Pendant plus d’un siècle, James Moriarty a incarné le mal absolu dans l’imaginaire collectif. Le professeur aux méthodes diaboliques, le seul homme capable de tenir tête à Sherlock Holmes, a toujours occupé la place du grand antagoniste.

Mais ça, c’était avant. Un nouveau projet de série télévisée s’apprête à renverser complètement la perspective et l’idée est franchement séduisante. D’après Deadline, les scénaristes Chris Cornwell et Oliver Lansley développent actuellement une série intitulée Moriarty, produite par Fremantle et Archery Pictures. Le projet n’a pas encore trouvé de chaîne ou de plateforme de diffusion et aucun casting n’est confirmé à ce stade. Fremantle est activement en recherche d’un diffuseur. Ce qui est déjà clair, en revanche, c’est l’angle narratif. La série serait une réinvention moderne du genre policier, centrée sur le personnage le plus célèbre de toute la fiction criminelle.
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Un Moriarty professeur le jour, cerveau du crime la nuit
Dans cette nouvelle version, Moriarty est professeur de psychologie criminelle à l’Université de Durham. En apparence, c’est un académicien respectable. En réalité, il orchestre en secret chaque crime sophistiqué du nord de l’Angleterre. Un équilibre fragile que vient bouleverser un rival criminel qui s’attaque directement à son empire souterrain.
Face à cette menace, Moriarty fait un choix inattendu : intégrer la police comme consultant. Il utilise la loi comme une arme pour démanteler son ennemi, tout en dissimulant soigneusement sa véritable identité aux autorités. Le paradoxe est savoureux et dramatiquement très solide. À ses côtés, on retrouvera Imogen Burrows, détective du Yorkshire décrite comme stoïque et de plus en plus perspicace. Leur duo formera une équipe redoutable. Néanmoins, la vraie tension de la série ne viendra pas du rival criminel : elle viendra des soupçons grandissants d’Imogen sur la vraie nature de son partenaire.

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Pourquoi ce concept fonctionne sur le papier ?
Ce type de retournement narratif a prouvé son efficacité à la télévision. Breaking Bad, Better Call Saul, La Casa de Papel ou encore Hannibal ont démontré que le public s’attache volontiers à des personnages moralement troubles, à condition que l’écriture soit à la hauteur.
Moriarty se prête particulièrement bien à cet exercice. Contrairement à d’autres antagonistes littéraires, il n’est pas défini par la violence brute mais par l’intelligence, la manipulation et la maîtrise des systèmes. En faire un consultant policier, c’est exploiter exactement ces traits sans les édulcorer.
Un personnage qui ne manque pas d’incarnations
Depuis la création du personnage par Sir Arthur Conan Doyle à la fin du XIXe siècle, Moriarty a été incarné par une longue liste d’acteurs marquants. Andrew Scott en a livré une version électrisante et déstabilisante dans la série Sherlock de la BBC. Ensuite, Jared Harris lui a donné une froideur aristocratique dans Sherlock Holmes : Jeu d’ombres de Guy Ritchie. Plus récemment, Randall Park a incarné le personnage dans la série Watson sur CBS, et Dónal Finn joue un jeune Moriarty dans Young Sherlock.

Netflix a même proposé une version féminine du personnage avec Sharon Duncan-Brewster dans Enola Holmes 2, une interprétation qui reviendra dans le troisième volet cet été.
Chaque époque réinvente semble Moriarty à son image. Toutefois, cette nouvelle série entend aller plus loin que toutes les précédentes en lui donnant enfin le premier rôle.
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