Régler sa climatisation trop froid n’est pas qu’une question de confort : passé un certain écart de température, le corps s’expose à un vrai risque cardiaque.

Le réflexe semble logique en pleine canicule : pousser le climatiseur au maximum pour retrouver une sensation de fraîcheur immédiate. Sauf que le corps humain supporte très mal les écarts de température brutaux, et ce réflexe peut, dans certains cas, se retourner contre celui qui le pratique.
📝 L’essentiel à retenir
Au-delà d’un écart de 5 à 7°C entre l’intérieur climatisé et l’extérieur, le corps est exposé à un risque de choc thermique, pouvant aller jusqu’à un malaise, une perte de connaissance, voire un arrêt cardiaque dans les cas les plus graves selon Que Choisir et Santé publique France. L’ADEME recommande de régler sa climatisation autour de 26°C, et non 18 à 20°C comme le font instinctivement beaucoup de foyers. Concrètement, s’il fait 40°C dehors, mieux vaut ne pas descendre en dessous de 33°C à l’intérieur.
Dans cet article :
Ce qui se passe réellement dans le corps
Le choc thermique correspond à un changement brutal de la température ressentie par le corps, généralement au moment de passer d’une pièce fraîche à une rue écrasée de chaleur, ou inversement. Le système cardiovasculaire, sollicité pour réguler la température interne, doit alors réagir très rapidement à un écart auquel il n’était pas préparé. C’est cette réaction brutale, et non la chaleur ou le froid pris isolément, qui pose problème.
Les symptômes les plus fréquents restent bénins : irritations de la sphère ORL, nez qui coule, maux de gorge, sécheresse oculaire liée à l’air plus sec produit par la climatisation. Mais chez les personnes fragiles, personnes âgées, femmes enceintes, personnes souffrant de pathologies cardiaques, la sollicitation brutale du système cardiovasculaire peut aller beaucoup plus loin, jusqu’à un malaise ou, dans de rares cas documentés, un arrêt cardiaque.
Le seuil que la plupart des foyers dépassent sans le savoir
C’est là le point le moins connu du grand public : le seuil de risque se situe entre 5 et 7°C d’écart avec la température extérieure. Or par une journée à 38 ou 40°C, un logement réglé à 20°C, comme c’est souvent le cas par habitude hivernale, représente un écart de près de 20°C. Un chiffre largement supérieur à ce que le corps peut absorber sans risque.
L’ADEME recommande de viser une température autour de 26°C, et de conserver un écart maximal de 5 à 8°C avec l’extérieur. Concrètement, par 36°C dehors, il est conseillé de régler l’appareil sur 27 à 28°C plutôt que de chercher la fraîcheur maximale. Ce réglage, contre-intuitif pour beaucoup, protège à la fois la santé et la facture d’électricité, chaque degré supplémentaire de refroidissement augmentant sensiblement la consommation de l’appareil.
Le flux d’air, un facteur souvent négligé
Au-delà du réglage de la température, l’orientation du flux d’air joue un rôle largement sous-estimé. Un flux dirigé directement sur le corps, en particulier sur la nuque, la gorge ou pendant le sommeil, aggrave sensiblement le risque de choc localisé et de contractures musculaires, même lorsque la température générale de la pièce reste raisonnable. Diriger le flux vers le plafond ou un mur, plutôt que vers soi directement, limite ce risque sans sacrifier le confort général de la pièce.
Ce n’est pas la climatisation en elle-même qui pose problème, c’est l’écart brutal qu’elle crée entre deux environnements que le corps doit encaisser en quelques secondes.
Pourquoi les allers-retours sont le vrai point sensible
Le risque ne se limite pas au moment où l’on reste assis dans une pièce climatisée. Il se concentre surtout au moment des allers-retours répétés entre un intérieur très frais et un extérieur caniculaire, une situation typique d’une journée de travail en open space climatisé, entrecoupée de sorties en extérieur. Chaque passage impose au système cardiovasculaire un nouvel ajustement brutal, et c’est la répétition de ces transitions, plus que l’exposition continue, qui use le plus l’organisme au fil d’une journée de canicule.
Cette logique explique aussi pourquoi certains experts recommandent de limiter l’usage de la climatisation aux pièces où l’on passe réellement du temps prolongé, chambre la nuit, salon en journée, plutôt que de climatiser l’intégralité d’un logement à outrance. Une approche qui rejoint d’ailleurs les enjeux plus larges liés à la surconsommation énergétique de la climatisation, ou à son impact sur la température ressentie dans la rue par les voisins qui n’en disposent pas.
Les bons réflexes pour limiter le risque
Quelques précautions simples suffisent à réduire considérablement le risque de choc thermique : régler l’appareil autour de 26 à 27°C plutôt que de rechercher la fraîcheur maximale, éviter le flux d’air direct sur le corps, entretenir régulièrement le climatiseur pour limiter la prolifération de particules et d’allergènes dans l’air recyclé, et privilégier une transition progressive avant de sortir, en passant quelques instants dans une pièce moins fraîche avant d’affronter la chaleur extérieure. Pour les personnes les plus fragiles, ces précautions ne sont pas de simples conseils de confort : elles constituent une véritable mesure de prévention, au même titre que l’hydratation régulière recommandée par les autorités sanitaires en période de canicule.
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