Le genre littéraire du Botanical horror est très peu connu en France donc laissez-nous vous le présenter avec une liste d’ouvrages.

Qu’est-ce que le genre littéraire du Botanical horror ?
Le botanical horror est un genre littéraire de l’horreur dans lequel le végétal (plantes, arbres, champignons, jardins ou forêts) devient une force centrale et menaçante, non plus décorative mais active, capable d’altérer les corps, les esprits ou les sociétés humaines, souvent de manière lente et insidieuse.
Il s’appuie sur la peur de l’envahissement, de la prolifération et de la perte de contrôle face à une nature indifférente ou incompréhensible, et mêle héritage gothique, weird fiction et préoccupations écologiques contemporaines pour produire une horreur diffuse, atmosphérique, sans monstre clairement identifié.
Quels sont les caractéristiques communes et générales des romans botanical horror ?
Les romans de botanical horror se caractérisent généralement par un végétal présenté comme force active et autonome, une horreur lente et progressive fondée sur l’envahissement, la contamination ou la transformation.
C’est aussi une atmosphère lourde où la nature cesse d’être un simple décor pour devenir un agent narratif, une menace rarement spectaculaire mais persistante, souvent liée à des mécanismes biologiques crédibles (croissance, parasitisme, symbiose).
Il y a aussi souvent une remise en cause de la domination humaine sur son environnement, et une écriture qui privilégie la tension diffuse, le malaise et l’étrangeté plutôt que le choc frontal, avec en toile de fond des questionnements écologiques, existentiels ou civilisationnels.
Quels sont les enjeux d’un livre d’horreur qui fait intervenir la nature ?
Un livre d’horreur qui fait intervenir la nature met en jeu des questions profondes autour de la perte de maîtrise de l’humain sur son environnement, en faisant vaciller l’idée de progrès, de sécurité et de domination du vivant.
La nature n’y est plus un cadre neutre mais une force autonome, indifférente aux valeurs humaines, capable d’envahir, de transformer ou d’absorber, ce qui renvoie à la peur de la contamination, de la dissolution de l’identité et du corps, mais aussi à l’angoisse de redevenir un simple élément d’un écosystème plus vaste.
Ce type de récit interroge également la responsabilité humaine (exploitation des ressources, dérèglement des équilibres naturels, arrogance technologique) sans forcément adopter un discours moralisateur, et confronte le lecteur à une vision dérangeante : celle d’un monde où la nature n’est ni bienveillante ni vengeresse, mais profondément étrangère, régie par des logiques biologiques qui échappent à toute intention humaine.

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Un style d’horreur qui revient au goût du jour
Le botanical horror trouve aujourd’hui une résonance particulière parce qu’il épouse les peurs diffuses de notre époque, celles qui ne prennent pas la forme d’un choc brutal mais d’un dérèglement progressif et difficile à enrayer.
En mettant en scène une nature qui prolifère, contamine ou se transforme selon des logiques biologiques implacables, ce genre donne une forme narrative aux angoisses liées aux crises écologiques, sanitaires et environnementales, sans jamais tomber dans le manifeste ou la fable morale.
L’horreur naît précisément de cette absence d’intention : le végétal n’attaque pas, il avance, il pousse, il s’adapte, rappelant que le vivant ne se pense pas en termes humains et que l’homme, confronté à cette altérité silencieuse, perd sa position centrale pour redevenir un organisme vulnérable au sein d’un système qui le dépasse.
Pourquoi les plantes peuvent effrayer en littérature
Le botanical horror est un genre littéraire où le végétal cesse d’être simple décor pour devenir une force autonome, comme nous l’avons déjà dit, elle est alors menaçante et insidieuse, capable de transformer, envahir ou absorber l’humain.
Les romans qui s’inscrivent dans cette tradition présentent des plantes, arbres, champignons ou jardins comme des agents narratifs à part entière, agissant selon leurs propres lois biologiques (croissance rapide, parasitisme, symbiose) et faisant basculer le quotidien dans une horreur lente, progressive et profondément dérangeante.
La peur qui s’y installe n’est pas spectaculaire ni immédiate, mais sourde et persistante, nourrie par la vulnérabilité de l’homme face à un système vivant qui échappe à son contrôle. Ce genre explore aussi des enjeux plus larges : il interroge l’anthropocentrisme et la fragilité des frontières entre civilisation et nature, ainsi que la responsabilité humaine face à l’exploitation des ressources et aux dérèglements écologiques.
L’horreur surgit de la confrontation avec une altérité radicale, où l’homme redevient un organisme parmi d’autres, vulnérable et remplaçable.
La nature n’y est ni bonne ni malveillante, elle avance selon sa logique propre, silencieuse et implacable, et rappelle que la véritable terreur peut surgir d’un monde familier qui, soudain, échappe à notre compréhension. Ainsi, le genre offre une horreur atmosphérique et intellectuelle, où la tension provient autant de l’esprit que de l’environnement, et où l’inconnu est à la fois extérieur et profondément vivant.

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Quelques romans du genre « botanical horror »
- The Ruin of All Witches de Malcolm Gaskill.
- Don’t Let the Forest In de C.G. Drews.
- The Troop de Nick Cutter.
- The Girl with All the Gifts de M.R. Carey.
- Annihilation de Jeff VanderMeer.
- What Moves the Dead de T. Kingfisher.
- Hazelthorn de C.G. Drews.
- The Bog Wife de Kay Chronister.
- Graveyard Shift de M.L. Rio.
- Mexican Gothic de Silvia Moreno-Garcia.
- Wake the Bones de Elizabeth Kilcoyne.
- The Ghost Woods de C.J. Cooke.
- The Day of the Triffids de John Wyndham.
- Brittle Innings de Michael Bishop.
Et si vous connaissez d’autres romans du genre Botanical horror, n’hésitez pas à écrire vos recommandations en commentaires !
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