Vanderley dos Santos Gomes a prétendu avoir été enlevé et mutilé par un cartel pour toucher une indemnité d’assurance. Sept ans après les faits, la justice brésilienne a confirmé sa condamnation.

L’affaire, qui s’est déroulée au Brésil, a mis sept ans à trouver son épilogue judiciaire, mais elle reste l’une des fraudes à l’assurance les plus extrêmes documentées. Vanderley dos Santos Gomes, employé de l’Université fédérale du Recôncavo da Bahia, a été définitivement condamné après avoir orchestré l’amputation de son propre pied dans l’espoir de toucher une indemnisation colossale.
Un faux enlèvement, quatre contrats d’assurance souscrits juste avant
En juillet 2019, Vanderley dos Santos Gomes est retrouvé gravement blessé dans un champ près du village de Mercês, dans la municipalité de São Gonçalo dos Campos. Il affirme avoir été enlevé par un cartel et torturé à la machette. Non loin de lui, les forces de l’ordre découvrent un sac de sport contenant son propre pied sectionné, ainsi que ses affaires personnelles.
C’est un détail antérieur à l’incident qui a éveillé les soupçons des enquêteurs. Quelques semaines avant les faits, l’homme avait souscrit quatre contrats distincts d’assurance-vie et d’assurance contre les accidents corporels, combinant plusieurs garanties en cas d’invalidité. Une accumulation de contrats qui, pour les assureurs comme pour la justice, ne pouvait pas relever du hasard. Dans la foulée de l’incident, il a déposé simultanément plusieurs demandes d’indemnisation, totalisant 1,5 million de reais brésiliens, soit plus de 250 000 euros.
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Une expertise médicale qui ne colle pas avec le récit
L’enquête a rapidement mis en évidence des incohérences. Les enquêteurs n’ont trouvé aucun témoignage ni aucune preuve matérielle corroborant la version d’un enlèvement. Une expertise médicale a également jeté le doute sur la nature de la blessure : les lésions ne correspondaient pas à une attaque violente et aléatoire. Les médecins ont même évoqué la possibilité que l’amputation résulte d’une intervention pratiquée dans des conditions proches d’un geste chirurgical maîtrisé, plutôt que d’une mutilation infligée par des agresseurs.
Confrontée à ces éléments, la justice de l’État de Bahia a conclu que la mutilation avait été planifiée dans le cadre d’une tentative organisée d’escroquerie aux assurances.
L’affaire a connu son épilogue judiciaire en 2026, après l’épuisement de l’ensemble des recours. La justice a maintenu la culpabilité de Vanderley dos Santos Gomes pour fraude destinée à obtenir une indemnisation d’assurance. La peine prononcée reste inférieure à quatre ans de prison. Conformément au droit brésilien, cette sanction privative de liberté a été remplacée par des mesures alternatives : 720 heures de travaux d’intérêt général, assorties d’une amende fixée à l’équivalent de cinq salaires minimums, soit environ 1 280 euros.
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