Un code couleur facile à lire, mais parfois trompeur ? Le Nutri-Score simplifie l’info nutritionnelle, mais peut brouiller certaines pistes !

Présenté comme un repère simple pour mieux manger, le Nutri-Score s’est imposé sur quasi tous les emballages des produits alimentaires. Rares sont ceux qui résistent encore. Son objectif est clair : aider les consommateurs à comparer rapidement la qualité nutritionnelle des aliments. Pourtant, derrière ses lettres colorées allant de A à E, le système montre de réelles limites. Car s’il se veut pédagogique, il peut aussi induire en erreur, voire simplifier à l’excès une réalité nutritionnelle bien plus complexe.
Dans cet article :
Nutri-Score : un calcul qui ne dit pas tout
Le Nutri-Score repose sur un algorithme prenant en compte plusieurs critères : calories, sucres, acides gras saturés et sel d’un côté ; fibres, protéines, fruits et légumes de l’autre. Le résultat donne une note globale censée refléter la qualité nutritionnelle du produit.
Le problème, c’est que ce calcul s’effectue pour 100 grammes, sans tenir compte des portions réellement consommées. Un fromage, par exemple, sera presque toujours mal noté, même si on en mange généralement peu. À l’inverse, certains produits ultra-transformés, pauvres en nutriments, mais reformulés pour cocher les bonnes cases, peuvent obtenir une note favorable.

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Des produits naturels pénalisés
L’une des critiques les plus fréquentes concerne la place accordée aux aliments bruts. L’huile d’olive, pourtant reconnue pour ses bienfaits cardiovasculaires, a longtemps écopé d’un score moyen. Le fromage, le miel ou encore certains fruits secs sont également désavantagés, car riches en graisses ou en sucres naturels.
Résultat, le Nutri-Score peut induire en erreur et donner l’impression que des aliments traditionnels et peu transformés seraient moins intéressants sur le plan nutritionnel que des produits industriels allégés ou modifiés.
Un outil qui ne prend pas en compte la qualité globale
Le Nutri-Score ne tient pas compte du degré de transformation des aliments, ni de la présence d’additifs, d’édulcorants ou de conservateurs. Deux produits peuvent ainsi afficher la même note alors que leur composition et leur impact sur la santé sont très différents.
Cette approche pose question, notamment face à la montée des aliments ultra-transformés, régulièrement associés à des risques accrus pour la santé lorsqu’ils sont consommés fréquemment.
Une lecture parfois trompeuse pour les consommateurs
Pour beaucoup, un bon Nutri-Score devient un feu vert automatique. Or, un produit noté A n’est pas forcément à consommer sans modération, tout comme un produit noté D n’est pas à bannir systématiquement. Le risque est de remplacer la compréhension globale de l’alimentation par un simple code couleur, au détriment du bon sens et de la diversité alimentaire.
Quelques incohérences à connaître
| 🥗 Produit | 🔍 Note Nutri-Score | ℹ️ À savoir |
|---|---|---|
| 🫒 Huile d’olive | C (moyenne) | Riche en bonnes graisses 👍 malgré un score peu flatteur. |
| 🧀 Fromage | D ou E (mauvaise) | Source de calcium 🦴 et protéines 💪, OK en quantité raisonnable. |
| 🥣 Céréales ultra-transformées | A ou E (paradoxe) | Score flatteur mais faible qualité nutritionnelle ❌. |
| 🥤 Boissons « zéro »/light | A (très bonne) | Peu caloriques mais aucun intérêt nutritionnel et entretiennent l’envie de sucre 🍬. |
| 🌰 Fruits secs (amandes, noix…) | C ou D (moyenne à basse) | Riches en bons lipides, fibres et micronutriments 🌟. |
Pourquoi ces incohérences existent
Le Nutri-Score repose sur une analyse simplifiée pour 100 g, sans prendre en compte :
- la quantité réellement consommée,
- la qualité des ingrédients,
- le niveau de transformation,
- ni le contexte global de l’alimentation.
Résultat : certains aliments naturels sont pénalisés, tandis que des produits transformés optimisés pour le score peuvent sembler plus vertueux qu’ils ne le sont réellement.

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Comment bien utiliser le Nutri-Score en faisant ses courses ?
Le Nutri-Score peut devenir un allié… à condition de l’utiliser avec un peu de recul. L’idée n’est pas de chercher le « A » à tout prix, mais de s’en servir comme outil de comparaison, notamment entre deux produits similaires (deux céréales, deux plats préparés, deux yaourts).
Regarder la liste des ingrédients reste essentiel. Un produit bien noté, mais composé d’additifs, d’arômes ou d’édulcorants mérite d’être questionné. À l’inverse, un aliment simple, peu transformé, peut garder toute sa place dans une alimentation équilibrée, même s’il n’obtient pas la meilleure lettre.
Penser en termes de fréquence plutôt que d’interdiction est aussi une bonne stratégie. Certains aliments notés D ou E ne posent pas de problème s’ils sont consommés occasionnellement, tandis que ceux mieux notés ne doivent pas devenir automatiques.
Enfin, le bon réflexe reste la variété : alterner les aliments, privilégier le brut et le fait maison quand c’est possible, et ne pas se fier uniquement à une couleur sur un emballage. Le Nutri-Score peut guider, mais c’est l’ensemble de l’assiette qui fait l’équilibre.
Un outil perfectible, pas inutile
Malgré ses limites, le Nutri-Score reste un repère utile, notamment pour comparer des produits similaires au sein d’un même rayon. Il permet aussi de sensibiliser le grand public à la notion d’équilibre alimentaire. Mais il ne devrait jamais être utilisé comme unique boussole nutritionnelle.
Le Nutri-Score a le mérite de simplifier l’information nutritionnelle, mais il ne raconte pas toute l’histoire. Entre aliments naturels pénalisés, produits ultra-transformés valorisés et absence de prise en compte des portions ou de la qualité globale, ses incohérences sont bien réelles. Pour mieux manger, il reste essentiel de regarder au-delà de la lettre affichée, de lire les ingrédients et de privilégier une alimentation variée, simple et la moins transformée possible.
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