Tom Cruise abandonne Ethan Hunt pour incarner un magnat du pétrole grotesque dans Digger, la comédie noire d’Alejandro G. Iñárritu. Transformation physique radicale, tournage en VistaVision et dix ans de gestation : voici pourquoi ce film fait déjà figure de favori aux Oscars 2027.

Oubliez les cascades en moto et les acrobaties aériennes à mains nues. Pour son grand retour dans le cinéma d’auteur, Tom Cruise a choisi de démolir méthodiquement son image de héros lisse. Warner Bros. a dévoilé le 13 juillet la première bande-annonce complète de Digger, une comédie noire satirique réalisée par Alejandro G. Iñárritut. Le résultat, projeté en avant-première lors d’un événement à Los Angeles la semaine dernière, révèle un Cruise méconnaissable, tant par sa transformation physique que par ses intonations. Iñárritu lui-même décrit son personnage comme la catastrophe la plus charismatique jamais vue à l’écran, un homme capable de séduire la réalité pour qu’elle se plie à sa volonté.
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Un magnat du pétrole, un chat mourant et une pelle
La bande-annonce installe d’emblée un ton absurde et grinçant. Cruise y incarne Digger Rockwell, un magnat de l’énergie vieillissant, bedonnant, affublé d’un accent du Sud prononcé et d’une calvitie mal dissimulée sous un peigné improbable. Le personnage apprend dès l’ouverture du film que son chat de compagnie n’a plus que quelques jours à vivre, point de départ burlesque d’une intrigue autrement plus vaste : sa compagnie pétrolière a provoqué le déplacement d’un glacier au Groenland, une catastrophe écologique susceptible de déclencher un conflit nucléaire. Le président des États-Unis, incarné par John Goodman dans un mélange assumé de Trump et de Biden somme Rockwell de réparer ce qu’il a lui-même déclenché.
Le film assume une filiation directe avec Docteur Folamour de Stanley Kubrick : absurdité géopolitique, dirigeant gaffeur, humour noir sur fond d’apocalypse imminente. Certains observateurs y voient aussi l’influence visuelle du réalisateur suédois Roy Andersson, pour ses cadrages symétriques et son esthétique décalée. Le trailer enchaîne les visions incongrues, dont une scène où Cruise esquisse des pas de danse une pelle à la main, pendant que des avions militaires survolent des calottes glaciaires en train de fondre.
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Un tournage en VistaVision et un casting cinq étoiles
Iñárritu a tourné le film en VistaVision, un format 35mm conçu en 1954. Le tournage s’est déroulé sur six mois au Royaume-Uni, notamment aux studios Pinewood, entre novembre 2024 et mai 2025, avec un bref arrêt de production en mars lorsque John Goodman a dû être hospitalisé pour une blessure mineure à la hanche.
Autour de Cruise gravite un casting impressionnant : Sandra Hüller, Jesse Plemons, Riz Ahmed, Michael Stuhlbarg, Sophie Wilde et Emma D’Arcy complètent l’ensemble. Le scénario, coécrit par Iñárritu avec Nicolas Giacobone et Alexander Dinelaris (les scénaristes de Birdman) ainsi que Sabina Berman, a mis dix ans à voir le jour.
Iñárritu explique que l’idée du personnage le hantait depuis la fin du tournage de The Revenant, sans qu’il trouve immédiatement la forme narrative adéquate. Le déclic commercial a mis sept ans supplémentaires à se concrétiser : au lieu d’envoyer un scénario terminé à Cruise, le réalisateur a préféré passer plusieurs jours à le lui lire directement, une méthode que l’acteur a qualifiée de belle expérience de collaboration.
Cruise n’a pas hésité longtemps une fois le rôle décrit. Son propre commentaire, rapporté par Deadline, résume l’état d’esprit du projet : ce type a des couilles, allons-y. La transformation physique, saluée par Iñárritu comme stupéfiante, rappelle celle de Cruise en producteur cynique Les Grossman dans Tropic Thunder, un rôle qui lui avait déjà valu une reconnaissance critique inattendue.
Attendu en salles le 2 octobre 2026, distribué en IMAX et sans passage par les festivals, Digger s’impose déjà comme l‘un des films les plus commentés de cette fin d’année. En route pour l’Oscar 2027 ?
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