Alors que l’informatique quantique reste confinée dans les laboratoires, les capteurs quantiques se sont déjà trouvé une utilité dans le secteur de la défense.

Si la guerre était jadis une affaire mécanique et électronique, elle a viré vers la technologie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Depuis, presque chaque révolution technologique trouve son utilité dans le secteur de la défense, devenant même le cœur des conflits. Après l’intelligence artificielle militaire, on parle déjà d’un « virage quantique » pour la défense, selon les mots du Président Emmanuel Macron lors de son discours aux armées. Certes, les ordinateurs quantiques restent coincés dans les laboratoires spécialisés, mais pas la technologie elle-même. Aujourd’hui, les capteurs aux propriétés quantiques attisent l’intérêt militaire, notamment en raison de leur maturité qui, selon les experts, est parfois supérieure à celle des ordinateurs quantiques. Et c’est justement là qu’ils deviennent très utiles pour l’armée.
Dans cet article :
Le gravimètre quantique : pour naviguer sans GPS, mais avec précision
À moins de connaître avec une précision chirurgicale tous les endroits du monde, en eaux comme sur terre ferme, naviguer sans GPS est impossible. Mais ça, c’était avant les gravimètres quantiques à atomes froids. Grâce à leur propriété, ces derniers permettent de mesurer avec précision la gravité terrestre (qui n’est pas la même partout sur Terre) et de l’utiliser comme outil de navigation. La Marine nationale en possède déjà pour amorcer son virage quantique.
En plus d’être aussi précis que le GPS, le gravimètre offre une efficacité inédite, car il n’est sujet à aucun trouble ; on peut ainsi s’en servir même dans des environnements brouillés.
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Le magnétomètre quantique : pour le repérage facile et précis
Repérer les champs magnétiques faibles et même les sous-marins les plus furtifs, c’est la promesse du magnétomètre quantique. Leurs propriétés restent encore à peaufiner, mais cela ne saurait tarder. De nombreux travaux sont déjà en cours et diverses technologies sont en étude, dont le magnétomètre à centres NV dans le diamant. Le processus consiste à prélever deux atomes de carbone d’un diamant et à remplacer un seul par un atome d’azote. Avec cette ingénierie de défauts cristallins, l’atome d’azote endosse les comportements d’un atome unique avec des propriétés quantiques utilisables pour les détections de champs magnétiques. Une technique qui serait aussi efficace pour atteindre l’ordre du picotesla. Cependant, la France n’est pas la seule dans cette course.
Internet quantique : pour une communication ultra-sécurisée
La sécurité de la communication reste un enjeu et communiquer sans être intercepté reste un défi, surtout en situation de guerre. Que serait devenu le monde sans l’interception des messages allemands ? On l’ignore et les gouvernements se préparent aujourd’hui pour qu’il n’y ait plus jamais interception (du côté des “bons”). Pour cela, exit les moyens traditionnels : place à l’internet quantique.
Depuis 2019, l’UE avec l’EuroQCI s’est lancée pour objectif de mettre en place un espace de communication sécurisée sans aucune possibilité d’interception. Au cœur de cette innovation se trouve le protocole QKD (quantum key distribution) ou distribution quantique de clés en français. Cette méthode utilise les principes de la mécanique quantique pour transmettre, par la lumière, la clé pour déchiffrer le message (et non le message en lui-même). Grâce à la théorie d’Heisenberg sur l’état quantique, il est possible de détecter toute interception du message ; le cas échéant, une nouvelle clé peut être générée.
En lien avec le programme Horizon Europe, l’internet quantique paneuropéen devait devenir opérationnel en 2027.
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