifique Wolfram Schultz ont d’ailleurs montré que la dopamine est libérée surtout lorsque la récompense est imprévisible. Et on a tous vu comment les applications exploitent ce mécanisme à travers le scroll infini, les notifications aléatoires et les contenus variables. Le cerveau apprend qu’ouvrir une application peut peut-être produire quelque chose d’intéressant. Et cette incertitude suffit à déclencher l’action, même sans objectif précis.
Le smartphone agit comme un régulateur émotionnel
De nombreuses études en psychologie cognitive indiquent également que le smartphone sert souvent à réguler des émotions inconfortables. Ainsi, l’ennui, le stress, la solitude ou la fatigue cognitive agissent comme des déclencheurs. Une étude de l’Université de Virginie a notamment révélé que beaucoup de personnes préfèrent une stimulation négative plutôt que de rester seules avec leurs pensées. Ouvrir une application devient alors une stratégie inconsciente pour éviter le vide mental ou une émotion désagréable.

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L’application a été conçue pour agir sur ce mécanisme
De nombreux philosophes ont déjà soulevé la question dans le passé : le sentiment de choisir n’est-il pas une illusion, du moins la plupart du temps ? Le chercheur BJ Fogg, spécialiste du design comportemental à Stanford, explique que lorsque la motivation est faible, ce sont les déclencheurs environnementaux qui guident l’action. Une icône visible, une vibration, un badge de notification suffisent à provoquer l’ouverture. Le comportement n’est donc pas motivé par un besoin réel, mais par un stimulus externe soigneusement conçu pour capter l’attention.
Ouvrir sans cesse une application peut provoquer une surcharge attentionnelle
A noter que chaque ouverture d’application mobilise une petite quantité de ressources cognitives. Pris isolément, l’impact est faible, mais accumulé sur une journée, il génère une fatigue mentale diffuse. A ce propos, des recherches publiées dans Cognitive Research: Principles and Implications montrent que la fragmentation de l’attention réduit la capacité de concentration profonde et augmente la sensation de dispersion. On a alors l’impression de perdre du temps sans savoir pourquoi, ce qui alimente la frustration et la lassitude.

Reprendre le contrôle sans se priver
Les chercheurs s’accordent sur un point : il ne s’agit pas de supprimer les applications, mais de réintroduire de l’intention. Modifier l’environnement est souvent plus efficace que compter sur la volonté. Désactiver certaines notifications, déplacer les applications distrayantes hors de l’écran d’accueil ou instaurer des moments dédiés à leur usage réduit significativement les ouvertures automatiques. Des études en sciences comportementales montrent qu’un simple délai de quelques secondes avant l’action suffit à réactiver le contrôle conscient.
Ce que ce comportement dit de notre cerveau
Ouvrir une application sans savoir pourquoi révèle avant tout le fonctionnement normal d’un cerveau humain exposé à des systèmes conçus pour capter son attention. En réalité, ce n’est ni une faiblesse individuelle ni un défaut moral. C’est surtout le résultat d’une rencontre entre des habitudes neuronales, des récompenses variables et le design persuasif.
Dans tous les cas, il est important de comprendre ces mécanismes pour que l’on puisse mieux se connaître et ainsi aligner nos habitudes à notre bien-être.
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