Où placer vos primes pour alléger vos impôts et préparer la retraite sereinement ? Comparez PEE et PER et faites les choix qui maximisent votre épargne !

L’épargne salariale s’est installée dans le quotidien de nombreuses entreprises françaises. L’enquête annuelle de l’AFG le mesure sans ambigüité : à fin 2025, les encours d’épargne salariale et d’épargne retraite collective atteignent 229,4 milliards d’euros, pour 13,2 millions de bénéficiaires. Le PER d’entreprise occupe, dans cet ensemble, une place à part : il transforme des primes ponctuelles (intéressement, participation, abondement) en épargne longue orientée vers la retraite. Encore faut-il comprendre ce qui relève de l’épargne salariale, ce qui relève du PER, et surtout comment les deux fusionnent concrètement.
Dans cet article :
Épargne salariale et PER d’entreprise : où se situe la frontière ?
L’épargne salariale regroupe des dispositifs collectifs (PEE et PER d’entreprise notamment) qui permettent d’investir des primes d’entreprise, voire des versements personnels, dans un cadre social et fiscal dédié. Le Plan Epargne Retraite d’entreprise collectif, souvent désigné PERECO (parfois abrégé PERCOL), s’inscrit dans cette logique. Il accueille des sommes issues de l’intéressement, de la participation, de l’abondement ou de jours transférés depuis un CET (compte épargne-temps), afin de préparer la retraite dans une enveloppe spécifique.
Pourquoi est-ce déterminant pour un salarié ? Parce que la vraie préoccupation n’est pas « PER ou pas PER », mais bien « où affecter mes primes, et avec quel horizon ». À cet égard, le contexte règlementaire accélère la diffusion de ces mécanismes : depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur dès lors qu’elles dégagent un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires sur trois exercices consécutifs.

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Alimentation du PERECO : quelles sources, quels plafonds, quels repères 2025 ?
Un PER d’entreprise peut être alimenté par des versements volontaires du salarié, mais aussi par des flux issus de l’épargne salariale : intéressement, participation, abondement employeur, transfert de jours de repos non pris sous conditions. L’enjeu central tient au fait que ces flux obéissent chacun à une logique fiscale distincte. En effet, un versement volontaire peut ouvrir droit à déduction, tandis qu’une prime d’intéressement placée dans le cadre de l’épargne salariale suit des règles d’exonération propres.
Côté plafonds, mieux vaut retenir la règle qu’un chiffre isolé. En 2025, le PASS est fixé à 47 100 €, ce qui porte le plafond d’abondement PEE à 3 768 € (8 % du PASS) et le plafond d’abondement PERECO à 7 536 € (16 % du PASS), dans la limite fixée par l’accord d’entreprise. Quant aux versements volontaires déductibles, Service-Public rappelle que le plafond de déduction « épargne retraite » atteint un maximum de 37 094 € pour les versements 2025, calculé sur la base du PASS 2024.

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Fiscalité à l’entrée et gestion pilotée : deux leviers stratégiques
La déduction fiscale à l’entrée constitue un avantage puissant du PER, à condition de l’utiliser avec discernement. Elle réduit l’impôt dû aujourd’hui, mais reporte une partie de la taxation à la sortie, selon les modalités retenues. Faut-il déduire systématiquement ? Pas nécessairement : l’intérêt dépend de votre taux marginal d’imposition, de votre trajectoire de revenus et de la façon dont vous comptez récupérer l’épargne — capital, rente ou fractionnement.
Sur la gestion financière, le PER d’entreprise est généralement proposé en gestion pilotée par défaut, avec une désensibilisation progressive du risque à l’approche de la retraite. L’AFG le confirme : à fin 2025, la gestion pilotée représente 40 % des encours d’épargne retraite collective.

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Sortie : capital, rente, déblocages anticipés… et fiscalité réelle
À la retraite, la sortie peut s’effectuer en capital, en rente ou en combinant les deux, selon le plan et l’origine des sommes. La fiscalité dépend directement de cette origine : les droits issus de versements relevant de l’épargne salariale peuvent être délivrés en capital avec une exonération d’impôt sur le revenu sur le capital lui-même, tandis que les gains suivent des règles spécifiques et peuvent relever du PFU (prélèvement forfaitaire unique) ou du barème selon les cas.
Avant la retraite, six cas de déblocage anticipé existent, strictement encadrés :
- invalidité de 2 ᵉ ou 3ᵉ catégorie ;
- décès du conjoint ou partenaire de Pacs ;
- expiration des droits à l’assurance chômage ou cessation de fonction de mandataire social sous conditions ;
- surendettement ;
- cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire ;
- acquisition de la résidence principale.
Sur ce dernier point, une subtilité est souvent mal comprise : les droits issus de versements obligatoires restent bloqués, comme le rappelle le médiateur de l’AMF dans ses publications pédagogiques.
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