Meta a neutralisé une version frauduleuse de WhatsApp développée par une entreprise italienne de cyber-renseignement. 200 personnes ont été ciblées et espionnées.

Une application en apparence banale, une interface identique à l’originale, et derrière : un logiciel conçu pour collecter les données de ses victimes à leur insu. Meta a révélé avoir identifié et fait neutraliser une version contrefaite de WhatsApp, dont l’origine pointe non pas vers un groupe de cybercriminels classiques, mais vers une entreprise commerciale spécialisée dans l’espionnage institutionnel. Déjà 200 personnes ont été piégées. Toutes se trouvent en Italie, selon Margarita Franklin, porte-parole de Meta, qui a confirmé l’information sans préciser davantage le profil des personnes ciblées. Les comptes concernés ont depuis été déconnectés de force, et leurs propriétaires alertés sur les risques encourus.
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Une société italienne aux clients gouvernementaux
L’application frauduleuse aurait été développée par SIO, une entreprise italienne se présentant elle-même comme spécialisée dans les « solutions de cyber-renseignement éprouvées sur le terrain ». Sur son site, la société revendique des collaborations régulières avec des forces de l’ordre, des agences gouvernementales et des services de renseignement.
Ces informations permettent de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une fraude opportuniste visant à dérober des identifiants bancaires. La fausse application s’inscrit dans une logique de surveillance ciblée, construite et commercialisée comme un outil professionnel. C’est ce que l’on désigne par Spyware ou logiciel espion, livré clé en main à des clients institutionnels.
Techniquement, le vecteur d’attaque repose sur une mécanique bien connue : distribuer une application qui imite fidèlement une interface légitime pour pousser l’utilisateur à l’installer en dehors des canaux officiels. Une fois en place, le logiciel peut accéder aux communications, aux fichiers, voire aux métadonnées de l’appareil.
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Un contexte italien déjà fragilisé
Cette affaire ne surgit pas dans le vide. Au début de l’année 2025, l’Italie avait déjà été au cœur d’un scandale similaire impliquant Paragon, une société israélo-américaine dont le logiciel espion avait été utilisé pour surveiller des journalistes et des militants pro-immigration sur le sol italien. Face aux révélations, Paragon avait été contrainte de mettre fin à ses engagements contractuels avec le pays.
Deux affaires distinctes, deux entreprises différentes, mais un même schéma : des outils de surveillance vendus à des États qui finissent par viser des civils. Ces incidents révèlent l’existence d’un marché structuré autour de la compromission des appareils personnels. Un marché qui opère dans une relative zone grise juridique, en s’abritant derrière des contrats gouvernementaux.
Ceci doit également apprendre aux utilisateurs à n’installer WhatsApp que depuis stores officiels : App Store ou Google Play. Toute autre application en dehors de ces circruits reste potentiellement dangereuse.
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