Jouer les numéros de son adolescent peut rapporter gros au Loto. Mais une règle simple de la Française des Jeux interdit purement et simplement à un mineur de toucher l’argent.

C’est une scène qui se répète régulièrement dans les familles françaises : un parent compose sa grille de Loto ou d’EuroMillions avec la date de naissance de son enfant, son année scolaire ou un chiffre porte-bonheur choisi par l’ado lui-même. Quand les numéros tombent, la tentation est grande de dire que c’est l’enfant qui a gagné. Sur le plan légal, c’est pourtant impossible.
📝 L’essentiel à retenir :
- Le règlement du Loto précise que les gains ne peuvent être remis qu’à une personne majeure.
- Un mineur n’a pas non plus le droit de jouer ou de valider lui-même un ticket dans un point de vente FDJ.
- L’argent gagné grâce aux numéros d’un enfant appartient juridiquement à l’adulte qui a acheté et validé le ticket.
Dans cet article :
Une interdiction posée noir sur blanc par la FDJ
Le règlement officiel du Loto et du Super Loto est clair sur ce point précis : « Ces gains ne peuvent être remis qu’à une personne majeure. » Cette mention, qui figure dans les textes publiés au Journal officiel, ne laisse aucune marge d’interprétation. Quel que soit le montant en jeu, quelques euros ou plusieurs millions, seul un adulte peut se présenter en point de vente ou en centre de paiement pour récupérer la somme.
La règle découle d’un principe plus large : en France, les mineurs sont interdits de participation aux jeux d’argent autorisés par la loi, à l’exception de quelques cas très précis comme les lotos traditionnels associatifs, les loteries publicitaires ou les loteries caritatives. Le Loto national, l’EuroMillions et les jeux de grattage Illiko n’en font pas partie. C’est donc toujours l’adulte qui achète, valide et encaisse, même quand le choix des numéros revient entièrement à l’enfant.
Et si l’enfant a participé financièrement ?
La question se complique légèrement lorsque l’argent mis en jeu provient en partie de l’adolescent lui-même, par exemple via son argent de poche. Dans ce cas, le gain reste tout de même la propriété légale de la personne majeure qui a procédé à l’achat du ticket. Rien n’empêche ensuite ce parent de reverser une part de la somme à son enfant, mais cette opération devient alors, sur le plan fiscal, une donation classique, avec les règles de déclaration des dons familiaux qui s’appliquent comme pour n’importe quel autre don d’argent.
Une précaution qui évite bien des litiges
Cette règle protège en réalité plusieurs parties à la fois. Elle évite qu’un mineur se retrouve à gérer seul une somme potentiellement très importante, sans l’accompagnement nécessaire, et elle sécurise la Française des Jeux contre tout litige ultérieur sur l’identité réelle du gagnant. Un sujet d’autant plus sensible que les gains les plus élevés, ceux dépassant 500 000 euros, déclenchent automatiquement un accompagnement personnalisé proposé par le service Grands Gagnants de la FDJ, pensé pour des adultes capables de prendre des décisions patrimoniales engageantes.
Pour les familles qui souhaitent malgré tout associer leurs enfants à la bonne fortune, la solution la plus sûre reste d’organiser un don encadré une fois le gain encaissé, en tenant compte des abattements disponibles et, si la somme est conséquente, en se faisant accompagner par un notaire pour éviter tout désaccord ultérieur entre héritiers, comme cela peut arriver lors d’une succession mal anticipée.
Une règle valable partout en France
Cette interdiction s’applique uniformément, qu’il s’agisse d’un ticket acheté en bureau de tabac, d’une grille jouée en ligne sur l’application FDJ ou d’un jeu en groupe entre plusieurs membres d’une même famille. Aucune exception n’existe selon l’âge du mineur, qu’il ait 5 ans ou 17 ans : tant que la majorité légale n’est pas atteinte, l’argent du Loto reste entre les mains des adultes.
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