Contrairement à l’idée selon laquelle on devrait économiser face à l’adversité, beaucoup de personnes dépensent plus, souvent de façon impulsive, lorsqu’elles sont stressées, anxieuses ou pessimistes quant à l’avenir. C’est ce qu’on appelle « doom spending ».

Concrètement, le doom spending désigne le fait de faire des achats pour répondre à un stress émotionnel ou à une anxiété face à l’avenir. La plupart du temps, ces achats ne sont ni nécessaires ni financièrement raisonnables. Il s’agit d’une plutôt d’une forme moderne de retail therapy (thérapie par le shopping). Néanmoins, elle est poussée par un sentiment de peur ou d’impuissance plutôt que par une simple envie de détente. Ainsi, plutôt que d’adopter un comportement d’épargne ou de planification, le sujet préfère acheter des biens matériels (vêtements, gadgets, voyages, consommations immédiates) comme une manière de soulager temporairement leurs émotions.
Dans cet article :
Le cerveau cherche du réconfort immédiat
Lorsqu’une personne est stressée, le corps libère des hormones comme le cortisol. Cette augmentation du stress perturbe la prise de décision rationnelle et favorise des comportements impulsifs. Dans ce contexte, acheter quelque chose d’agréable peut activer le système de récompense du cerveau. Ce dernier libère alors de la dopamine, le “messager du plaisir” et cela va procurer un bref soulagement émotionnel.
Cette recherche de soulagement s’explique en partie par le désir d’échapper à des émotions désagréables, comme l’anxiété, la tristesse ou l’incertitude. Acheter procure un soulagement temporaire. Le problème, c’est que ce soulagement est souvent court-terme et suivi d’un sentiment de regret ou de culpabilité.
Pour certains chercheurs, le doom spending est considéré stratégie d’adaptation maladaptive. Il s’agit d’un comportement qu’on adopte pour faire face à une émotion difficile, mais qui ne résout pas la cause première du stress.

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La réduction de l’anticipation
Par ailleurs, le stress tend à raccourcir notre horizon mental, c’est-à-dire qu’on pense moins au futur et davantage au présent immédiat. Sous stress, notre capacité à planifier ou à prendre en compte les conséquences futures diminue. Et c’est ce qui rend les achats impulsifs plus attrayants qu’une épargne à long terme.
De plus, dans une ère numérique saturée de publicités ciblées et d’applications d’e-commerce, l’accès aux achats impulsifs est facilité. Quelques clics suffisent pour acheter. Cette facilité combinée à des messages qui valorisent la consommation comme source de bonheur ou de statut social peut renforcer la tentation de dépenser en période de stress.
Qui est le plus touché ? Les millennials et la Gen Z
Selon certaines données, environ un quart des Américains déclarent s’adonner au doom spending. Et ce phénomène est particulièrement fréquent chez les jeunes adultes (millennials et génération Z). Cela s’explique souvent par une inquiétude importante concernant l’avenir économique, l’emploi et la stabilité financière.
Quelles peuvent être les conséquences du doom spending ?
Bien qu’il procure un soulagement temporaire, le doom spending peut entraîner des conséquences négatives durables :
- Endettement excessif : dépenser plus que ce que l’on peut se permettre peut conduire à un cycle de dette.
- Culpabilité et détérioration du bien-être émotionnel : le plaisir initial cède souvent la place au regret ou à l’anxiété.
- Retard dans les objectifs de vie : les dépenses impulsives peuvent compromettre des projets importants comme acheter une maison ou constituer une épargne.
Ce comportement peut ainsi renforcer le stress plutôt que l’atténuer. Il crée une boucle psychologique difficile à briser.
Comment éviter le doom spending ?
Des stratégies psychologiques et pratiques sont recommandées pour limiter ce phénomène :
- Suivi des dépenses : noter chaque dépense aide à prendre conscience des impulsions.
- Techniques de gestion du stress : méditation, activité physique ou journal intime pour traiter les émotions plutôt que de les fuir par les achats.
- Planification financière : établir un budget clair réduit l’espace pour des achats impulsifs.
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