IMB Simon : un téléphone portable en avance sur son temps

Le premier smartphone de l’histoire a vu le jour il y a environ trente ans. À cette époque, même ce mot ne signifiait rien. Cependant, cela n’a pas empêché l’entreprise International Business Machines Corporation (IBM) de créer l’IBM Simon.

L'IBM Simon est le premier smartphone de l'histoire.

En 1992, IBM a sorti un prototype de téléphone mobile durant le COMDEX. La firme l’a baptisé Angler. À noter que le COMDEX désigne un salon sur l’informatique qui a lieu chaque année à Las Vegas. Aujourd’hui, il a laissé sa place au CES. Pour revenir à Angler, celui-ci a directement tapé dans l’œil de BellSouth. Puis, IBM et BellSouth ont uni leurs forces pour donner naissance à IBM Simon.

Le nom de IBM Simon est tiré d’un jeu

Après deux ans de travail, BellSouth et IBM ont sorti la version définitive du téléphone. Ils l’ont commercialisée le 16 août 1994. Puisque le mot smartphone n’existait pas encore, les concepteurs l’ont présenté comme un « Personal Communicator ».

IBM Simon a sans doute inspiré les smartphones actuels.

Pour ce qui est du nom du communicateur personnel, les créateurs se sont inspirés du jeu « Jacques a dit ». Dans la version anglophone, ce dernier porte le nom de « Simon says », d’où l’appellation IBM Simon. À l’image du jeu, les constructeurs désiraient offrir un appareil capable d’effectuer tout ce que voulait l’utilisateur.

Un téléphone aux caractéristiques révolutionnaires

L’IBM Simon disposait de plusieurs fonctionnalités qui en faisaient un gadget futuriste. Mis à part l’appel, l’engin proposait notamment un service de messagerie électronique, un traitement de texte basique, des jeux, un calendrier …

Si l’utilisateur n’était pas satisfait, il avait la possibilité d’ajouter d’autres fonctionnalités grâce à l’emplacement PCMCIA. Tout cela est rendu possible par un processeur Vadem de 16 MHz, une RAM de 1 Mo et environ 1 Mo de mémoire interne.

En outre, le Simon Personal Communicator embarque un écran LCD monochrome de 4,7 pouces. Il dispose aussi d’une définition de 293 × 160 pixels et est tactile (résistif). Non seulement l’appareil mesure 20 × 6,4 × 3,8 cm, mais il pèse également 510 g. Le point le plus important est sans doute son autonomie. Cette dernière est de quasiment une heure lors d’un appel téléphonique.

L’IBM Simon est un échec commercial

À cette époque, IBM était la première entreprise à produire un téléphone dans le genre du Simon phone. En effet, la firme a rassemblé en un seul appareil les éléments d’un Assistant Numérique Personnel (PDA) et ceux de la technologie mobile.

« Le Simon a été le premier appareil qui a pris ces deux éléments et réussi à les mettre ensemble dans un seul paquet. »

Mme Connelly, d’IBM

Ainsi, l’IBM Simon a apporté de nombreuses révolutions lors de sa sortie. Malheureusement, le smartphone n’a pas séduit le public. En fait, six mois après sa sortie, la société n’en a vendu que 50.000 unités. Pour le constructeur, ce chiffre ne lui permettait pas de poursuivre la production du téléphone.

IBM Simon disposait d'un stylet pour toucher l'écran.

Malgré tout, les caractéristiques et les innovations que le smartphone avait apportées lui ont valu une place dans le musée des Sciences de Londres.

Le prix exorbitant de l’IBM Simon

Cette défaite d’IBM a surtout été causée par le prix du smartphone. En effet, le produit se vendait à 899 dollars avec un abonnement de 24 mois (environ 673 euros). Sans cet abonnement, le consommateur a dû débourser jusqu’à 1.099 dollars. Cependant, aucun autre téléphone ne se vendait à de tels prix à l’époque.

De plus, mis à part le fait de passer ou recevoir des appels, peu de gens s’intéressaient à ce genre d’appareil. Par conséquent, la plupart des clients ont considéré les nouvelles fonctionnalités du Simon phone comme inutiles.

En outre, le smartphone avait trois défauts importants. Les deux premiers concernent sa taille et son poids qui ne favorisaient pas l’aspect portable. Enfin, son autonomie d’une heure devait forcer son utilisateur à limiter son utilisation. Dans le cas d’une personne qui avait constamment besoin de son téléphone, la capacité de la batterie pose un réel problème.

À propos de l'auteur

L’écriture constitue l’une des activités qui me permettent de canaliser ma passion, outre la philosophie, le sport et le jeu d’échecs. Dans tout ce que je fais, j’essaie d’atteindre la perfection, tout en sachant que personne ne pourra la rattraper. « Nous sommes ce que nous faisons répétitivement. L’excellence, donc, n’est pas un acte. C’est une habitude. » - Aristote

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