Le biopic sur Michael Jackson cartonne en salles. Si vous avez adoré, voici cinq films biographiques sur de grands artistes qui méritent autant votre attention, de Johnny Cash à Freddie Mercury.

Michael, le biopic d’Antoine Fuqua sur le roi de la pop, a réalisé l’un des démarrages les plus tonitruants de l’histoire du cinéma : 97 millions de dollars en Amérique du Nord et 217 millions dans le monde dès son premier week-end d’exploitation. Ces chiffres en font le plus grand lancement de tous les temps pour un film biographique, dépassant même Oppenheimer pour la meilleure journée d’ouverture jamais enregistrée dans le genre. Porté par Jaafar Jackson, le neveu de la star, le film retrace la trajectoire de Michael Jackson depuis les Jackson 5 jusqu’à la tournée Bad en 1988 et le public plébiscite : 97 % de score d’audience sur Rotten Tomatoes, un record absolu pour un biopic sur la plateforme.
Si ce genre de film vous touche, la vie d’un artiste racontée à travers ses contradictions, ses excès et son génie, il existe d’autres œuvres tout aussi puissantes. En voici cinq à ne pas manquer.
Bohemian Rhapsody (2018) : L’ascension improbable de Freddie Mercury
Freddie Mercury n’était pas destiné à devenir une légende. Né Farrokh Bulsara à Zanzibar, fils d’immigrés parsis, il a forgé de toutes pièces l’un des personnages les plus électriques de l’histoire du rock, en devenant le chanteur de Queen. Bohemian Rhapsody, réalisé par Bryan Singer puis Dexter Fletcher, retrace cette trajectoire de 1970 jusqu’au concert mythique du Live Aid en 1985, probablement la meilleure heure de scène jamais filmée dans un biopic musical.
Rami Malek y est proprement stupéfiant : il ne joue pas Mercury, il l’habite, avec une précision physique et vocale qui force le respect. Le film a remporté quatre Oscars, dont celui du meilleur acteur pour Malek, et s’est imposé comme le biopic musical le plus rentable de l’histoire, à ce jour, avec plus de 910 millions de dollars de recettes mondiales. Les critiques lui reprochent d’avoir lissé les aspects les plus sombres de la vie de Mercury : sa sexualité, sa maladie. Mais le public, lui, a rendu son verdict sans ambiguïté.
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Ray (2004) : Jamie Foxx disparaît dans la peau de Ray Charles
Ray Charles Robinson a grandi dans une pauvreté absolue dans le nord de la Floride. Il a perdu son frère à cinq ans, sa vue à sept, et sa mère à quinze : c’est un malheur. De ce chaos, il a tiré un génie musical qui a bouleversé le paysage américain en mariant le gospel, le blues, la soul et la country d’une façon que personne n’avait tentée avant lui.
Ray, réalisé par Taylor Hackford, couvre trois décennies de sa vie : des premières scènes de Seattle aux salles de concert bondées des années 60, en passant par les années d’addiction à l’héroïne.
Ce qui rend ce film exceptionnel, c’est Jamie Foxx. L’acteur a subi une transformation physique et émotionnelle intense pour incarner Ray Charles, apprenant notamment à jouer du piano et à imiter sa façon unique de chanter. Sa performance lui a valu l’Oscar du meilleur acteur en 2005 ainsi que le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie. Ray Charles lui-même avait approuvé le choix de Foxx après une session d’improvisation entre les deux hommes.
Walk the Line (2005) : Johnny Cash et l’amour comme rédemption
Johnny Cash est l’une des figures les plus complexes de la musique américaine. Élevé dans une ferme de coton de l’Arkansas, hanté par la mort accidentelle de son frère aîné et le rejet de son père, il a construit une carrière sur des chansons âpres et minimalistes qui parlaient de prisons, de péché et de foi.
Walk the Line, réalisé par James Mangold, ne raconte pas seulement l’ascension d’une star : c’est avant tout une histoire d’amour sur vingt ans, celle de Cash et de la chanteuse June Carter.
La force du film tient en grande partie à ses deux acteurs principaux, qui ont interprété eux-mêmes toutes les chansons après six mois de formation intensive. La bande originale a remporté un Grammy Award. Walk the Line a été nommé cinq fois aux Oscars, et Reese Witherspoon a décroché la statuette de la meilleure actrice pour son interprétation de June Carter. Joaquin Phoenix, nominé pour le meilleur acteur, n’a perdu que pour une raison de calendrier : Jamie Foxx venait de remporter le même prix l’année précédente pour Ray, et l’Académie n’allait pas récompenser deux fois de suite un acteur dans un biopic musical.
Elvis (2022) : Baz Luhrmann met le King en orbite
Elvis Presley a révolutionné la musique populaire américaine dans les années 50 en fusionnant le gospel noir, le country blanc et le rythme du blues d’une manière qui scandalisait les uns et fascinait les autres. Il est mort à 42 ans, épuisé, seul à Graceland. Entre ces deux points, il y a une vie entière passée sous le contrôle de son impresario le Colonel Tom Parker, et c’est précisément ce prisme que Baz Luhrmann choisit pour raconter son histoire.
Elvis n’est pas un biopic classique. C’est un film-spectacle, saturé d’énergie et de couleurs, qui traite la vie du King comme un opéra rock. Austin Butler s’y révèle : sa performance lui a valu le prix du meilleur acteur aux Hollywood Critics Association Midseason Awards 2022, et le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique. Avec un budget d’environ 85 millions de dollars, le film a rapporté plus de 276 millions au box-office mondial.
Amadeus (1984) : Mozart vu par celui qui le haïssait
Wolfgang Amadeus Mozart est sans doute le génie musical le plus documenté de l’histoire occidentale. Prodige dès l’enfance, compositeur prolifique, mort à 35 ans dans une pauvreté relative malgré une gloire immense, sa vie est un matériau romanesque évident. Mais Miloš Forman prend un parti narratif radical : il raconte Mozart à travers les yeux d’Antonio Salieri, compositeur de cour autrichien, sans génie. Ce que nous voyons de Mozart est donc biaisé, coloré par la jalousie et l’incompréhension d’un homme condamné à comprendre ce qu’il ne pourra jamais égaler.
Ce dispositif fait d’Amadeus bien plus qu’un biopic : c’est une réflexion sur le talent, sur l’injustice du don, sur ce que ça fait d’être témoin de la grandeur sans pouvoir y accéder.
Tom Hulce joue un Mozart volontairement infantile et tonitruant, F. Murray Abraham un Salieri d’une profondeur bouleversante. Le film a remporté huit Oscars en 1985, dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur. Presque quarante ans plus tard, il reste une référence absolue du genre.
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